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Dermatose nodulaire : réunion de crise à la chambre d’agriculture de Tarbes en présence des différents syndicats agricoles
Les agriculteurs sont arrivés en convoi devant la chambre d’agriculture de Tarbes où ils doivent participer à une réunion de crise sur la dermatose nodulaire. Ce matin, 20 vaches d’une exploitation de Luby-Betmont ont été abattues après la confirmation d’un cas de la maladie.
Ils ne lâchent rien. Les agricultures en colère ont convergé en convoi sur le centre-ville de Tarbes en début d’après-midi devant la chambre d’agriculture où se tient une réunion de crise sur la dermatose nodulaire.
Depuis deux jours, des agriculteurs et des représentants des syndicats agricoles CR, FDSEA, JA et Conf paysanne se sont rassemblés pour soutenir pour dénoncer l’abattage systématique des troupeaux quand un cas positif de dermatose nodulaire apparaît. Ils ont également apporté tout leur soutien à l’éleveur touché.
« Je ne comprends pas comment la DNC a pu arriver chez nous, cela nous tombe dessus sans qu’on ait rien demandé, se désole l’éleveur Vincent Sabathé, pas plus que je ne comprends comment cette vache infectée aurait pu être piquée. Depuis des semaines, nous n’avons ni rentré, ni sorti de bovins. Nous n’avons pas acheté d’animaux et d’aliments pour le bétail. Du foin et de la paille ? On n’en achète pas. On produit tout chez nous. Au-delà du préjudice financier que l’abattage de mes bêtes va représenter, c’est un crève-cœur car je respecte vraiment mes animaux » a-t-il indiqué.
Ce matin, il a donné son accord pour l’abattage de ses bêtes. En fin de matinée, les camions repartaient de l’exploitation agricole chargés des carcasses des bovins. Les différentes opérations se sont déroulées dans le calme sans affrontements avec les gendarmes très présents sur site.
Réunion engagée
Les agriculteurs ont quitté Luby-Betmont pour Tarbes où se tient ce vendredi après-midi une réunion de crise à la chambre d’agriculture avec deux représentants par syndicat et la participation du président de la chambre Christian Fourcade. Les premiers échanges sur la place du Foirail laissaient augurer d’une réunion houleuse. Devaient participer à cette réunion l’ensemble des syndicats agricoles du département, la Fédération Départementale de Syndicats d’Exploitants Agricoles, les Jeunes Agriculteurs, la Coordination Rurale, le Confédération Paysanne, l’Union des Paysans Libres et l’APLMA.
Les représentants des différents syndicats devaient se mettre d’accord pour « trouver une harmonie collective sur la gestion de cette maladie et des propositions que nous ferons à Mme Annie Genevard, Ministre de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire » explique Christian Fourcade.

Le président de la chambre d’agriculture appelle à la plus grande prudence. « Nous sommes toujours dans l’attente d’explications suite au cas dans les Pyrénées Orientales, puis un cas dans l’Ariège et aujourd’hui sur notre département, avec des foyers distants de plus d’une centaine de kilomètres alors que nous sommes dans une période de faible activité vectorielle. J’attire à la vigilance sur les regroupements aux abords des exploitations touchées par cette maladie, même si je peux comprendre le message de soutien auprès des éleveurs auquel je m’associe, j’en appelle à la prudence et au risque potentiel au regard des règles de biosécurité qui s’imposent à nous. »

Et Christian Fourcade de préciser dans un communiqué de presse : « L’urgence est à l’abattage du lot de bovins contaminés, soit une vingtaine d’animaux afin de pouvoir engager au plus vite la vaccination du reste du cheptel de l’éleveur. À ce stade et compte tenu de l’évolution de la maladie, nous ne pouvons que constater l’inefficacité des mesures actuelles pour stopper la progression de celle-ci. »
À l’issue de la réunion, les syndicats agricoles ont annoncé travailler ensemble pour proposer un protocole de gestion des cas de dermatose nodulaire dans un troupeau. Ils refusent l’abattage systématique des troupeaux. « Nous sommes unis comme nous ne l’avons jamais été. On est tous d’accord qu’il faut arrêter les abattages genéralisés et systématiques. Nous demandons un assouplissement des protocoles, avec des analyses pour n’abattre que les animaux positifs. Nous allons maintenir la pression et répéter partout ces demandes, jusqu’à ce que la ministre cède. »
