Actualités Hautes-Pyrénées, Actualités Tarbes

Fuir la guerre, subir les violences de son mari : le calvaire d’une mère ukrainienne devant le tribunal de Tarbes


l’essentiel
Réfugié en France depuis le début de la guerre en Ukraine, un homme de 47 ans a comparu devant le tribunal correctionnel de Tarbes pour des violences commises sur son épouse. Des faits reconnus par le prévenu, qui ont entraîné la fracture de deux côtes et dix jours d’incapacité totale de travail pour la victime, sur fond de conflit conjugal ancien et de consommation excessive d’alcool.

Arrivé dans les Hautes-Pyrénées avec sa famille au début de la guerre en Ukraine pour fuir le conflit, un homme d’origine ukrainienne a récemment été jugé par le tribunal correctionnel de Tarbes pour des faits de violences conjugales commis sur son épouse. Des violences qui ont conduit à une incapacité totale de travail de dix jours pour la victime et à la fracture de deux côtes.

L’affaire a été révélée grâce à l’intervention d’une assistante sociale. Le jour des faits, le chauffeur chargé de récupérer la fille autiste du couple, scolarisée dans un institut médico-éducatif (IME), reçoit plusieurs messages de la mère lui demandant de patienter. Elle explique être en retard pour préparer l’enfant car elle vient d’être frappée par son mari. Elle indique également devoir se rendre à l’hôpital afin de faire constater ses blessures », a relaté la présidente du tribunal, Lucile Pichenot. Des propos inquiétants que le chauffeur de taxi a rapportés à l’assistante sociale qui suit l’enfant, laquelle a donné l’alerte à son tour.

À lire aussi :
« Tu vas mourir d’un féminicide » : un militaire tarbais condamné pour violences contre son ex-compagne

À la barre, le prévenu n’a pas cherché à nier les faits. Assisté par une interprète, l’homme, qui exerçait la profession de journaliste dans son pays, a reconnu les violences commises en France mais aussi des épisodes similaires survenus auparavant en Ukraine. « Elle était toxique, elle outrepassait ma patience. » Depuis cette ultime agression, il a quitté le domicile familial et a assuré être suivi par un psychologue ukrainien qu’il consulte à distance.

Un contexte familial préoccupant

Entendu au cours de l’enquête, le père de la victime a évoqué de fréquentes disputes au sein du couple. Selon lui, le prévenu était tombé sous le charme d’une voisine, source de nombreuses tensions. Une version corroborée par l’épouse qui s’est dite inquiète que son mari la trompe depuis plusieurs mois. Et d’ajouter que de nombreux conflits sont nés de cette jalousie et de la consommation excessive d’alcool de son époux.

« Une nouvelle dispute a éclaté lorsqu’elle a découvert que vous aviez dépensé de l’argent pour offrir un cadeau à la voisine », a poursuivi la juge, tout en s’adressant au prévenu. « Votre femme a déclaré avoir découpé votre carte bancaire, ce qui aurait provoqué votre colère. » L’homme a confirmé qu’il lui avait asséné plusieurs coups de poing. Sa femme a alors chuté au sol, et il a continué à la frapper à coups de pied.

À lire aussi :
À Maubourguet, une femme hurle « Il va me tuer » : son compagnon violent, 22 mentions au casier, condamné à 18 mois de prison ferme

La seconde fille du couple, entendue elle aussi, a décrit un climat de violences verbales et de disputes quotidiennes. « Ils se battent, ils se disent des choses choquantes », a-t-elle rapporté aux enquêteurs, précisant que cette situation existait déjà lorsqu’ils vivaient en Ukraine.

Des difficultés depuis l’exil

Pour le procureur de la République, « les faits sont particulièrement graves. Ivre de rage et d’alcool, il s’est jeté sur son épouse », a résumé le magistrat, rappelant que les blessures ont été médicalement constatées. Il a requis une peine de douze mois d’emprisonnement assortie d’un sursis probatoire de deux ans, avec obligation de soins, ainsi qu’une interdiction d’entrer en contact avec la victime et de paraître à son domicile ou sur son lieu de travail.

L’avocate de la défense, une compatriote du prévenu, a pour sa part insisté sur les aveux complets de son client, son absence d’antécédents judiciaires en France et les difficultés personnelles rencontrées depuis l’exil. Son client a malgré tout été condamné conformément aux réquisitions du ministère public.



Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *