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TÉMOIGNAGE. Il a démarré avec un apprenti : douze ans plus tard, ce coiffeur de Tarbes à succès s’apprête à embaucher un septième salarié dans son nouveau salon
Depuis douze ans, Cyril Daria Castillo reçoit ses clients sans rendez-vous dans son petit salon rue Saint-Jean, à Tarbes. Aujourd’hui, il s’apprête à déménager dans un plus grand local, route de Lourdes, et à embaucher un septième salarié, lui qui a démarré de zéro, avec un seul apprenti. Voici sa success-story.
Petit garçon, il se rêvait coiffeur. Aujourd’hui, ses rêves sont devenus tellement grands qu’il doit ouvrir un nouveau salon. À Tarbes, Cyril Daria Castillo s’est installé il y a douze ans rue Saint-Jean. Un « salon de quartier » comme il se plaît à le penser, qui n’a l’air de rien et pourtant. Ici, les 48 m² sont devenus trop petits. Il faut pousser les murs. « Ça a pris une ampleur que je n’aurais jamais imaginée. Je ne m’attendais pas du tout à ça, je ne voyais pas les choses aussi grandes », concède le coiffeur. Lui qui a renoncé à son ambition, deux ans durant, en se consacrant à des études de vente. « À ce moment-là, être un homme dans le milieu de la coiffure était encore un tabou. J’avais un peu honte, un peu peur des moqueries », se souvient-il.
Cyril Daria Castillo est un Tarbais qui n’a pas fait de croix sur son ambition en choisissant, finalement, un CAP puis un brevet professionnel dans la coiffure. Sa langue à lui, c’est le cheveu. « Tu peux faire une moitié 6.1 et une moitié 7.1 avec des volumes pour tout uniformiser et rattraper la barre foncée au milieu », conseille-t-il dans un langage codé, ce mardi, à l’un de ses salariés. À 30 ans, après plusieurs années d’expérience dans une franchise et un CV rempli de shooting photo et de défilés, le Bigourdan décide de prendre son envol en montant son propre salon. « Je commence à me spécialiser dans l’artistique, c’est-à-dire les chignons, le visagisme, le relooking… », raconte-t-il alors. Au moment de sauter le pas, le Pyrénéen hésite encore : « J’avais peur de me retrouver tout seul ».
Un concept : sans rendez-vous
Avec son premier apprenti, il accueille les clients dans les locaux qu’il vient de racheter. Au bout de deux ans, il embauche l’apprenti coiffeur. Puis, un deuxième, deux ans plus tard, puis un troisième. Et ainsi de suite jusqu’à atteindre, aujourd’hui, six employés. La preuve du succès. Et ce n’est pas fini. « Un 7e recrutement est en cours dans le cadre du déménagement. Nous avions besoin de davantage d’espace et nous nous installerons, en octobre, route de Lourdes dans un bâtiment de 200 m² », indique le coiffeur de 42 ans. Depuis douze ans, sa marque de fabrique, inchangée, a porté ses fruits : Cyril Daria Castillo reçoit sans rendez-vous. Un fonctionnement particulièrement rare pour les salons indépendants comme le sien. « Déjà, ça nous permet de ne pas être en retard sur les clients. Ensuite, contrairement aux idées reçues, on prend le temps de conseiller et d’aller jusqu’au bout de la prestation, chose qu’on ne peut pas toujours se permettre avec une organisation sur rendez-vous », détaille-t-il.
Exit donc, à partir de la rentrée, le petit salon de quartier rue Saint-Jean. « J’avais envie de proposer un concept de bien-être intégral en réunissant plusieurs aspects de la beauté sur place : manucure, maquillage et headspa, pour commencer », précise-t-il. Un nouveau défi ? « Oui, mais surtout la continuité de notre réussite ». Pendant ce temps, et jusqu’en novembre, le professionnel se consacre tous les samedis aux coiffures des mariés avec un agenda de ministre. L’année prochaine, 12 dates sont déjà réservées. D’ici là, Cyril Daria Castillo se sentira moins à l’étroit, dans son nouveau studio.