Actualités Hautes-Pyrénées, Actualités Tarbes

TÉMOIGNAGE. L’incroyable succès d’un ingénieur devenu brasseur : « Sur mon temps de repos, je livrais mes bières, je collais des étiquettes, je déballais les cartons… »


l’essentiel
La brasserie Walbrew, une production confidentielle à Tarbes, est en pleine ascension. En sept ans, Mathieu Collet, l’entrepreneur auparavant ingénieur, a résisté aux débuts difficiles, à la concurrence et au Covid. Aujourd’hui, il alimente tout le territoire des Hautes-Pyrénées avec ses bières artisanales. Récit d’une success-story. 
 

Il est passé des tableaux Excel aux élixirs. Avant de devenir brasseur, Mathieu Collet, 41 ans, a d’abord été ingénieur. Déjà, dans son appartement et pendant son temps libre, il brasse de la bière avec les moyens du bord.  » Au boulot, je ne savais même plus ce que je calculais, je ne trouvais aucun sens « , se souvient le Tarbais. En 2018, il franchit le pas en achetant un local pour brasser plus grand et prépare sa rupture conventionnelle. C’est ainsi que le Bigourdan s’installe à Urac, dans un garage qui servait autrefois d’atelier de mécanique. Un site assez confidentiel qui ne se dévoile qu’aux curieux, en retrait de la rue. 

Ici, il rénove le bâtiment pour installer ses cuves, tend des tuyaux, réalise de la plomberie, reprend le tableau électrique… Au printemps 2019, le Pyrénéen est fou de joie quand il voit couler pour la première fois ses brassins. Pour le goût, en revanche, ce n’est pas encore ça.  » Elle était soit trop forte, soit trop légère, pas assez équilibrée. Il m’a fallu du temps pour trouver la recette idéale « , raconte le père de la  » Walbrew « . 

Il livre à domicile pendant le Covid

Il ne le sait pas encore, mais bientôt, il sera confiné pour cause de Covid. En attendant, il savoure et commence à vendre son stock de blanches, d’ambrées et de blondes dans quelques boutiques.  » J’arrive sur le marché en pleine mode des brasseries artisanales. Mais j’ai l’avantage, aujourd’hui, de m’être lancé suffisamment tôt pour être crédible « , analyse-t-il maintenant. En 2020, Mathieu Collet mène encore une double vie : il travaille toujours en tant qu’ingénieur la semaine et brasse le soir et les week-ends.

 » Sur mon temps de repos, je livrais mes bières aux clients, je collais les étiquettes, je déballais les cartons…  » indique-t-il. Et puis, donc, le Covid met un coup d’arrêt à son activité. Mais le brasseur s’accroche.  » J’en ai profité pour communiquer, pour livrer à domicile, récolter les avis des consommateurs et affiner mes recettes. En fait, c’était même une période de battement plutôt avantageuse « , avance l’entrepreneur. 

Il embauche en 2024

Au déconfinement, la production tourne à plein régime. Les terrasses sont de nouveau remplies, le chef d’entreprise, lui, est ravi. Surtout qu’en 2024, la concurrence se fait moins rude : plusieurs brasseries locales baissent le rideau. Le téléphone du Tarbais n’arrête pas de sonner. 

 Aujourd’hui, il commercialise ses bières dans tout le département, cafés, restaurants, boutiques… En 2025, il a produit 400 hectolitres de nectar, loin de son premier volume de 100 hectolitres, en 2021.  » Je ne prospecte plus de nouveaux clients, de toute façon, je n’ai pas la capacité de produire davantage en volumes et je n’ai pas la possibilité d’agrandir mon local « , avoue le brasseur, victime de son succès. Preuve de la vitalité de son activité, il a embauché un employé en 2024.  » On arrive à vivre confortablement « , souligne-t-il. Surtout que les fêtes et festivals d’été ont débuté et que Mathieu Collet est déjà bien sollicité, à commencer, cette semaine, par les fêtes de Tarbes puisqu’il alimente le stand de Tellement Tarbes. Bien plus heureux, derrière une tireuse, que derrière ses tableaux de chiffres. 



Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *