Actualités Hautes-Pyrénées
les élus de la région Occitanie et du Conseil départemental des Hautes-Pyrénées inquiets
Un foyer de dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNCB) a été confirmé à Luby-Betmont, dans les Hautes-Pyrénées. Cette maladie virale, transmissible entre bovins, entraîne immédiatement des mesures strictes de restriction des mouvements d’animaux. Elus du Département des Hautes-Pyrénées et de la Région Occitanie sont inquiets.
Les élus du département des Hautes-Pyrénées se sont exprimés en séance publique ce vendredi 12 décembre, témoignant d’une inquiétude forte pour l’économie agricole et l’avenir de l’élevage local face à la dermatose nodulaire contagieuse bovine.

Un choc pour les éleveurs déjà en crise
Pour Bernard Verdier, conseiller départemental du canton des Coteaux, vice-président du Département et maire de Castelnau-Magnoac, cette découverte survient dans un contexte rural particulièrement tendu. « Il en va de l’économie de notre département. C’est un véritable drame pour l’exploitant, et forcément, au moment où l’agriculture traverse une crise de fond, il y a un mécontentement, une colère qui sourde dans les campagnes. »
L’élu évoque un cumul de difficultés : revenus fragilisés, impacts du réchauffement climatique, gestion de l’eau, et désormais une maladie qui impose un périmètre de protection de 50 km. « Le rayon de 50 km impacte notre économie. Cela veut dire qu’il n’y a plus de mouvement de vente de bétail. »
Il se dit solidaire des agriculteurs, soulignant que le Département n’a pas compétence économique directe, mais porte la culture de la solidarité : « Il s’agit d’être attentifs à la disparition progressive de l’élevage dans nos territoires. L’agropastoralisme façonne nos montagnes, maintient un tourisme de montagne et évite la fermeture de nos zones d’altitude. L’élevage a une importance capitale. »
Bernard Verdier alerte aussi sur la crise morale que traversent les exploitants, en particulier le manque de renouvellement : « Ils doutent de leur profession et nos jeunes ne sont plus là pour reprendre les exploitations. »

Un marché bovin fermé, mais pas l’ensemble du bétail à Rabastens-de-Bigorre
Véronique Thibault, conseillère départementale du Val d’Adour-Rustan-Madiranais et maire de Rabastens-de-Bigorre, précise les impacts directs sur les infrastructures commerciales locales. « Le marché aux bovins de Rabastens est fermé jusqu’à nouvel ordre. »
Elle tient toutefois à rassurer : « Le marché aux ovins, lui, est maintenu. Je ne voudrais pas que tout le monde pense que le marché au bétail est fermé complètement. »
La fermeture du marché bovin aura des incidences financières, notamment sur les charges de fonctionnement et l’activité des techniciens présents chaque semaine aux côtés des éleveurs.
Le Département dans l’attente d’une évolution de la situation
Pour Michel Pélieu, président du Département, l’heure est à la vigilance et à l’observation de l’évolution sanitaire et financière du dossier. « Il faut voir comment les choses évoluent et comment tout cela est traité sur un plan financier. Il faudra attendre pour savoir si l’intervention du Département s’impose. » Le président a expliqué qu’une éventuelle implication financière du Département dépendra de la suite des événements.
La Région Occitanie réagit

Face à l’urgence sanitaire qui frappe les Pyrénées-Orientales, l’Ariège et les Hautes-Pyrénées, la présidente Carole Delga souhaite rappeler le plein soutien de la Région Occitanie à la filière agricole et aux éleveurs. Sur sa proposition, une aide exceptionnelle pour soutenir les éleveurs touchés par la DNC vient d’être votée par les élus régionaux, réunis en commission permanente ce vendredi 12 décembre. Un dispositif d’urgence, doté de 300 000 €, complémentaire au dispositif de l’Etat, pour reconstituer les cheptels et éviter la disparition d’exploitations essentielles à l’équilibre rural et à la souveraineté alimentaire de notre pays.
Info de dernière minute : Carole Delga vient de demander à la ministre de l’Agriculture Annie Genevard d’ouvrir sans attendre un dialogue avec les représentants de la profession agricole en Occitanie. Ce travail doit permettre d’envisager un nouveau protocole adapté en fonction des analyses scientifiques du ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire et des propositions des syndicats.
Depuis son apparition fin juin en Savoie, l’épizootie de DNC s’est propagée en Occitanie, frappant de plein fouet le monde agricole. 22 foyers d’infection ont été recensés à ce jour dans les Pyrénées-Orientales, en Ariège et dans les Hautes Pyrénées, entraînant l’abattage obligatoire des animaux des élevages contaminés. Au-delà des pertes économiques, c’est toute une filière qui est impactée, avec des répercussions humaines et territoriales profondes. Les exploitations, souvent familiales, sont confrontées à une situation extrêmement difficile du fait de la mise en œuvre des mesures sanitaires indispensables pour éradiquer la maladie.
« Cette crise touche durement nos éleveurs, ce sont des vies entières qui sont bouleversées. J’entends la détresse, l’injustice, la colère. Je suis de tout cœur avec ces femmes et ces hommes désespérés, effondrés par ces situations exceptionnellement difficiles. Face à ces drames, nous devons, collectivement, rester unis et lucides. J’appelle chacun au calme, au sang-froid et à la responsabilité : la priorité est d’endiguer la maladie, protéger nos cheptels et éviter de nouveaux foyers. L’abattage sanitaire décidé par l’Etat est une mesure lourde, et doit être respectée. La Région sera aux côtés des éleveurs et de la filière agricole, comme elle l’a toujours été, pour qu’aucune exploitation ne soit condamnée par cette crise. Nous avons le devoir d’agir vite et fort : les 300 000 € votés aujourd’hui, en complément des aides de l’Etat, sont un premier pas, mais nous devons aller plus loin : investir davantage dans la recherche, miser sur l’innovation et la surveillance sanitaire, afin de mieux prévenir les futures épizooties, trouver de nouveaux dispositifs pour éradiquer les maladies et rendre notre agriculture plus résiliente face aux prochaines menaces. Soutenir nos éleveurs aujourd’hui et renforcer notre capacité d’anticipation demain, c’est défendre la souveraineté alimentaire de la France et l’avenir de nos territoires ruraux. » a déclaré la présidente de la Région Carole Delga.
Une filière bovine sous pression
La confirmation de ce premier foyer dans les Hautes-Pyrénées place l’ensemble de la filière bovine du territoire sous surveillance renforcée.
Entre immobilisation du bétail, perte d’activité commerciale et inquiétudes générales, les agriculteurs devront encore attendre pour connaître l’évolution du dispositif. Les élus, eux, appellent à la cohésion et à la solidarité, dans un département où l’élevage reste un pilier économique, paysager et culturel.