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Il a collé ses lèvres contre les siennes et a mis les mains dans son caleçon : jugé pour attouchements sexuels, il s’effondre en plein tribunal
Un ancien entraîneur de foot a été condamné pour avoir commis des attouchements sexuels sur ses élèves, lors de séances de relaxation, en marge des stages et des entraînements qu’il prodiguait.
Il a perdu 10 kg en une semaine, depuis plusieurs années, il fait des cauchemars toutes les nuits et a dû arrêter sa passion pour le foot : pour Jean-Louis (les prénoms ont été modifiés par souci de confidentialité), les faits qu’il a subis en 2017 sont irréversibles.
Comme toutes les victimes qui se sont constituées parties civiles dans cette affaire, il venait, souvent de loin, pour suivre les formations reconnues de l’académie des gardiens de but à Bagnères-de-Luchon. Et notamment de son directeur et coach sportif Robert Jean qui a déménagé avec son fils qui lui a succédé, à Argelès-Gazost.
Le prévenu blêmit et soudain s’effondre, pris d’un malaise, sans doute sous le coup de l’émotion et du poids des charges qui pèsent sur lui. Évacué par les pompiers, il ne pourra pas s’expliquer plus longtemps sur ses agissements mais aura le temps de déclarer : « Je n’avais aucune intention d’abuser de ces jeunes ».
En plus des entraînements intensifs, l’entraîneur de foot incriminé organisait en catimini des séances de sophrologie ou de relaxation, très tard dans la soirée, souvent autour de minuit, dans sa chambre d’hôtel.
« Un soir de 2017, il m’a invité à m’allonger sur son lit pour une séance de sophrologie, raconte Jean-Louis lors de son audition à la gendarmerie. Sa main gauche caressait mon torse et mon ventre tandis que sa main droite descendait vers mon sexe au niveau du pubis, par-dessus mes vêtements ».
« D’autres faits plus anciens encore, sont assortis d’une connotation sexuelle assez marquée » précise la présidente Lucile Pichenot.
« Il m’a demandé si je voulais côtoyer les étoiles »
« Des faits à caractère sexuel perpétrés sur une décennie sur des jeunes de générations différentes qui ne se connaissent pas et qui décrivent le même mode opératoire » qui sont la preuve de sa culpabilité, selon le procureur de la République Zélie Robert.
Lors d’un stage d’été en 2010, à Alain présent dans la salle, il a collé ses lèvres contre les siennes et a mis la main dans son caleçon « une dizaine de secondes ».
Sidéré, le jeune homme garde le silence pendant dix ans. « Comme je pensais que c’était un moment d’égarement d’un vieil homme seul, je n’en ai parlé à personne » déclare à la barre la victime qui a aujourd’hui 31 ans et qui selon son avocat « n’est pas dans une démarche d’accabler » celui qu’il considère toujours comme « un bon entraîneur ».
Un autre soir de 2018, Mathieu s’est retrouvé « allongé dans le lit de son entraîneur qui l’avait hypnotisé pendant trois heures », lors d’une nouvelle séance où il a eu les mains baladeuses et « m’a demandé si je voulais côtoyer les étoiles ». Une jeune fille a également subi les agissements du vieil homme lorsqu’il a tenté de s’allonger sur elle pour lui faire des câlins et se montrer particulièrement tactile.
Dans une première audition, l’entraîneur incriminé va reconnaître ses séances de « lâcher-prise » mais pour lui, « il n’y avait aucune intention sexuelle » et il réfute toute tendance pédophile.
Relaxé des faits d’agression sexuelle
Dans un second temps, il continue à contester les faits, mais il reconnaît avoir mis une main sur le sexe d’Alain, tout en se défendant des autres gestes « déplacés ».
Il déclare même que la jeune fille veut se venger de lui, par jalousie. Mais il finit par « reconnaître pleinement les faits » comme le confirme son avocate Me Chipi qui se fait son porte-parole : « Je n’ai pas voulu faire du mal mais j’ai conscience que j’ai fait du mal ».
Le tribunal a été moins sévère que les 30 mois d’emprisonnement assortis d’un sursis probatoire d’une durée de deux ans : « relaxant le prévenu des faits d’agression sexuelle tout en le déclarant coupable des autres faits, il a assorti la peine de deux ans de prison d’un sursis probatoire de deux ans comme l’avait demandé Me Chipi, avec obligations de soins et d’indemniser les victimes, interdiction de toute activité en contact avec les mineurs « à titre définitif » et inscription au fichier des délinquants sexuels.