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Tarbes. ENTRETIEN. « C’est un défi par amour du club « , Johan Paulet entraîneur des arrières se confie sur le renouveau du Stado en Fédérale 3
Après une saison dernière particulièrement éprouvante marquée par le dépôt de bilan, le Stado, de retour à l’entraînement cette semaine, entame sa reconstruction. Entre le défi du recrutement, l’adaptation à la Fédérale 3, Johan Paulet, entraîneur des arrières, se confie sur ce nouveau projet.
Johan, comment s’est passé votre été, comment avez-vous vécu cette saga sur la relégation et la reconstruction ?
Au départ, j’étais un peu dans l’inconnu, donc cela a pris pas mal de temps. Les présidents m’ont recontacté il y a à peu près deux mois. Quand ils m’ont annoncé qu’ils voulaient que je continue avec les seniors, je savais qu’il y avait déjà un très gros chantier à faire. Avant de prendre ma décision définitive, j’ai quand même appelé un petit peu les gens que je connaissais autour du club pour savoir s’ils étaient prêts à se lancer avec moi dans ce projet. Il y avait aussi Hans (Hans Grobler, « NDLR ») qui était en place. Je me suis finalement lancé quand j’ai vu que les démarches pouvaient aboutir à quelque chose de vraiment bien au niveau du recrutement.
C’est un défi personnel que vous vous lancez, ou plutôt une revanche dans votre carrière d’entraîneur après la saison dernière ?
Personnellement, j’avais très mal au cœur de voir le club dans cette situation. Je ne savais même pas si nous allions pouvoir repartir. C’est un challenge personnel, oui, mais c’est surtout pour essayer d’aider au maximum le club à remonter et à pouvoir rejouer des matchs rapidement. Parce que là où ça en était resté, c’était très mal embarqué. Quand on a commencé à travailler sur la saison, je crois qu’il n’y avait que cinq joueurs qui voulaient signer, le travail de recrutement à abattre était titanesque. Après, oui, il y a aussi une forme de revanche personnelle par rapport à la saison dernière qui a été très compliquée, bien sûr.
On sent que c’est presque par amour du club que vous êtes là cette année. On se doute que vous auriez pu aller entraîner plus haut…
Oui, c’est vrai, j’aurais pu entraîner plus haut. Mais je n’avais pas du tout envie de partir d’ici (rires). Je voulais rester et aider. J’ai du mal à quitter ce club, cela fait maintenant très longtemps que j’y suis (rires). C’est dur pour moi de m’en détacher. Et je suis vraiment très content de voir que ce soir (mercredi, « NDLR »), il y aura énormément de monde pour assister à l’entraînement. Franchement, ça fait chaud au cœur et ça valide notre choix de rester.
Comment prépare-t-on une saison de Fédérale 3 pour vous qui ne connaissiez pas ce niveau ?
Déjà, notre priorité absolue, c’était de trouver des joueurs, parce qu’il n’y en avait plus du tout dans l’effectif. Donc, il a fallu faire appel aux gens qu’on connaît, aux profils qui aiment sincèrement le club et qui veulent repartir à fond sur un nouveau projet. Les tout premiers qui ont dit oui partaient eux aussi dans l’inconnu la plus totale. Ils ont accepté de nous faire confiance, et c’est cela qui a véritablement lancé notre dynamique de recrutement. Les autres ont suivi dans la foulée. Mais pour préparer tout ça, il fallait impérativement valider ce groupe. Après, il faut s’adapter aux spécificités du niveau. Hans connaît bien la Fédérale 3. Moi, je la connais moins, donc il faut que je me renseigne sur les changements de règles, sur la différence d’attitude qu’on va devoir adopter sur le terrain, sur plein de détails techniques. Il faut s’adapter, tout simplement.
Après la saison dernière très compliquée, vous repartez avec de nouveaux entraîneurs et de nouveaux présidents. Sentez-vous que l’environnement est plus sain aujourd’hui ?
Je sens clairement que l’environnement est beaucoup plus sain, et on ressent surtout un véritable engouement autour de nous. Je m’en aperçois concrètement quand on passe des coups de fil pour avoir des bénévoles. On a besoin de bénévoles pour nous aider sur plein de tâches logistiques au quotidien, comme amener le matériel sur le terrain ou remplir les gourdes. L’année dernière, si on en avait quatre ou fins à nos côtés, c’était le bout du monde. Cette année, on a déjà le double. Et je pense que c’est visible à tous les niveaux du club. Il y a un sursaut des amoureux du Stado qui veulent donner un coup de main pour redresser la barre.
Avec la refonte des championnats l’année prochaine, il n’y aura pas de réelle promotion. Est-ce que le passage à des poules purement nationales ne peut pas paradoxalement vous aider à tourner la page ?
Nous, ce qu’on regarde avant tout, c’est le nombre de niveaux qu’il nous reste à franchir pour retrouver un standing intéressant, pour se rapprocher le plus possible du niveau où on évoluait. Même s’il n’y a pas de montée immédiate cette saison, la refonte fait qu’on va se rapprocher de là où on était. C’est cela qui nous intéresse : remettre le club à sa juste place.