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ENTRETIEN. » C’est un département avec une multitude d’enjeux différents » : Sylvie Martin-Guedes est la nouvelle procureure de Tarbes
Sylvie Martin Guedes a été nommée procureure de la République à Tarbes et installée officiellement ce lundi 22 septembre. La magistrate de 47 ans qui succède à Bérangère Prud’homme, disparue en mars 2025, était déjà procureure à Bergerac. Dans les Hautes-Pyrénées, elle compte s’attaquer à la délinquance en milieu rural et à la préservation de l’environnement.
Vous étiez encore procureure à Bergerac jusqu’à cet été. Sur quels dossiers avez-vous travaillé ?
J’étais procureure à Bergerac de septembre 2021 et jusqu’à août 2025. C’est une juridiction un peu plus petite que celle de Tarbes. J’ai essayé de mettre en place pas mal de choses notamment la procédure pénale numérique puisque la justice est en train de se moderniser mais également la lutte sur des sujets de politique pénale comme la lutte contre les violences intrafamiliales, l’environnement. Ça a été aussi l’un de mes chevaux de bataille parce qu’un gros patrimoine naturel à protéger avec des zones Natura 2000, ce n’est pas toujours simple.
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Avant d’être nommée à Bergerac, vous avez connu d’autres juridictions mais aussi d’autres postes…
Avant Bergerac, j’étais vice-procureure placée auprès du procureur général de Bordeaux. C’est l’équivalent de l’intérimaire de la justice, c’est-à-dire qu’on est placé auprès du procureur général, donc qui est basé à la cour d’appel, et qui dispose d’une équipe de magistrats et qui vient renforcer les juridictions qui peuvent être en difficulté. Donc j’ai fait ça pendant quatre ans, et ça m’a permis d’acquérir une véritable expérience de terrain. J’ai vu toutes les tailles de juridiction, c’est-à-dire les petits parquets à 3, comme les gros parquets comme Bordeaux à 35. J’ai également été vice-procureure à Périgueux pendant trois ans. Et avant ça, j’étais six ans au parquet de Bordeaux en tant que substitut. Mon tout premier poste, c’était juge de l’application des peines à Bressuire dans les Deux-Sèvres.
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Quelles sont les raisons qui vous emmènent à Tarbes ?
Le hasard. Je suis très attachée au sud-ouest puisque je suis d’origine bordelaise. Au moment où je commençais à regarder ma future destination pour mon prochain poste, le poste de Tarbes s’est libéré dans les conditions que l’on connaît. J’ai commencé à m’intéresser au département, à la taille de la juridiction. Et j’ai contacté notre service des ressources humaines qui a trouvé que j’avais un bon profil.
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Une maison d’arrêt à Tarbes, un centre pénitentiaire à Lannemezan et un département frontalier avec l’Espagne… Que vous évoque ce nouveau territoire ?
C’est un département avec une multitude d’enjeux différents. On a des villes de taille moyenne, comme Tarbes ou Lourdes, qui ont des problématiques très spécifiques qui fonctionnent comme des gros centres urbains, donc on va avoir de la délinquance de voie publique, des trafics de stupéfiants et des violences intrafamiliales. Et puis à côté de ça, vous avez des communes de taille moyenne, plus rurales, qui se trouvent confrontées à de nouvelles problématiques, un peu similaires, puisque maintenant avec les réseaux sociaux, on a aussi du trafic de stupéfiants, des cambriolages et le même sentiment d’insécurité qui peut se développer. Concernant l’Espagne, nous travaillons avec les services d’enquête espagnols. Preuve de leur implication, le consul d’Espagne était présent, lundi, à l’audience d’installation.
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Vous êtes également particulièrement sensible aux espaces naturels protégés…
Je pense que tous les habitants des Hautes-Pyrénées sont attachés à leur montagne, à la préservation de ces espaces-là, et peuvent se sentir envahis même si le mot est fort. Là, j’ai un rôle à jouer avec mes services d’enquête dédiés, comme l’OFB, l’Office français pour la biodiversité.
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Et à part la justice, de quoi votre vie est-elle remplie ?
Je fais du trail, de la randonnée et de la course à pied. C’est d’ailleurs ce qui m’a séduite dans les Hautes-Pyrénées. Cela me permet de sortir de mon quotidien et d’évacuer tout ce que l’on peut accumuler comme tensions.