Actualités Hautes-Pyrénées
Sous cocaïne et en pleine rage : David Gonzalez condamné à 25 ans de prison pour le meurtre de l’oncle de son ex-compagne à Tarbes
Au troisième jour du procès de David Gonzalez devant la cour d’assises des Hautes-Pyrénées, les débats se sont concentrés sur les heures qui ont précédé le meurtre de Roger Dejoux, un retraité de 65 ans, tué le 4 juin 2022 à Tarbes. Entre le témoignage direct de l’ex-compagne de l’accusé, les éléments matériels accablants et les dénégations de l’accusé, l’accusation a tenté de démontrer qu’une haine ancienne avait conduit au passage à l’acte.
Au troisième jour du procès de David Gonzalez (42 ans), jugé devant la cour d’assises des Hautes-Pyrénées pour le meurtre de Roger Dejoux (65 ans), le 4 juin 2022 à Tarbes, les jurés ont plongé au cœur de la relation conflictuelle qui opposait les deux hommes.
Après son mutisme de la veille, l’accusé a accepté de répondre aux questions de la cour. « Je tenais à m’excuser, je n’avais pas pris mes cachets. » Nerveux, agité, souvent évasif, il a livré des explications régulièrement contredites par les témoignages et les éléments de l’enquête.
La haine pour mobile
Pour l’avocate générale, le dossier raconte avant tout l’histoire d’un homme éconduit par sa compagne qui n’a pas supporté la séparation. La magistrate est revenue sur la rumeur accusant Roger Dejoux de pédophilie, relayée pendant des mois dans l’entourage de l’accusé. Une accusation jamais confirmée par la justice. « C’est la mère de David Gonzalez qui a répandu cette rumeur dont elle s’est elle-même persuadée. »
Selon l’accusation, cette hostilité latente est encore montée d’un cran lorsque Roger Dejoux a hébergé sa nièce de cœur, la compagne de David Gonzalez, après des violences conjugales qu’elle a dénoncées quelques jours avant le crime. « Le mobile de l’accusé, c’est la haine », a déclaré la magistrate.
« Lorsque votre compagne vous a quitté, elle a raconté que vous l’avez harcelée de messages insultants et menaçants et que vous avez également contacté à plusieurs reprises son oncle », a souligné la présidente de la cour. Les débats se sont alors concentrés sur les heures qui ont précédé le drame.
Un cocktail explosif
Le 3 juin, Roger Dejoux s’est rendu chez la mère de l’accusé dans l’intention de le trouver pour lui demander de cesser d’importuner sa nièce. Mais la confrontation a dégénéré. Selon plusieurs témoins, David Gonzalez s’est jeté sur Roger Dejoux et l’a frappé avec une antenne de voiture. Lors de son procès, l’accusé a affirmé au contraire avoir été blessé. « Il avait un couteau et m’a touché au thorax. »
La nuit suivante, David Gonzalez a consommé de la cocaïne à outrance malgré son traitement de substitution et n’a pas fermé l’œil. Un cocktail explosif. « Le lendemain matin, vous avez insisté pour que votre ex-compagne vienne vous chercher en voiture pour vous conduire acheter des cigarettes », a poursuivi la présidente. La jeune femme s’est alors exécutée par crainte, selon elle, mais a voulu retourner à l’appartement de son oncle pour y récupérer son sac à main.
« Elle vous a demandé de l’attendre dans la voiture. C’est là qu’elle dit que vous êtes arrivé comme une furie dans l’appartement et que vous vous êtes acharné sur son oncle. » Parvenue à s’extirper de cette scène de violence, la femme a alors alerté les secours tout en dénonçant son ex-compagnon.
La défense plaide la relaxe
Si l’accusé a toujours nié avoir tué Roger Dejoux à coups de démonte-pneu depuis son arrestation, il a fini par dire qu’il ne se souvenait de rien à l’audience. « J’étais éclaté ce jour-là. » Pourtant, plusieurs éléments accablants ont été soulignés par le ministère public.
« Lorsque les pompiers et la police sont arrivés sur les lieux du crime, la porte du logement était fermée à clef », a détaillé l’avocate générale. « Or, ces clefs ont été retrouvées dans la sacoche de l’accusé au moment de son interpellation. Tout comme ses empreintes non loin du corps de la victime. » La magistrate a requis 30 ans de réclusion criminelle, assortis d’une peine de sûreté de 20 ans à l’encontre de David Gonzalez.
Face à ces arguments, la défense a tenté d’installer le doute dans l’esprit des jurés et a plaidé la relaxe. « On vous dit beaucoup de certitudes. Dans ce dossier, il y a pourtant des zones d’ombre », a plaidé Me Loréa Chipi. Et de décrire l’enfance chaotique de son client et « les addictions qui le rongent. » Mais aussi la relation toxique qu’il entretenait avec sa compagne qui l’aurait en quelque sorte manipulé.
Après trois heures de délibéré, David Gonzalez a été reconnu coupable et condamné à 25 ans de réclusion criminelle, avec une période de sûreté fixée aux deux tiers de la peine.