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« À cause de vous, il peut y avoir une énorme erreur judiciaire » : la présidente du tribunal de Tarbes fait la leçon à un chauffard condamné pour délit de fuite
Un jeune homme qui a lâchement abandonné son camarade après un délit de fuite, alors qu’il venait de provoquer un accident de la route, le 18 octobre 2023 quartier de l’Arsenal à Tarbes, était jugé au tribunal correctionnel.
La barbe permet-elle de reconnaître un individu avec certitude ? Pas si sûr.
Pourtant désigné formellement par des témoins et la victime parmi les différents portraits proposés par la police, Jérôme (les prénoms ont été modifiés par souci de confidentialité) n’était vraisemblablement pas le jeune homme qui était au volant de la voiture qui a percuté une autre conductrice, Christelle, le 18 octobre 2023 autour de 20 heures, avenue des Forges à l’Arsenal, avant de prendre la fuite.
« La victime s’est plainte d’avoir été percutée par un véhicule qui n’avait pas respecté un stop, qui roulait vite et qui faisait crisser les pneus » résume la présidente du tribunal correctionnel.
Le véhicule fou ne s’est pas arrêté et les policiers alertés de l’incident, l’ont retrouvé stationné sur un parking, dans les environs immédiats. Juste à côté, il y avait un seul jeune homme.
Contrôlé avec un taux d’alcoolémie de 0,70 g par litre d’air expiré, Jérôme, le supposé conducteur, s’est autodénoncé pour protéger son camarade qui conduisait pourtant le véhicule.
Le prévenu prétend que les policiers n’ont pas voulu le recevoir
Quelques minutes avant l’interpellation de Jérôme et son placement en garde à vue, Alain avait pris la fuite en courant et surtout en abandonnant son camarade sur place alors que c’est bien lui qui était au volant.
« Vous êtes un danger public, l’a tancé la présidente du tribunal correctionnel Lucile Pichenot. À cause de vous, il peut y avoir une énorme erreur judiciaire. Cela ne vous dérange pas de laisser la justice condamner quelqu’un d’autre à votre place ? ».
Port d’arme, violences en réunion, suspension du permis suite à une conduite sous stupéfiants à Lafitole le 6 septembre 2024 : le passé judiciaire d’Alain n’est pas exempt de reproches.
Les deux acolytes avaient effectué la tournée des bars avant de rentrer en collision avec la victime mais on ne saura jamais si Alain était aussi ivre que Jérôme.
Me Sagardoytho, l’avocat de Jérôme, a eu beau de souligner que son client, sans doute pris de remords, s’était rendu au commissariat « le lendemain de la garde à vue de son camarade pour être entendu » et qu’il prétendait que les policiers n’avaient pas jugé nécessaire de le recevoir.
Suivant de près les réquisitions du procureur de la République, le tribunal a prononcé la relaxe de Jérôme tandis qu’il a prononcé la peine de 100 jours d’amende à 10 € pour Alain ainsi que la suspension de son permis de conduire pendant huit mois.