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Néouvielle : la plaque des trois disparus de l’avalanche de 1976 retrouvée 50 ans après l’accident
La plaque commémorative dédiée à Jacques Lagrave, Alain Cavaillole et Jean Lacrouts, disparue depuis des décennies dans le massif du Néouvielle, a été retrouvée par les Amis du Parc national des Pyrénées. Cette découverte émotive, fruit d’une année de recherches, permet de renouer avec un lieu de mémoire essentiel pour les proches des victimes.
Elle semblait avoir disparu. Perdue dans l’immense chaos granitique qui s’étend au pied de la brèche du Contadé, au cœur du massif du Néouvielle, la plaque commémorative dédiée à Jacques Lagrave, Alain Cavaillole et Jean Lacrouts vient d’être retrouvée, 50 ans après le drame qui leur a coûté la vie. Une découverte chargée d’émotion, fruit de plus d’une année de recherches menées par les Amis du Parc national des Pyrénées (APNP).
Le souvenir de l’accident reste gravé dans la mémoire des montagnards pyrénéens. « C’est un drame qui a marqué l’histoire du pyrénéisme, à une époque où la pratique de la montagne était plus confidentielle qu’aujourd’hui où il y a plus de monde dans le massif », souligne Benoît Lalanne, chargé de communication des Amis du Parc national des Pyrénées. En effet, le 17 avril 1976, alors que les trois hommes évoluent dans le secteur de la brèche du Contadé, une avalanche les emporte. Les secours sont rapidement engagés, mais ne peuvent que constater le drame. À l’époque, la presse régionale souligne la violence de l’accident et rappelle que le printemps demeure l’une des périodes les plus délicates en haute montagne, lorsque le redoux fragilise un manteau neigeux encore abondant.
Lieu de recueillement
Quelques mois plus tard, les familles décident de faire poser une plaque sur les lieux de l’avalanche. Plus qu’un simple hommage, ce monument discret devient un lieu de recueillement pour les proches et les amis. Mais, au fil des décennies, la montagne reprend ses droits. Les repères disparaissent, les souvenirs s’estompent et l’emplacement précis de la plaque finit par se perdre.
L’idée de la retrouver naît de la volonté de Valérie Lagrave, nièce de Jacques Lagrave et adhérente des APNP. Très vite, plusieurs membres de l’association se joignent à cette quête de mémoire. Commence alors un véritable travail d’investigation : consultation des articles publiés en 1976, recherche dans les archives, échanges avec d’anciens secouristes, recueil de témoignages et étude des itinéraires empruntés à l’époque. Malgré ces nombreuses démarches, aucune certitude ne permet de localiser la plaque.
Le hasard va finalement jouer un rôle déterminant. En publiant des photographies du secteur sur Facebook, Jean-Pierre Mégias suscite une réaction inattendue. Deux jeunes randonneurs lui indiquent avoir aperçu une plaque commémorative lors d’une sortie, sans en connaître l’histoire. L’information est aussitôt transmise aux APNP, puis à Vincent Hervé, fils d’un adhérent de l’association et excellent connaisseur du massif.
Parti seul sur le terrain, il entreprend une reconnaissance minutieuse. Dans cet univers minéral où des milliers de blocs de granit se ressemblent, chaque détail compte. Après plusieurs heures d’observation, son regard est attiré par un rocher différent des autres. La plaque est bien là, toujours solidement scellée, comme oubliée par le temps.
Quelques jours plus tard, les membres des APNP rejoignent les lieux, guidés par Vincent Hervé. L’émotion est palpable. Pour les proches des victimes, cette redécouverte dépasse largement le simple fait de retrouver une plaque. Elle permet de renouer avec un lieu de mémoire que beaucoup pensaient perdu à jamais.
Au-delà de son caractère symbolique, cette histoire rappelle combien la mémoire de la montagne repose aussi sur celles et ceux qui la parcourent, la racontent et la transmettent. En retrouvant cette plaque, les Amis du Parc national des Pyrénées redonnent une visibilité à trois noms que le massif du Néouvielle n’avait, lui, jamais vraiment oubliés : Jacques Lagrave, Alain Cavaillole et Jean Lacrouts.