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« On lui faisait confiance » : comment un retraité insoupçonnable a abusé sexuellement de la petite-fille de sa compagne pendant des années


l’essentiel
Un retraité de 88 ans a comparu devant le tribunal de Tarbes pour des agressions sexuelles commises sur la petite-fille de sa compagne, alors âgée de sept ans.

C’est un vieil homme qui s’est avancé à la barre. À 88 ans, un retraité de Barbazan-Debat a comparu devant le tribunal correctionnel de Tarbes pour des agressions sexuelles commises sur la petite-fille de sa compagne. Derrière lui, une carrière d’ingénieur, un casier judiciaire vierge et une épouse atteinte de la maladie d’Alzheimer. Face à lui, une jeune femme venue raconter ce qu’elle a subi entre ses 7 et ses 11 ans.

Dès les premiers instants de l’audience, l’émotion a envahi la salle. Assise au premier rang, entourée de ses proches, la jeune femme n’a pu retenir ses larmes lorsque la présidente, Lucile Pichenot, a rappelé les faits reprochés à celui qu’elle considérait comme son grand-père.

« La victime a déposé plainte peu de temps après ses 18 ans », a souligné la juge. Aux enquêteurs, elle a fait le récit détaillé des attouchements répétés pendant des vacances passées chez sa grand-mère, mais aussi des accusations plus graves que le prévenu continue de contester partiellement.

Un long processus

Au cœur des débats, la question de la correctionnalisation du dossier. Initialement poursuivie sous une qualification de viol incestueux, l’affaire a finalement été renvoyée devant le tribunal correctionnel avec l’accord de la victime. Un choix assumé « afin qu’un jugement puisse enfin intervenir compte tenu de l’âge de monsieur », comme l’a indiqué l’avocat de la partie civile. 

Face au tribunal, le retraité a reconnu des agressions sexuelles répétées. « Effectivement, j’ai commis quelque chose de terrible. » Devant la télé, à la plage, à la piscine… « C’est vrai, je mettais ma main dans sa culotte plusieurs fois par semaine. »

Des phrases prononcées tête baissée, dans un murmure gêné, et qui n’ont pas contenté la magistrate. Car lors de sa première garde à vue, l’homme a affirmé que l’enfant était à l’initiative de ces contacts inappropriés. « Pourquoi avoir dit que cette petite fille de 7 ans était demandeuse de ces gestes sexuels ? », a-t-elle interrogé. « Je ne comprends pas mon comportement. C’est vrai, à cet âge-là, il n’y a pas de sexualité. »

Inavouable vérité ?

Les débats se sont soudainement crispés lorsqu’a été abordée la question d’actes plus graves. Notamment des pénétrations digitales que l’homme aurait imposées à la petite fille. « Il est important qu’elle entende qu’elle ne ment pas si cela s’est produit. Ça s’est passé ou pas ? », a insisté la présidente. Hésitant, le prévenu est resté évasif. « Ce n’est pas possible », a-t-il lancé. « Ce n’est pas possible ou c’est trop dur de le reconnaître ? », a rebondi la magistrate. Mais le prévenu a maintenu qu’il n’avait « pas pu faire ça ».

Les expertises psychiatriques ont dressé un portrait peu flatteur du retraité. Celui d’un homme à la personnalité perverse, atteint d’un trouble pédophilique.

Une famille détruite 

Lorsque la victime s’est avancée à la barre, un silence pesant s’est abattu dans la salle d’audience. « Ça fait cinq ans que je répète ce qu’il m’est arrivé. Je suis dévastée car je vois que ma famille est détruite. Malheureusement, je serai à jamais marquée par l’inceste. » Marquée également par le silence de sa grand-mère qui a surpris son mari en train de l’abuser et qui a choisi de fermer les yeux.

Et la mère de la victime de livrer à son tour un témoignage bouleversant. « Cet individu a volé et sali l’enfance de notre fille. On lui faisait pourtant confiance. »

Dans son réquisitoire, le procureur a salué « la dignité de la victime » et estimé que le prévenu a imposé à l’enfant « l’indicible », avant de requérir trois ans d’emprisonnement assortis d’un sursis probatoire de deux ans.

La défense a appelé le tribunal à juger strictement les faits correctionnels retenus. « On ne vous demande pas d’effacer la gravité, mais de sanctionner justement », a plaidé Me Patrick Baffin.

À l’issue d’un bref délibéré, le retraité a été condamné conformément aux réquisitions du ministère public.



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