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Pyrénées – Le Département vote un vœu contre le déremboursement des cures thermales
Les élus du Conseil départemental des Hautes-Pyrénées alertent sur les conséquences économiques et sociales du projet gouvernemental concernant les cures thermales.
Lors de la session du vendredi 12 décembre 2025, le Conseil départemental des Hautes-Pyrénées a adopté à l’unanimité un vœu s’opposant au projet de décret prévoyant un déremboursement partiel des cures thermales. Le texte a été présenté par le groupe « Passionnément Hautes-Pyrénées, Radicalement Solidaires » et soutenu par plusieurs groupes de la majorité et de l’opposition : Socialistes et apparentés, Nos Territoires en Commun, Progrès et solidarités ainsi que les Communistes.
Un projet de décret jugé « extrêmement préjudiciable »
Les élus cosignataires s’alarment des effets d’un éventuel passage du remboursement des cures thermales de 100 % à 65 % pour les patients atteints d’affections de longue durée, et de 65 % à 15 % pour les autres prescriptions médicales. Selon eux, une telle mesure pénaliserait les malades les plus modestes et fragiliserait les territoires dont l’économie dépend fortement du thermalisme.
Le vœu rappelle que les 110 établissements thermaux français génèrent chaque année 4,8 milliards d’euros de retombées économiques et 25 000 emplois directs, indirects ou induits. Dans les Hautes-Pyrénées, premier département thermal de France, l’activité représente un poids déterminant :
– 22 000 curistes accueillis en 2024,
– 500 salariés employés,
– 17,6 millions d’euros de chiffre d’affaires,
– environ 5 000 emplois indirects et 26,4 millions d’euros de retombées économiques.
Un impact budgétaire contesté
Selon les élus, le remboursement des cures ne représente que 0,1 % des dépenses d’assurance maladie, alors que l’économie attendue du déremboursement serait de l’ordre de 200 millions d’euros. Le texte souligne toutefois que les recettes générées par l’activité thermale (taxes, TVA, cotisations sociales) atteignent 248 millions d’euros, soit un solde global positif pour les finances publiques.
Le vœu reprend également plusieurs arguments :
– le rejet massif de la mesure par les députés (178 voix contre 64),
– les effets reconnus des cures thermales par de nombreuses études,
– le risque de perte d’accès aux soins pour les publics modestes,
– la hausse probable des consultations et prescriptions en cas d’abandon des cures,
– l’importance du thermalisme dans l’attractivité médicale des territoires,
– les investissements récents des établissements thermaux,
– et les liens étroits entre thermalisme et développement des communes de montagne, notamment pour la diversification des stations de ski.
Un plaidoyer appuyé de Nicole Darrieutort pour défendre la médecine thermale

Lors de la présentation du vœu, la conseillère départementale de Haute-Bigorre, Nicole Darrieutort, est longuement revenue sur les enjeux médicaux et scientifiques liés au thermalisme. Médecin thermal depuis « bientôt 40 ans », elle a rappelé que la Haute Autorité de santé (HAS) avait récemment « félicité » les acteurs du secteur pour leurs travaux, soulignant que les médecins thermaux et la confédération nationale allaient être « audités dès le début de l’année », ce qu’elle considère comme « peut-être un signe fort ». Elle a néanmoins appelé à la prudence : « En tout cas, ne nous réjouissons pas trop vite. »
Elle a insisté sur la nécessité que l’HAS « ne nous laisse pas comme c’est le cas depuis des années (…) dans la démonstration du service médical rendu ». Selon elle, l’un des enjeux majeurs est que la médecine thermale ne soit plus laissée « dans cette solitude » scientifique, et que les pouvoirs publics s’engagent enfin dans une démarche d’évaluation solide : « C’est peut-être une chance que la HAS s’en saisisse et nous aide à monter des études médico-économiques afin que nous n’entendions plus jamais de la bouche de nos ministres que ça n’est pas à la Sécurité sociale de financer l’économie du thermalisme. »
Nicole Darrieutort a vigoureusement défendu l’efficacité médicale des cures, affirmant que « le thermalisme, ça n’est pas une croyance ». Elle a rappelé qu’il existe « 60 études sur 90 % des indications » réalisées « de manière très stricte » et répondant « parfaitement aux exigences » scientifiques. Elle a également mentionné le rapport de 2012 du Sénat, validé par la HAS, qui s’était ému du manque de soutien public face à la qualité des travaux déjà menés.
Sur les conséquences du déremboursement envisagé, la conseillère départementale a mis en garde contre une « perte de chance d’accès aux soins » : « Ce qui vaudrait à une perte de chance (…) parce que c’est un soin. La médecine thermale, je la défends. » Elle a expliqué que la mesure reviendrait à un « déremboursement total », passant de 100 % à 65 % pour les personnes en ALD et de 65 % à 15 % pour les autres patients. Pour elle, cette évolution ne produirait aucune économie réelle : « Il n’y aura pas d’économie faite sur le thermalisme. En fait, ils espèrent en déremboursant une partie, c’est-à-dire une grosse partie (…) que des économies soient faites. » Or, selon elle, cette hypothèse est « tout simplement infondée ».
Enfin, elle a dénoncé certaines représentations réductrices du thermalisme, déclarant qu’il est temps que plus personne ne dise que « la médecine thermale c’est du pipo ou que les gens viennent en cure pour des vacances ». Concluant son intervention, elle a réaffirmé : « J’y crois aux effets des cures, c’est parce que je vois les effets », réitérant sa confiance dans l’efficacité de la médecine thermale et appelant à la reconnaissance pleine et entière de son rôle dans le parcours de soins.
