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« Les pédos ne vont pas en prison » : un homme jugé pour meurtre devant la cour d’assises des Hautes-Pyrénées sur fond d’accusations de pédophilie
Au premier jour du procès aux assises du meurtre d’un homme, rue Belfort à Tarbes en juin 2022, les contours du drame s’éclaircissent. L’accusé nie les violences, mais le récit des événements et celui fourni par plusieurs témoins semblent préciser les circonstances de cet homicide. Accusation de pédophilie, violences, utilisation d’un démonte-pneu comme arme… On vous explique les circonstances du meurtre.
Les faits se déroulent le 4 juin 2022 dans la matinée. Dans un appartement au deuxième étage d’un immeuble rue Belfort à Tarbes. Le Samu tente d’accéder à l’intérieur, mais la porte est fermée à clé. Lorsqu’un policier arrive à rentrer, un homme de 67 ans est retrouvé inconscient. Il gît sur le sol, une mare de sang autour de lui. Il décédera quelques minutes après l’arrivée des secours.

Le médecin légiste constate les blessures, de « nombreuses ecchymoses au niveau de la tête. Des traumatismes et lésions sur l’arrière du crâne, des ecchymoses sur les bras et le dos. Une sorte d’acharnement », explique la cour. Un dentier est retrouvé à côté du corps, « vu la violence des coups, on imagine que le dentier a sauté », confirme l’enquêtrice.
Il le frappe avec un démonte-pneu
Dans le box, l’accusé, D. G., nie être à l’origine de ces actes de violence. Pourtant, les faits tels que décrits par la cour semblent éclaircir le drame.
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D’abord par l’appel de l’ex-compagne porté aux secours. Elle affirme que son ex-compagnon pourrait être l’auteur des faits. Plus tôt, elle serait arrivée en voiture avec lui chercher son sac chez la victime, un « ami de la famille » comme elle l’explique. Certains le présentent comme son oncle, même s’ils n’ont pas de lien de sang. Quelques minutes plus tard, l’accusé aurait pénétré dans l’appartement avec un démonte-pneu, qu’il aurait utilisé pour frapper la victime. Son ex-compagne serait alors partie se cacher loin de l’appartement, par peur de violences contre elle.
Des voisins témoignent entendre une femme crier « Arrête D., arrête ! » Après l’agression, D. G. aurait arrêté un couple dans la rue pour appeler son ex-compagne. À la barre, l’une des témoins affirme que l’accusé aurait dit au bout du fil « qu’il avait tué quelqu’un en lui fracassant le crâne et qu’il l’avait enfermé. Il demandait à la femme au bout du fil de l’amener en Espagne pour pas qu’on le retrouve, de mentir à la police. »
« Les pédos ne vont pas en prison ! »
La nuit avant le drame, D. G. « ne dort pas », comme il l’explique. Surtout, il passe la nuit à consommer de la drogue. La veille déjà, la cour décrit une scène d’altercation entre la victime et l’accusé. La future victime serait venue chez la mère de l’accusé pour le retrouver.
À la barre, la mère de l’accusé défend son fils et montre bien les motivations qui auraient pu pousser l’accusé à porter des coups contre la victime. Elle s’énerve à la barre : « Mon fils va en prison, et les pédos ne vont pas en prison ! » Elle affirme que la victime aurait été condamnée à « 14 ans de prison pour pédophilie » et surtout que la « nièce » de la victime lui aurait confié avoir été victime d’attouchements de sa part.
La présidente a rappelé que la victime a bien été condamnée en 2004 pour viol sous la menace d’une arme, mais n’a pas d’antécédent de violences sexuelles sur mineures dans son casier.
Le thème serait particulièrement sensible pour l’accusé. Il aurait lui-même surpris son propre père abuser sexuellement d’une jeune fille, alors qu’il n’avait que « dix ou onze ans ».
D. G. dit ne plus vouloir répondre aux questions de la cour. « C’est bien dommage, on aimerait bien savoir pourquoi il en est arrivé à le tuer », a regretté la sœur de la victime. Il reprend finalement la parole, de manière plutôt hostile à la cour. Peut-être ses réponses seront-elles plus apaisées lors de la prochaine journée d’audience.