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« Je décide de faire la morte » : il violente sa compagne avec leur bébé de six mois dans les bras, il est condamné par le tribunal de Tarbes


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Les violences conjugales s’invitent au cœur du foyer. Une mère a été violemment frappée devant son bébé alors qu’elle annonçait à son conjoint son intention de se séparer. Le tribunal de Tarbes a condamné le prévenu.

En ce jour d’août 2024, Sabine* est dans la cuisine avec son compagnon, Florian*. Elle lui explique qu’elle souhaite leur séparation. Lui tient dans les bras leur jeune fille âgée de seulement six mois. Visiblement énervé, l’homme se montre alors violent. Sa compagne décrit la scène lors des auditions : « Alors qu’il avait notre fille dans les bras, il me porte un coup de poing au nez, il me fait une balayette, me porte des coups de pied sur le corps. Je décide de faire la morte et de ne plus bouger. »

Au travers de la fenêtre, la mère de la victime semble assister à la scène. « En me relevant, il voit ma mère, elle accourt à la porte de notre domicile, lui se précipite pour verrouiller la porte d’entrée », continue la victime. La victime se rend alors à la salle de bains, elle prend en photo ses blessures qui lui vaudront un jour d’ITT : « Je prends conscience que j’étais probablement défigurée », souffle-t-elle lors de l’enquête. 

Il nie les violences volontaires 

À la barre, le prévenu nie pourtant toute violence volontaire et minimise l’altercation. « On s’est pris la tête car je ne l’ai pas aidée à mettre la table, je m’occupais de notre enfant. Le ton est monté, elle essayait de m’enlever notre fille. Je l’ai mal repoussée, ce n’était pas mon intention de lui faire mal », explique-t-il. 

Selon lui, il l’aurait simplement poussée au visage, lui causant la blessure. Mais elle aurait chuté après avoir perdu l’équilibre contre un banc dans la cuisine et serait malencontreusement retombée face contre terre sur le sol en pierre. Il l’aurait ensuite « tapotée du pied par terre, pour la faire réagir et qu’elle arrête de faire semblant. » Son avocate a d’ailleurs souligné qu’il « n’a jamais varié dans ses déclarations. » 

« Quand votre compagne chute lourdement, votre première réaction est d’aller fermer la porte à clé pour éviter que votre belle-mère intervienne », s’étonne de son côté l’avocate de la victime. Elle dénonce « un dossier détestable » et revient sur « la peur » de Sabine, toujours aujourd’hui. 

« L’emprise » 

Un avis partagé par la procureure qui dénonce « l’emprise » du prévenu, qui accepte seulement « une matérialité banalisée, minimisée. » Elle revient surtout sur les conséquences sur le bébé : « Il faudra un suivi, car les études montrent que l’enfant, quand il est soumis à une situation de violence conjugale, ne peut pas savoir s’il est témoin ou victime. Dans son cerveau, c’est la même chose. » Elle a requis huit mois de prison, avec sursis probatoire renforcé de deux ans, prise en charge et suivi d’un stage pour auteur de violences intrafamiliales, interdiction d’entrer en contact avec la victime, retrait de l’autorité parentale et obligation de soins. 

Le tribunal a condamné le prévenu à huit mois de prison avec sursis probatoire de deux ans, obligation de prise en charge CPCA 65, obligation de réaliser un stage contre les violences intrafamiliales, interdiction d’entrer en relation avec la victime, obligation de soins. Il devra indemniser les victimes, dont 800 euros de dommages et intérêts pour sa fille. Il devra aussi verser 1 200 euros au titre des frais d’avocats et de procédure. 

*Les prénoms ont été changés



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