Un vœu adressé au Premier ministre
Les élus ont adopté plusieurs demandes à l’attention du Premier ministre :
– l’abandon du projet de décret,
– la mise en place d’une évaluation médico-économique actualisée,
– la saisine de la Haute Autorité de santé pour compléter les travaux existants et renforcer la connaissance de la médecine thermale.
La motion, soutenue par l’ensemble des groupes, a été votée à l’unanimité.
Session du vendredi 12 décembre 2025 : Voeu proposée par le Groupe «Passionnément Hautes-Pyrénées, Radicalement Solidaires » ; Soutenu par les groupes : Socialistes et apparentés, Nos Territoires en Commun, Progrès et solidarités, Communistes.
Vœu contre le déremboursement partiel des cures thermales
Les élus du Conseil départemental des Hautes-Pyrénées cosignataires de ce vœu s’alarment sur les conséquences du proiet de décret gouvernemental consistant à baisser le remboursement des cures thermales de 100 à 65% pour les personnes atteintes d’affections de longue durée (ALD) et de 65 à 15% pour les autres prescriptions médicales.
Une telle mesure serait en effet extrêmement préjudiciable tant pour les malades les plus modestes que pour les nombreux territoires français qui vivent grâce aux 110 établissements thermaux français.
Le thermalisme génère en effet 4,8 milliards d’euros de retombées économiques annuelles ainsi que
25 000 emplois directs, indirects et induits, tous non délocalisables.
En 2024, dans les Hautes-Pyrénées – premier Département de France en terme de nombre de stations thermales – les établissements thermaux ont accueilli 22 000 curistes, employé 500 salariés et généré un chiffre d’affaire de 17,6 millions d’euros. On estime que 5 000 emplois indirects sont suscités par l’activité thermale pour des retombées économiques indirectes de l’ordre de 26,4 millions d’euros.
Le remboursement des cures thermales ne représente pourtant que 0,1% des dépenses maladie et l’économie escomptée par ce déremboursement partiel est de l’ordre de 200 millions d’euros. Si dans une période de recherche d’économies pour les finances publiques cette décision peut paraitre compréhensible, il s’avère qu’elle sera réduite comme peau de chagrin par les nombreuses conséquences provoquées en cascade. C’est ainsi une sorte de ruissellement à l’envers qui serait mis en œuvre.
C’est pourquoi, considérant que :
– Les députés, représentants de la Nation, ont massivement voté contre ce déremboursement (178 défavorables contre 64) alors qu’ils ont pleinement conscience des difficultés budgétaires de la Sécurité sociale et des finances publiques en général;
– Les bienfaits des cures thermales sont reconnus sur de nombreuses affections par des études sérieuses (60 études sur 90% des indications des cures thermales);
– Si l’égal accès aux soins est un droit fondamental, un déremboursement des cures thermales reviendra à en priver les personnes les plus modestes pour ne les réserver qu’à une partie de la population plus aisée et statistiquement moins touchée par de nombreuses affections liées aux conditions de vie et de travail des plus précaires;
– L’abandon de la cure thermale par un grand nombre de patients entrainera de façon mécanique une hausse de consultations médicales et de prises médicamenteuses;
– Un euro de remboursement par la sécurité sociale représentant trois à quatre euros de revenus pour les villes thermales, une baisse d’activité signifiera nécessairement une récession économique importante dans ces territoires;
– L’activité des stations thermales représente 70 millions de recettes par les taxes mais également 92 millions sur la seule TVA et 86 millions de cotisations sociales soit au total 248 millions d’euros, donc plus que l’économie escomptée (200 millions). Le solde net global de la médecine thermale pour les finances publiques semble donc positif, une spécificité rare parmi les dispositifs de soins remboursés;
– L’activité thermale contribue à l’attractivité des territoires concernés. Le thermalisme attire des habitants, des investisseurs mais également des soignants. Les villes thermales comptent en effet 3,2 fois plus de médecins généralistes et 1,8 fois plus de pharmacies que dans les villes non thermales de même strate. Grâce à cela, ce sont donc les territoires alentours, souvent ruraux et vieillissants, qui en bénéficient;
-Les régies et sociétés gestionnaires d’Etablissements Thermaux ont pour la plupart réalisé d’importants investissements ces dernières années pour rester compétitives et attractives. Elles ne pourront plus assurer le remboursement de leurs emprunts en cas de baisse d’activité;
– Cinq des sept communes thermales des Hautes-Pyrénées comptent des stations de ski sur leur
territoire Bagnères-de-Bigorre, Barèges, Cauterets, Luz-Saint-Sauveur, Saint-Lary). Or les financeurs demandent de manière croissante aux gestionnaires de ces stations de diversifier leur offre aux quatre saisons. Le thermalisme est bien souvent le principal pilier à renforcer pour assurer cette transition. Signer la fin du thermalisme, revient donc à affaiblir la capacité d’investissement de ces poumons économiques des vallées.
C’est pourquoi les élus du Conseil départemental des Hautes-Pyrénées, cosignataires de ce vœu, demandent au Premier Ministre de :
– Procéder à l’abandon pur et simple du projet de décret gouvernemental visant le déremboursement partiel des cures thermales
– Mettre en place une évaluation médico économique actualisée pour objectiver le retour sur investissement de la médecine thermale dans les comptes publics;
– Saisir la Haute Autorité de Santé (HAS) pour compléter utilement les études de l’AFRETH et permettre ainsi une meilleure appréhension de la Médecine Thermale par le monde médical.