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plus de 205 000 visiteurs et une ambition intacte pour la culture
Spectacle vivant, cinéma, expositions : la Scène nationale d’Ibos affiche des chiffres solides dans un contexte difficile. Son directeur, Frédéric Esquerré, revendique un projet fondé sur l’ouverture, la diversité des publics et l’ancrage territorial.
Alors que le secteur culturel continue d’évoluer dans un contexte économique contraint, la Scène nationale Le Parvis aborde la saison 2026-2027 avec confiance. Les résultats enregistrés lors de l’exercice 2025-2026 témoignent d’une fréquentation soutenue et d’une dynamique que son directeur, Frédéric Esquerré, entend poursuivre. Avec plus de 205 000 visiteurs cumulés entre spectacle vivant, cinéma et centre d’art contemporain, l’établissement retrouve des niveaux comparables à ceux enregistrés lors de son cinquantième anniversaire.
Une fréquentation au rendez-vous
Le bilan de la saison 2025-2026 s’avère donc particulièrement positif. Le Parvis a accueilli 50 000 spectateurs pour les spectacles vivants, auxquels s’ajoutent 140 000 entrées au cinéma et 15 000 visiteurs au centre d’art contemporain. Au total, ce sont donc 205 000 personnes qui ont fréquenté l’établissement au cours de l’année. Des chiffres qui surprennent agréablement la direction. « Nous nous attendions plutôt à un tassement », reconnaît Frédéric Esquerré. La fréquentation est finalement restée à un niveau élevé, portée notamment par une forte présence de jeunes publics. Cette dynamique intervient au moment où la Scène nationale vient de renouveler ce jeudi sa convention d’objectifs avec l’ensemble de ses partenaires institutionnels et privés. Un signal important pour l’établissement qui bénéficie du soutien de l’État, de l’agglomération Tarbes-Lourdes-Pyrénées, du Département, de la Région, ainsi que de nombreux partenaires économiques.
Maintenir une mission de service public
Dans un contexte où de nombreuses structures culturelles font face à des difficultés budgétaires, Frédéric Esquerré insiste sur la stabilité dont bénéficie aujourd’hui Le Parvis. Même si les contraintes financières existent, la structure conserve les moyens nécessaires pour poursuivre ses missions fondamentales : soutenir la création artistique, accompagner les artistes et garantir leur liberté de création. Au-delà des chiffres de fréquentation, le directeur rappelle la vocation première d’une Scène nationale : proposer un espace de rencontre et de réflexion ouvert à tous. « Le Parvis reste un lieu de diversité, d’ouverture, d’inclusion et de partage », résume-t-il. L’ambition affichée consiste à rassembler des publics différents autour d’expériences culturelles communes, qu’il s’agisse d’un spectacle, d’un film ou d’une exposition.
Aller au contact des habitants
L’une des particularités du projet porté par Le Parvis réside dans son déploiement sur l’ensemble du territoire. Sur les 50 000 entrées enregistrées pour le spectacle vivant en 2025-2026, près de 11 000 ont été réalisées hors les murs de la Scène nationale. Une activité territoriale importante qui se traduit par des représentations organisées dans les vallées, les villages ou les petites communes du département. Les jauges y sont souvent beaucoup plus modestes qu’à Ibos. Là où la grande salle du Parvis peut accueillir plusieurs centaines de spectateurs, certaines représentations organisées dans les salles des fêtes disposent d’une centaine de places seulement. Pourtant, les taux de remplissage atteignent régulièrement entre 80 et 90 %. « Quand on va au contact, on se rend compte que des gens qui hésiteraient à pousser la porte d’un théâtre franchissent beaucoup plus facilement celle de la salle des fêtes de leur village », observe Frédéric Esquerré. Selon lui, cette proximité contribue à réduire certaines appréhensions liées aux institutions culturelles.
Une stratégie construite avec les partenaires du territoire
Cette démarche repose également sur un important travail de coopération. Les grands rendez-vous organisés par Le Parvis sont presque systématiquement construits avec d’autres acteurs culturels. Le Fest’Nov associe ainsi plusieurs structures du territoire. Le Dark Side of the Rock est élaboré avec la Gespe, Tarbes en Scène et différents partenaires des musiques actuelles. D’autres collaborations impliquent également des associations ou des lieux culturels des Hautes-Pyrénées et de la région. Pour Frédéric Esquerré, ces coopérations permettent de décloisonner les publics. Chaque structure dispose en effet de ses propres spectateurs, avec des habitudes et des sensibilités différentes. En travaillant ensemble, les organisateurs favorisent les circulations entre ces différents univers culturels.
