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Bagnères-de-Bigorre – Carnet noir – Adishatz Lucho


Pendant plus de trente ans, il a raconté la vie de la Bigorre avec passion, discrétion et une profonde humanité. Derrière son appareil photo, son carnet de notes ou son clavier, Christophe Ruiz a été le témoin des grands événements comme des petits instants qui font l’histoire d’un territoire. Journaliste de terrain, amoureux de son métier et doté d’une belle plume, il laisse le souvenir d’un professionnel respecté et d’un homme profondément attaché à celles et ceux dont il racontait les histoires. Aujourd’hui, la presse locale perd l’une de ses plus belles signatures.

Il y a des femmes et des hommes qui racontent un territoire. D’autres qui le vivent, le parcourent, l’écoutent et lui donnent une voix. Christophe Ruiz faisait partie de ceux-là. Journaliste de terrain, passionné jusqu’au bout par son métier, il laisse derrière lui des milliers d’articles, de rencontres et de souvenirs. À Bagnères-de-Bigorre, en Haute-Bigorre, dans les vallées et bien au-delà, nombreux sont ceux qui auront croisé sa silhouette, son appareil photo ou son carnet de notes. Aujourd’hui, c’est une page du journalisme local qui se tourne.

Une passion chevillée au cœur

« L’amour que je porte à mon métier ». Cette phrase résume sans doute le mieux le parcours de Christophe Ruiz. À partir de 1995, il exerce comme correspondant de presse pour La Dépêche du Midi. Puis, de 2001 à 2022, il devient journaliste professionnel, chez nous, à La Semaine des Pyrénées. Pendant plus de vingt ans, il sillonne le département avec une curiosité intacte. Tarbes, Lannemezan, Lourdes, la vallée des Gaves, Bagnères-de-Bigorre et toute la Haute-Bigorre deviennent son quotidien. Derrière chaque manifestation, chaque conseil municipal, chaque portrait ou chaque fait de société, il y avait le même souci : raconter au plus près la vie des habitants.

Un hasard qui change une vie

C’est une anecdote qu’il racontait volontiers. Alors qu’il était correspondant pour le groupe Dépêche, Christophe faisait de l’auto-stop. Ce jour-là, c’est Pierre Gardères, alors directeur de La Semaine des Pyrénées, qui s’arrête pour le prendre en voiture. Le hasard fait parfois bien les choses. Cette rencontre marquera le début d’une longue aventure au sein de notre hebdomadaire, où il exercera durant de nombreuses années, devenant l’une des signatures reconnues du journal.

Une plume déjà bien affirmée

Bien avant sa carrière professionnelle, Christophe avait déjà le goût de l’information. En 1995, avec des jeunes de son quartier, Rachid Ben Saïd, Amar Derbal et Christophe Guarinos, il participe à la création de Spakxx, un magazine entièrement imaginé par des Bagnérais et destiné aux 15-25 ans. L’aventure est ambitieuse. La petite équipe réalise des interviews de personnalités de passage dans les Hautes-Pyrénées. Parmi leurs rencontres figurent Albert Delègue, natif de Mérilheu, la chanteuse suédoise Indra, ainsi que les Négresses Vertes lors d’un concert à Lannemezan, où encore, Lionel Jospin à l’hôtel Saint-Vincent de Bagnères-de-Bigorre, alors accueilli par Josette Durrieu et Pierre Forgues. En évoquant cette période, Christophe Ruiz gardait un souvenir amusé de son expérience de rédacteur en chef, menée avec enthousiasme et l’insouciance de la jeunesse.

Lourdes, un souvenir gravé à jamais

Au fil de sa carrière, il a couvert d’innombrables événements. Pourtant, un reportage occupait une place particulière dans sa mémoire. À l’occasion du décès du pape François, il avait partagé ce souvenir qui, selon ses propres mots, resterait « le plus grand souvenir de sa carrière ». En août 2004, il couvre pour la Semaine des Pyrénées, la seconde visite de Jean-Paul II à Lourdes, après celle de 1983. Il ne s’agissait pas, écrivait-il, d’une question de foi, lui qui précisait ne pratiquer aucune religion. Ce qu’il retenait avant tout, c’était le privilège d’avoir croisé la route d’un homme qui avait marqué le XXe siècle, au-delà même de son rôle de chef religieux. Le week-end du 15 août 2004 restera pour lui un moment exceptionnel, partagé avec ses collègues et les journalistes de la presse locale. Plusieurs des photographies qu’il réalisa à cette occasion figureront dans l’ouvrage Jean-Paul II et Lourdes. « Il y a des événements qui marquent à jamais », écrivait-il.

Une nouvelle aventure avec B2B

En 2022, c’était une nouvelle page de son parcours professionnel. Il créait en effet son propre média en ligne : B2B. Fidèle à sa conception du journalisme de proximité, il poursuivait son travail avec la même passion, la même curiosité et cette volonté constante d’informer au plus près du terrain.

Adishatz, Lucho…

Christophe Ruiz avait une belle plume. Mais au-delà des mots, il savait surtout écouter les autres, raconter les histoires ordinaires qui font la richesse d’un territoire et mettre en lumière celles et ceux qui le font vivre. Aujourd’hui, les colonnes qu’il a tant remplies paraissent un peu plus silencieuses. À sa famille, à ses proches, à ses amis et à tous ceux qui ont partagé un morceau de route avec lui, nous adressons nos plus sincères pensées. Adishatz, Lucho.

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