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Au lac de Lourdes, des épicéas malades vont être abattus pour sécuriser le site


Face au dépérissement avancé de plusieurs épicéas infestés par le scolyte, la Ville de Lourdes engage une opération de sécurisation autour du lac. Si les abattages n’interviendront qu’à l’automne afin de préserver la faune en période de reproduction, une partie du tour du lac sera fermée dès le 22 juin en raison des risques de chute d’arbres et de branches. Une déviation temporaire permettra de maintenir l’accès au site pendant les travaux.

Mercredi 10 juin 2026, Marie-Bernadette Xerri, maire adjointe en charge de l’environnement et du tourisme durable, Frédéric Duplan, conseiller délégué à l’adaptation au changement climatique et aux risques majeurs, et Élodie De Luca-Courtade, conseillère déléguée à l’embellissement des espaces publics, ont présenté sur place le projet de sécurisation du secteur boisé du lac de Lourdes. Cette intervention s’inscrit dans la politique municipale de gestion et de préservation du patrimoine végétal. La Ville réalise régulièrement, avec l’appui de l’Office national des forêts (ONF) pour les espaces forestiers, des études et diagnostics sanitaires sur les arbres présents en ville comme dans les zones boisées. Ces contrôles sont menés par le service municipal des Espaces verts en partenariat avec des entreprises spécialisées afin d’identifier les interventions nécessaires à la sécurité du public tout en préservant les arbres en bon état sanitaire.

Un diagnostic sanitaire préoccupant autour du lac

Le dernier diagnostic réalisé aux abords du lac a mis en évidence un dépérissement avancé des épicéas qui bordent une partie du site. Les analyses ont révélé une infestation importante de scolytes, des insectes ravageurs dont la prolifération est favorisée par les épisodes de sécheresse et les effets du réchauffement climatique. Fragilisés par cette attaque, les arbres concernés présentent une perte importante de végétation ainsi qu’un risque élevé de rupture de branches sèches. Compte tenu de leur état sanitaire et de leur proximité immédiate avec les secteurs les plus fréquentés du lac, utilisés quotidiennement par les promeneurs, les sportifs et les familles, leur maintien représente un danger pour les usagers. La municipalité a donc décidé de procéder à leur retrait afin de prévenir tout risque d’accident.

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Le scolyte, un insecte déjà bien connu à Lourdes

Le scolyte n’est pas un phénomène nouveau sur le territoire lourdais. Sa présence est notamment observée depuis plusieurs années au Pic du Jer. Cet insecte s’attaque principalement aux conifères, et plus particulièrement aux épicéas. En creusant des galeries sous l’écorce, il perturbe la circulation de la sève et affaiblit progressivement l’arbre jusqu’à provoquer son dépérissement. Les arbres infestés perdent leurs aiguilles, se dessèchent puis peuvent mourir en quelques mois seulement. Au-delà de l’impact sur les espaces forestiers, les conséquences concernent également la sécurité publique. Un arbre fragilisé devient plus instable : son tronc peut se fissurer et ses branches se rompre plus facilement sous l’effet du vent, de fortes pluies ou de la neige. Dans certaines situations, l’arbre entier peut chuter, mettant en danger les personnes ou les équipements situés à proximité.

Une fermeture préventive dès le 22 juin

Même si les travaux d’abattage ne débuteront qu’à l’automne, la Ville a choisi d’anticiper la sécurisation du secteur. À partir du 22 juin, une portion du chemin faisant le tour du lac, longue d’environ un kilomètre, sera ainsi fermée au public. Cette mesure vise à limiter les risques liés aux arbres déjà fortement dégradés. Les opérations d’abattage proprement dites concerneront les arbres morts ou dépérissants sur une surface d’environ 3,5 hectares.

Préserver la faune pendant la période de reproduction

Le calendrier retenu pour les travaux répond également à des préoccupations environnementales. La municipalité a fait le choix de reporter les interventions à l’automne afin de respecter les cycles naturels de la faune présente sur le site. Le printemps correspond en effet à une période particulièrement sensible pour de nombreuses espèces animales. Les oiseaux sont alors en phase de nidification, tandis que de nombreux mammifères utilisent les zones boisées comme refuge pour mettre bas et élever leurs jeunes. Une intervention à cette période pourrait perturber ces processus essentiels à la reproduction et à la survie des espèces. En différant les travaux de plusieurs mois, la Ville entend laisser à la faune le temps nécessaire pour mener à bien ces cycles biologiques. L’objectif affiché est de concilier la sécurité des usagers avec le respect du rythme de la nature.

Une déviation à travers l’ancien golf

Afin de maintenir l’accès au lac pendant la durée de la fermeture partielle, un itinéraire de substitution sera aménagé à travers l’ancien golf. Cette déviation temporaire, d’une longueur d’environ un kilomètre, traversera un environnement naturel diversifié. Trois boucles de promenade seront proposées aux visiteurs : une boucle de 1 kilomètre avec 35 mètres de dénivelé ; une boucle de 2,5 kilomètres avec 80 mètres de dénivelé ; une boucle de 3,2 kilomètres avec 140 mètres de dénivelé.La Ville souligne toutefois que ce nouveau parcours présente un relief plus marqué que le chemin habituel. Certaines portions comportent également un revêtement non stabilisé et enherbé, susceptible de compliquer le déplacement de certaines personnes. Les personnes à mobilité réduite ainsi que les familles utilisant certaines poussettes pourraient ainsi rencontrer des difficultés sur plusieurs sections du tracé. Une signalétique spécifique sera installée sur l’ensemble du parcours afin d’orienter les visiteurs et de garantir leur sécurité pendant toute la durée des travaux.

Des essences plus adaptées aux conditions climatiques futures

L’opération engagée autour du lac ne se limitera pas à l’abattage des arbres malades. La Ville prévoit déjà le renouvellement du peuplement concerné. Les épicéas retirés seront remplacés dans les prochains mois par des essences jugées plus adaptées aux évolutions climatiques en cours et aux épisodes extrêmes appelés à se renforcer dans les années à venir. Cette démarche vise à préserver durablement la qualité paysagère du site tout en renforçant la résilience du patrimoine arboré face aux effets du changement climatique.

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