Actualités Hautes-Pyrénées
Pourquoi Gérald Capel démissionne de son mandat de conseiller municipal d’opposition
« Je refuse de me soumettre à des pratiques que je désapprouve ». Par ces mots, Gérald Capel annonce sa démission du conseil municipal de Lourdes. Entre contraintes professionnelles et dénonciation d’une « négation de la démocratie », l’élu d’opposition explique les raisons de son départ et annonce poursuivre son engagement sur le terrain.
Élu sur les bancs de l’opposition municipale à Lourdes, Gérald Capel a annoncé sa démission de son mandat de conseiller municipal. Dans un communiqué daté du 23 juin 2026, l’élu invoque à la fois des contraintes professionnelles l’empêchant de participer régulièrement aux séances du conseil municipal et de profondes divergences concernant le fonctionnement démocratique de l’assemblée locale.
Une présence devenue impossible aux conseils municipaux
Dans son communiqué, Gérald Capel explique que le contexte intervenu après les élections l’empêche désormais d’exercer pleinement son mandat. En cause, la programmation systématique des conseils municipaux le mardi, en milieu de semaine. L’élu indique exercer son activité professionnelle hors du département et ne pas pouvoir être libéré de ses obligations pour assister régulièrement aux réunions du conseil municipal. Selon lui, cette situation rend son engagement politique incompatible avec ses responsabilités professionnelles actuelles. « Je ne peux donc pas être présent à Lourdes les mardis », écrit-il, estimant qu’il ne lui est plus possible d’assurer correctement la mission pour laquelle il a été élu.
Une critique du fonctionnement de l’opposition municipale
Au-delà des contraintes liées à son emploi, Gérald Capel justifie également sa décision par ce qu’il considère comme une place insuffisante accordée à l’opposition au sein de la vie municipale. L’élu affirme que cette situation ne correspond pas à sa conception de la démocratie locale. Il pointe notamment plusieurs aspects du fonctionnement du conseil municipal qu’il juge problématiques. Parmi eux figure le règlement intérieur de l’assemblée. Selon lui, celui-ci limiterait l’expression des élus d’opposition, tandis que le maire disposerait d’une plus grande latitude pour intervenir au cours des débats. Gérald Capel estime que cette organisation ne favorise pas l’émergence d’un véritable débat contradictoire au sein de l’instance municipale.
Des accusations de dénigrement et de manque de représentativité
L’ancien conseiller municipal d’opposition reproche également au maire d’aborder, lors des séances, des sujets qu’il qualifie de polémiques et sans lien direct avec la gestion municipale ou les dossiers examinés. Selon lui, cette méthode aurait pour effet de dénigrer l’opposition et ne traduirait pas une vision respectueuse du débat démocratique. Le communiqué évoque également l’absence de représentants de l’opposition dans certaines instances de la vie municipale. Gérald Capel rappelle que son groupe avait refusé, dès le deuxième conseil municipal de la mandature, de participer à ce qu’il qualifie de « parodie de démocratie ».
Des interrogations sur la situation financière de la ville
Le communiqué aborde également la question des finances municipales. Gérald Capel affirme que la capacité d’autofinancement (CAF) de la ville pour l’année 2025 serait négative à hauteur de 90 000 euros. Il estime que certains mécanismes comptables liés à des remboursements effectués par l’agglomération dans le domaine de l’eau permettraient néanmoins de présenter une CAF positive. L’élu considère que seules les données de la Direction générale des finances publiques (DGFIP) permettront d’évaluer précisément la situation financière de la commune. Il s’inquiète également de l’absence de ligne de trésorerie et de réserve financière constituée par la collectivité. Il relève par ailleurs que la ville a choisi, selon lui, de recourir à un emprunt de deux millions d’euros plutôt que de disposer de fonds disponibles en banque.
« Mon action ne servirait en rien les intérêts des Lourdais »
Au regard de ces différents éléments, Gérald Capel estime ne plus être en mesure d’agir efficacement au sein du conseil municipal. Dans son communiqué, il indique refuser de se soumettre à des pratiques qu’il désapprouve et qu’il considère comme contraires aux principes démocratiques. S’il quitte l’assemblée municipale, il souligne que les autres élus de sa liste continueront à siéger au sein de l’opposition. Il s’interroge toutefois sur leur capacité à poursuivre leur mission si les conditions qu’il dénonce venaient à perdurer.
