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Mort de Lyhanna : « J’ai la trouille que ça arrive à ma môme », près de 1 000 personnes mobilisées à Tarbes


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Les Hauts-Pyrénéens étaient invités à se rassembler, ce lundi 8 juin, à 19 heures, devant le tribunal judiciaire de Tarbes. Près de 1 000 personnes ont fait le déplacement en hommage à Lyhanna et pour dénoncer l’état de la justice française. Une mobilisation sous l’émotion, marquée par les prises de parole de plusieurs collectifs. 

Des peluches, des roses blanches, des nœuds à attacher dans les cheveux et des messages qui demandent un  » monde en mieux « . Ce lundi 8 juin, près de 1 000 Bigourdans sont venus rendre hommage à Lyhanna dont le corps a été retrouvé dans le Gers. Devant les portes d’entrée du tribunal de Tarbes, les participants ont déposé des bouquets de fleurs, des pancartes et des jouets d’enfant. Flavie tient dans ses bras deux tiges de roses blanches qu’elle s’apprête à déposer sur les marches.

Des messages ont été déposés devant l'entrée du tribunal de Tarbes.
Des messages ont été déposés devant l’entrée du tribunal de Tarbes.
Nowlan Metge

 » Je suis très triste. Je n’ai même pas de colère car le suspect n’en mérite pas. Mais enfin, comment peut-on faire ça à une enfant ?  » se demande-t-elle. Elle est maman d’une petite de 19 mois. Et ces derniers jours, elle est particulièrement inquiète.  » J’ai déjà peur à l’idée de la laisser à l’école ou à la crèche. Je suis en permanence avec elle mais ce drame me rend encore plus vigilante et prudente « , fait-elle savoir. 

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Marie-Cécile est abritée sous un parapluie noir auquel est accroché un ballon blanc qui indique  » Stop au carnage « .  » Je suis consternée et catastrophée. Cette enfant a été sacrifiée, cela n’aurait jamais dû arriver. On déplorait déjà l’état de la justice en France. Mais cette fois-ci, on est tous en train de se réveiller « , réagit-elle. Quand on lui apprend que le frère du suspect a été placé en garde à vue pour viol sur mineur et sur son ex-compagne, elle en a des  » frissons « .

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La  » trouille au ventre « 

 » Des démissions de ministres, à quoi bon ? Une réforme de la justice, oui, c’est plus que jamais nécessaire « , ajoute-t-elle. Marie-Cécile est elle-même maman d’une adolescente de 16 ans.  » Elle prenait le bus toute seule, tous les matins, sur une route de campagne, pour aller à l’école « , se souvient-elle. Depuis le drame, elle assure vivre  » la trouille au ventre « .

Des peluches, des roses et des pancartes devant l'entrée du tribunal.
Des peluches, des roses et des pancartes devant l’entrée du tribunal.
Nowlan Metge

 » J’ai la trouille que ça arrive à ma môme, la trouille que ça arrive aux mômes de mes amis « , poursuit-elle. Maelys porte, elle aussi, la peur en bandoulière depuis ces derniers jours.  » On ne prend pas la parole des enfants au sérieux, ni celle des femmes. J’ai déposé plainte il y a une semaine pour menaces de mort avec armes, mon ex-compagnon est pourtant toujours dans la nature « , s’agace-t-elle.

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Cette mère de famille, elle a cinq enfants, confie vivre dans un sentiment d’insécurité quotidien.  » J’ai peur de les laisser seuls au collège. J’essaie, désormais, de les récupérer le plus tôt possible, je m’organise. Le pire c’est qu’on arrive même à se méfier de notre propre entourage « , résume-t-elle. Au moment des prises de parole, la foule s’est épaissie autour du tribunal de justice, sur la route et les trottoirs.  » En France, on protège mieux les vitrines et les abribus que nos propres enfants « , avance, mégaphone en main, une porte-parole du nouveau Planning familial.  » Pas de récupération politique « , lancent plusieurs participants, dans la foule.  » C’est insupportable, ce sont nos enfants et ils ne sont pas protégés « , regrette Marlène Sireix, co-présidente de l’association Art’Co iris.  » Pardon Lyhanna, la France n’a pas su te protéger « , conclut une pancarte déposée devant le tribunal. 



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