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Accident en juillet : un chauffard récidiviste condamné après avoir percuté un couple, « J’ai pensé avoir heurté des animaux » dit-il.
Un accident de la route dramatique a bouleversé la vie d’un jeune couple à Tarbes. Jimmy, au volant sans permis, a percuté leur moto, causant de graves blessures. Condamné à deux ans de prison, il devra indemniser les victimes.
Pour Jimmy*, ce ne sont pas Amélie et Marc qu’il a percutés, le 5 juillet dernier, rue Kléber, à Tarbes, mais « des animaux ». Ce n’est pas un jeune couple, en balade à moto, qui a été projeté en l’air sous le choc et qui a atterri dans le fossé, mais « des animaux ». Jimmy redit à la barre qu’il n’a rien vu car il était sur son téléphone portable au volant de l’Espace de sa sœur. Dans sa déclaration à la police, Amélie, elle, a bien vu « la lumière du portable sur le visage de Jimmy ». Marc et Amélie ont vu l’Espace, qui roulait en sens inverse, fondre sur eux. Marc, qui pilotait la moto, a tenté d’avertir le conducteur en faisant ronfler la moto et en faisant des signes. En dernier ressort, afin d’éviter une collision frontale, il a couché la moto au sol. Sur le choc, côté conducteur de l’Espace, le rétroviseur de cette dernière a notamment été arraché. « Si cela avait été un animal, vous l’auriez vu » relève Élisabeth Gadoullet, présidente honoraire du tribunal. Et d’ajouter : « Votre explication ne tient pas une seconde. Quand bien même cela aurait été un animal, vous ne vous arrêtez pas. Mieux, pourquoi vous accélérez ? » Jimmy se contente de répondre qu’il était « concentré sur le téléphone ». La présidente Gadoullet cite alors la déposition d’Amélie : « Au dernier moment, il a levé la tête. Il nous a vus ». Et pourtant « Vous avez filé. Ils ont été projetés dans le fossé. Vous ne pouvez pas ne pas les avoir vus » insiste Élisabeth Gadoullet. Jimmy répond encore par la négative. « Vous téléphoniez à qui ? C’était si important, plus que de regarder la route », interroge la présidente. « Oui, c’était ma copine ». Après l’accident, un témoin a croisé l’Espace qui roulait à vive allure. « Il a pensé que vous étiez poursuivi par la police. Quand il a vu les victimes dans le fossé, il a compris » indique Élisabeth Gadoullet. Reste que Jimmy a poursuivi son chemin et que même après des semaines, il ne s’est pas manifesté auprès de la police. Les victimes ont lancé un appel à témoins sur les réseaux sociaux qui a porté ses fruits. L’Espace a été en partie identifiée à Juillan et cela a permis de remonter jusqu’à la sœur de Jimmy. « Sans cela, vous seriez tranquille. On vous a pourtant informé qu’ils avaient été grièvement blessés. Qu’est-ce que cela vous a fait ? » demande la magistrate. « Si, ça m’a fait mal » répond Jimmy. Mais pas au point de se rendre à la police. « Je veux m’excuser auprès des personnes. Je suis désolé d’être parti » bredouille Jimmy.
« J’ai vécu des mois terribles »
Avec courage et dignité, Amélie vient dire à la barre que les cinq derniers mois ont été les plus durs de sa jeune vie. « J’ai perdu mon travail, une partie de ma dignité. J’ai vécu des mois terribles ». Elle loue l’accompagnement de Marc qui l’a aidée à se reconstruire.
Amélie a eu de multiples fractures et 120 jours d’ITT. Elle a dû porter un corset pendant 2 mois et est restée deux mois en fauteuil. Marc, lui, a notamment eu une fracture à une cheville et 30 jours d’ITT.
Me Clémence Vignères, avocate des deux victimes, souligne que « ce jeune couple a vu sa vie basculer » ce 5 juillet 2025. Et ce, selon le mot de Simon Chardenoux, vice-procureur, par la faute « d’un chauffard », en récidive pour des faits similaires, « qui n’avait rien à faire sur la route car il n’avait plus le permis ». Il roulait sans assurance et « au vu de ses penchants, il était peut-être positif à tout », voilà probablement pourquoi il ne s’est pas arrêté. « Vous avez le tableau parfait du délinquant routier », résume Simon Chardenoux.
Me Christel Marbais, conseil de Jimmy, souligne d’emblée que son client « n’est pas là pour contester sa responsabilité… Il ne donne pas les bonnes explications ». Elle ajoute que lors de l’accident, « il a eu conscience d’un choc. Il a pensé avoir heurté des animaux. Il ne faut pas en conclure qu’il n’est pas sensible à la douleur des victimes ». Et de plaider pour une peine mixte. Le tribunal a condamné Jimmy à 2 ans dont 6 mois avec sursis probatoire pendant 2 ans, avec obligation, d’avoir un travail, de se soigner et d’indemniser les victimes. La juridiction a également ordonné son maintien en détention et la confiscation du véhicule. Il a interdiction de repasser le permis pendant 2 ans. Le dossier a été renvoyé sur intérêts civils au 13 mars 2026.