Une poursuite de l’engagement sur le terrain
Gérald Capel annonce avoir adressé sa démission au préfet des Hautes-Pyrénées par courrier en date du 23 juin 2026. L’ancien élu précise qu’il entend désormais poursuivre son engagement au contact direct de la population. Il indique vouloir mener des actions de terrain, notamment à travers le tissu associatif local. Selon lui, le lien avec les citoyens demeure « l’essence même d’une démarche politique ». En conclusion de son communiqué, Gérald Capel affirme rester respectueux du choix exprimé par les électeurs lors du scrutin municipal. S’il annonce vouloir continuer à dénoncer ce qu’il considère comme des manquements de la majorité municipale et à informer la population des conséquences de certaines décisions, il indique que le bilan de la mandature devra être évalué « en temps voulu ». Sa démission ouvre désormais la voie à son remplacement au sein du conseil municipal conformément aux règles en vigueur.
Gérald CAPEL, Démission de mon mandat de conseiller municipal d’opposition
Le contexte post-électoral m’amène aujourd’hui à ne pas pouvoir exercer pleinement mon mandat de conseiller municipal au sein de l’opposition. En effet, les conseils municipaux sont systématiquement programmés en milieu de semaine, les mardis. N’étant pas libéré de mes obligations professionnelles, que j’exerce hors du département, je me trouve dans l’impossibilité d’y siéger régulièrement. Je ne peux donc pas être présent à Lourdes les mardis, ce qui rend mon engagement incompatible avec mes responsabilités actuelles. Par ailleurs, la place laissée à l’opposition par monsieur le Maire ne correspond pas à ma conception de la démocratie. Plusieurs éléments motivent cette position :
• Un règlement intérieur qui restreint l’expression de l’opposition, tandis que le maire s’octroie des libertés pour s’exprimer longuement, de façon théâtrale, sans laisser de place à un vrai débat contradictoire, ce qui ne favorise pas l’avancée démocratique.
• Une volonté de la part de monsieur le Maire de dénigrer l’opposition en abordant des sujets polémiques, sans lien avec sa propre gestion ou les thèmes traités. Cette approche ne reflète pas une vision respectueuse de la population et de la démocratie.
• Une tendance à travestir les faits. Par exemple, la capacité d’auto-financement (CAF) de la ville en 2025 est de -90 000 euros, mais des retranchements de remboursements par l’agglomération sur le sujet de l’eau permettent de déclarer une CAF positive. Seules les données de la Direction Générale des Finances Publiques (DGFIP) pourront évaluer le train de vie de la ville. Par ailleurs, l’absence de ligne de trésorerie, sur laquelle aucune action n’est engagée pour constituer une réserve, est préoccupante. Pourtant, la ville préfère emprunter deux millions d’euros plutôt que de disposer des fonds nécessaires en banque.
• L’absence de représentation de l’opposition dans les instances de la vie municipale. Conscients de ce fonctionnement, nous avons refusé, lors du deuxième conseil municipal, de participer à cette parodie de démocratie.
Dans ces conditions, je considère que mon action au sein de ce conseil ne servirait en rien les intérêts des Lourdais, je refuse de me soumettre à des pratiques que je désapprouve et qui constituent une négation de la démocratie. Mes colistiers, qui continueront à siéger, ont accepté d’endosser ce rôle ingrat, mais pour combien de temps si le maire persiste à vouloir les bâilloner et à empêcher la représentativité des lourdais qui ont voté pour ma liste ?
Je prends donc la décision de remettre ma démission à Monsieur le Préfet des Hautes-Pyrénées par courrier en date de ce jour.
Je mènerai désormais des actions de terrain en soutien direct à la population, notamment via le tissu associatif. Le lien avec les citoyens reste, à mes yeux, l’essence même d’une démarche politique.
Concernant le projet politique de cette mandature, je reste respectueux du choix des lourdais car c’est le principe même de la démocratie. Nous jugererons en temps voulu, tout en dénonçant les manquements et en informant la population des réels impacts de la gestion municipale.
Lourdes, le 23 juin 2026 Gérald CAPEL Conseiller municipal d’opposition