Une programmation pensée pour un territoire rural
Construire une saison pour une Scène nationale implantée dans les Hautes-Pyrénées suppose selon son directeur une responsabilité particulière. À ses yeux, programmer à Tarbes ne consiste pas à répondre à ses goûts personnels mais à offrir aux habitants du territoire un accès à une diversité artistique comparable à celle proposée dans les grandes métropoles. « Notre responsabilité n’est pas de programmer pour nous-mêmes mais pour le territoire », explique-t-il. Cette philosophie se traduit notamment par la présence régulière de spectacles issus du Festival d’Avignon ou de productions d’envergure nationale qui seraient difficilement accessibles autrement pour une partie du public local. L’objectif est de permettre aux habitants des Hautes-Pyrénées d’accéder à des œuvres qui circulent habituellement dans les grands centres culturels français.
Entre prise de risque et repères populaires
Chaque saison repose sur un équilibre délicat. Le Parvis programme environ 70 spectacles par an. Parmi eux, une quinzaine sont des créations encore inédites au moment de leur programmation. La Scène nationale intervient souvent comme coproductrice de ces projets, participant ainsi directement à leur financement. Programmer une œuvre avant même sa création constitue nécessairement une prise de risque artistique. Pour compenser cette part d’incertitude, la programmation s’appuie également sur des artistes identifiés par le grand public. Des personnalités comme François Morel, Alex Lutz, Richard Galliano ou encore l’Orchestre national du Capitole jouent ainsi un rôle de repère dans la saison. Ces rendez-vous contribuent à structurer l’ensemble de la programmation tout en permettant au public de découvrir des propositions moins connues.
Des contraintes nouvelles pour le secteur culturel
Comme de nombreux acteurs culturels, Le Parvis doit aujourd’hui composer avec des réalités économiques nouvelles. Les coûts de production et de diffusion ont fortement évolué ces dernières années. Dans ce contexte, la mutualisation devient un levier essentiel. Frédéric Esquerré cite l’exemple de la tournée d’Alex Lutz, organisée en lien avec plusieurs salles afin de limiter les déplacements et d’optimiser les coûts. Cette logique répond à la fois à des impératifs financiers et à des préoccupations environnementales.
Le défi des déplacements
Les questions écologiques occupent désormais une place croissante dans la réflexion des structures culturelles. Selon les études menées par Le Parvis, l’essentiel de son empreinte carbone provient non pas de l’accueil des artistes mais des déplacements des spectateurs. Le constat est particulièrement marqué dans un territoire rural où l’automobile demeure souvent indispensable pour rejoindre les lieux de spectacle. Face à cette réalité, l’établissement développe depuis plusieurs années des dispositifs de transport collectif et encourage le covoiturage. Des bus sont notamment mis en place depuis plusieurs vallées du département afin de faciliter l’accès aux spectacles.

Une politique tarifaire tournée vers l’accès du plus grand nombre
L’accessibilité constitue un autre axe fort du projet. Malgré l’inflation et la hausse générale des coûts, Le Parvis a choisi de maintenir ses tarifs. Les jeunes de moins de 26 ans, les étudiants et les demandeurs d’emploi bénéficient notamment d’un tarif fixé à 10 euros. Pour Frédéric Esquerré, cette politique n’est rendue possible que grâce au soutien des collectivités publiques. « C’est parce que nous sommes subventionnés que nous pouvons proposer ces tarifs », rappelle-t-il. L’objectif demeure inchangé : permettre au plus grand nombre d’accéder à une offre culturelle diversifiée.
Les abonnés, piliers mais pas exclusifs
Le système d’abonnement joue un rôle central dans l’équilibre économique de la Scène nationale. Entre 50 et 60 % des places vendues chaque année le sont dans le cadre d’abonnements. L’ouverture de la campagne d’abonnement représente ainsi une étape déterminante pour la trésorerie de l’établissement. Toutefois, Frédéric Esquerré insiste sur la nécessité de préserver un équilibre entre les abonnés fidèles et les autres publics. Certaines places sont volontairement réservées pour les lycéens, les groupes ou la vente à l’unité, afin d’éviter que certains spectacles soient exclusivement accessibles aux abonnés les plus réguliers. « On ne peut pas dire que l’on défend l’ouverture si l’on finit par devenir un lieu réservé à quelques habitués », résume-t-il.
Construire une communauté culturelle
Au-delà des chiffres et des contraintes de gestion, Frédéric Esquerré revendique une vision profondément humaine de son métier. Pour lui, la vocation du Parvis consiste à créer des espaces de rencontre, de dialogue et de découverte dans une société qu’il juge parfois fragmentée. Rassembler autour d’un spectacle, d’un concert, d’un film ou d’une exposition demeure, selon lui, l’une des missions essentielles d’une institution culturelle. Une ambition qui semble trouver un écho favorable auprès du public, à en juger par les résultats enregistrés cette année et les perspectives affichées pour la saison à venir.
A savoir :
Ouverture des abonnements dès le 12 juin à 12h00
Ouverture de la vente de billets à l’unité à partir du 07 juillet à 12h00
L’équipe du Parvis se tiendra à votre disposition pour vous conseiller et vous aider à remplir les formulaires d’abonnements dès le vendredi 12 juin à 12h00 au guichet du Parvis, du lundi au samedi de 10h00 à 19h00.
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