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ENTRETIEN. « Le Parvis doit rester un lieu d’ouverture, de diversité, de rassemblement » Politique, danse, jazz, théâtre, la nouvelle saison du Parvis s’annonce prometteuse


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Le Parvis – scène nationale Tarbes-Pyrénées dévoile sa nouvelle saison par la voix de Frédéric Esquerré, son directeur : politique, programmation jazz, cirque, danse et ouverture à tous les publics. Découvrez les temps forts et les têtes d’affiche de la scène nationale de Tarbes et des Hautes-Pyrénées.

Quel bilan tirez-vous de la saison qui s’achève au Parvis ?

Honnêtement, c’est une très bonne saison. On s’attendait à un tassement de la fréquentation après la célébration des 50 ans, mais pas du tout : 50 000 spectateurs sur le spectacle, dont 10 000 sur le territoire. Le cinéma dépasse 140 000 entrées et on enregistre 15 000 visiteurs au centre d’art. Au total, ça fait 205 000 spectateurs ou visiteurs cette année, comme les années anniversaire. Et surtout, on continue à avoir beaucoup de jeunes : 38 000 sur l’ensemble des activités, ce qui est vital pour le renouvellement du public. On travaille toujours un maximum avec le territoire, les partenaires culturels, l’itinérance, et ça porte ses fruits. Par exemple, le vernissage de la nouvelle expo « Déplacer les montagnes », avec dix artistes du territoire, a battu des records d’affluence. On sent ce maillage et cette dynamique de coopération.

Après les élections municipales, il faut nouer des liens avec les nouveaux élus

C’est toujours délicat, ces périodes. Le lien aux élus est essentiel, car la volonté politique nous permet d’aller dans tel ou tel endroit. Après les élections, ce n’est pas repartir à zéro, mais il faut renouer le dialogue, rencontrer les nouveaux élus. Ce sont des moments riches : ils sont à l’écoute, avec une envie de construire. On ne sait jamais ce qui va se passer, mais la dynamique de construction est là. Certains arrivent, découvrent la réalité, les alliances… et les finances ! Mais pour l’instant, ils sont présents, curieux, ouverts. C’est plutôt rassurant.

Quelle est la ligne directrice de la nouvelle saison 2026-2027 ?

On reste dans notre mission de service public, garantissant la liberté artistique, surtout dans un contexte politique tendu. Le Parvis doit rester un lieu d’ouverture, de diversité, de rassemblement. Pas de programmation spécialisée comme dans les grandes villes : on propose une large palette artistique. Cette année, il y a peut-être une dominante autour du politique : un cycle sur les « Huit Rois », série théâtrale sur les présidents de la Ve République, qui alterne entre drame, vaudeville, stand-up… On accueille trois épisodes : « Génération Mitterrand », « La vie et la mort de Jacques Chirac », « Sarkozy et Hollande ». À cela s’ajoutent Macbeth et Hamlet par deux compagnies, puis après les présidentielles, « Grand peur et misère du Troisième Reich » de Brecht. Le cinéma aura aussi un fil rouge politique.

Quels seront les autres grands temps forts ?

À la rentrée, un temps fort écologique : spectacles en forêt à Payolle, installation « Enchevêtrés » sur la transformation des paysages, et la septième cartographie de Frédéric Ferrer, « Le problème lapin ». En novembre, la 2e édition du festival de danse Fest Nov avec Dans6T : une dizaine de spectacles de danse. Puis « Hola España », consacrant nos partenariats transfrontaliers, avec des spectacles catalans et flamenco. Ensuite, grand temps fort jeunesse en février, la 3e édition du festival rock « Dark Side of the Rock », et « Les hybrides » sur l’hybridation des arts.

Beaucoup de têtes d’affiche cette année ?

Oui, Alex Lutz, XY (acrobatie et cirque), l’Idéal Club, Cirque Aïtal, Cirque Le Roux, et des magiciens comme Thierry Collet qui questionne l’intelligence artificielle. On propose aussi Molière avec Robin Renucci et François Morel, deux farces à Tarbes, une grande création de Tiffenn Raffier sur la fin de vie, Emma Dante et ses grandes formes, le tout aux côtés de jeunes publics, d’ados et de familles.

Qu’en est-il du jazz et de la musique dans la programmation ?

Gros volet jazz avec Rita Payès, Dhafer Youssef, Richard Galliano, l’Orchestre national de jazz, Al Di Meola… Un fil Beethoven aussi, avec les orchestres de Pau et Toulouse, Paul Lay en piano solo. On accueille Fatoumata Diawara, Abd Al Malik rejouera « Gibraltar », il y aura un concert de Magma, 53 ans après leur premier passage au Parvis…

Et il y a le public jeune 

C’est fondamental. On a 12 propositions pour les 2-18 ans, avec des temps forts ados, ateliers, spectacles, participation artistique, et de la programmation spécifique pour la petite enfance. On veut parler à tous les publics, toutes générations confondues, en gardant un haut niveau d’exigence et de diversité.

Les abonnements sont ouverts… 

On fait tout pour ne pas devenir un théâtre réservé aux abonnés : nous avons 60 % de publics abonnés sur qui on peut compter, mais on réserve chaque année des quotas pour les scolaires, amateurs, quartiers, compagnies… La vente à l’unité ouvre dès le 7 juillet après les abonnements pour que tout le monde ait accès aux spectacles dont les têtes d’affiche.

Le Parvis pèse économiquement dans le département… 

On ne génère pas de tourisme comme un grand festival, mais l’activité est là : 4 000 nuitées dans l’hôtellerie locale, 30 salariés permanents, 15 ETP en intermittents, plus toutes les retombées locales en nuitées, restauration, etc. Le budget global dépasse 4 millions d’euros.

Plus d’informations, abonnements, réservations : 

https://www.parvis.net/



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