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Des coups de couteau pendant une soirée arrosée : un homme jugé par la cour d’assises pour tentative de meurtre
Mickaël D. est jugé ce lundi 13 octobre et ce mardi 14 octobre par la cour d’assises des Hautes-Pyrénées. Il est accusé d’avoir porté trois coups de couteau à l’un de ses amis, en septembre 2023, lors d’une soirée à Saléchan, et de violences sur sa compagne. L’homme encourt jusqu’à trente ans de réclusion criminelle.
Il demande à s’excuser alors que l’audience n’a pas encore commencé. Ce lundi 13 octobre, Mickaël D., 43 ans, est jugé par la cour d’assises des Hautes-Pyrénées pour tentative de meurtre et violences. Il ne s’en souvient pas très bien mais les faits remontent au dimanche 24 septembre 2023. Plus précisément, dans la nuit du samedi au dimanche, à 1 heure du matin, une soirée organisée entre Mickaël D., sa conjointe et un couple d’amis vire au fiasco. Ici, dans le petit village de Saléchan, après avoir bu plus d’une bouteille de whisky en s’amusant sur un karaoké, l’accusé prend la mouche. Une musique choisie par son ami l’irrite un peu. Contrarié, il monte dans sa chambre. Son ami croit bien faire et le rejoint. » Je vais le voir en bon copain, pour lui dire Allez, ne fais pas la tronche pour si peu et redescend avec nous « , se souvient la victime.
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Il n’a pas le temps de lui dire quoi que ce soit : Mickaël D. sort un couteau de sa poche et le poignarde sur la joue, puis dans le cou, puis encore au niveau de la clavicule. Le sang gicle sur le plancher et sur les murs. » Je l’ai vu descendre les escaliers recouvert de sang, il a levé le bras et j’ai aperçu un jet de sang « , raconte à la barre, la compagne de la victime, encore catastrophée. Elle attrape le premier tee-shirt qu’elle trouve pour lui faire un point de compression. Mais très vite, elle se rend compte qu’elle ne pourra pas contenir l’hémorragie toute seule. Surtout que » le sang coule de partout, il y en a tellement que je n’arrive pas à voir où sont situées les plaies « . Elle tente de joindre les pompiers. Finalement, c’est la mère de son compagnon qu’elle appelle à l’aide. La victime est transportée à l’hôpital de Saint-Gaudens puis à Rangueil. Il s’en sortira avec plusieurs points de suture.
Pendant son audition, Mickaël D. confie avoir voulu » protéger son territoire en bon militaire » quand il a vu son ami rentrer dans la chambre. En détention provisoire depuis 2023, il n’a pas changé de version. » J’étais bourré comme un cheval, je ne me rappelle pas que ce soit arrivé. C’est en voyant le couteau rempli de sang sur ma table de nuit, le lendemain matin, que j’ai réalisé ce que j’avais fait « , explique-t-il. L’homme reconnaît les coups de couteau mais nie les violences sur sa compagne dont il est également soupçonné. La compagne de la victime assure notamment avoir vu l’incriminé donner » deux claques » à sa conjointe et lui proférer des menaces. Une scène qui se serait déroulée pendant l’hémorragie de la victime.
» Depuis, je suis sur mes gardes «
En visioconférence et à la barre, les experts décrivent un homme maltraité pendant son enfance qui a conservé une image importante de l’armée (il a été militaire pendant deux ans), mais qui a tendance à fabuler (il raconte avoir intégré la légion étrangère pendant plusieurs années alors qu’il est resté trois jours) et qui est fasciné par les couteaux. L’enquêteur de personnalité observe une » absence d’empathie » quand le psychiatre évoque un profil de « psychopathie « . Aux questions de Sonia Bernes-Cabanne, l’avocate de l’accusé, le spécialiste assure qu’au moment des faits, l’homme n’avait pas d’abolition du discernement.
Sur son dossier, 23 mentions pour délit de fuite, escroquerie, vol en réunion, extorsion avec violences… Mickaël D. a déjà été incarcéré plusieurs fois. Le plaignant, lui, a mis sa vie professionnelle entre parenthèses : » J’ai interrompu mon boulot d’ambulancier parce que ça devenait trop difficile. Depuis cet épisode, j’ai du mal à nouer de nouvelles amitiés. On a déménagé. Je ne fais plus confiance, je suis sur mes gardes « . Il s’interrompt et puis reprend, regardant le mis en cause dans les yeux : » Pourtant moi non plus, je n’ai pas eu un parcours facile, j’ai eu une enfance pourrie, j’en ai bavé aussi. Je prends en considération ses excuses mais je reste déçu « .
Lundi, en fin de journée, Mickaël D. apparaît complètement détaché dans le box, mal à l’aise avec les questions du président de la cour d’assises et de l’avocat général. » Moi, je réagis comme les gosses. Quand on me contrarie, je boude « . Ce mardi, la plaidoirie de son avocate est notamment attendue.