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« Sans suite [Un air de roman] », « une comédie musicale contrariée » au Parvis de Tarbes


l’essentiel
Artiste invité de la saison, Baptiste Amann était au Parvis pour « Lieux communs ». Il sera de retour en mars pour la première de « Sans suite [Un air de roman] » qu’il a écrit.

Quelle est l’intention de ces superbes « Lieux Communs » ?

La première envie était d’articuler la notion d’irrésolu et celle de vérité. Quand il y a quelque chose qui nous échappe, quand personne peut acter d’une vérité objective pour tout le monde, quand on n’a pas les faits pour venir attester d’une certaine vérité. Dans la pièce, on parle d’un fait divers mais ça pourrait être la parabole de choses plus vastes comme l’existence de Dieu, la naissance de l’univers. Quand on est dans un seuil conceptuel au-delà duquel on n’arrive pas à penser la vérité, on sent bien que ça devient une notion qui nous consume, qui nous tourmente et qui organise des différents qui polarisent la société.

Le thriller n’est qu’un prétexte ?

Les questions qui m’intéressent dépassent l’intrigue policière. Ça va être des sujets qui tournent autour de la vérité, sur de la représentation de la violence, sur les stéréotypes. Comment la scène est un dispositif d’assignation. Le thriller c’est un genre qui ne paye pas une mine. Mais qui joue avec notre peur, qui met en jeu les figures monstrueuses des questions morales. Je trouve que c’est un beau support pour ces questions théoriques. Comme une porte d’entrée pour aborder ces questions sans paraître trop théorique.

Que signifie pour vous d’être nommé artiste invité du Parvis ?

Frédéric Esquerré m’a proposé que je sois un fil rouge au long de la saison. Ça me permet d’avoir différentes présences dans la saison. En décembre on a fait une tournée avec Grande surface dans des petites salles avec un dispositif très léger. Un pied de micro, et je lis pendant 45 minutes un texte qui raconte la découverte de l’album L’école du micro d’argent du groupe IAM dans la grande surface. Le moment qui a été révélateur d’une puissance esthétique et d’un désir de création qui a déclenché un mouvement d’écriture chez moi. Ce soir on a présenté une grande forme sur le plateau du Parvis. Et je reviens en mars prochain pour un autre spectacle.

Que préparez-vous pour mars prochain ?

C’est un texte que j’ai écrit qui sera mis en scène par Sébastien Bournac. Une comédie que le metteur en scène aime bien présenter comme une comédie musicale contrariée. Une comédie musicale introspective et minimaliste sur la difficulté de création quand on rencontre dans sa vie une épreuve personnelle. L’histoire d’un compositeur à qui on confie la mission d’écrire la bande-son d’un film musical et qui perd sa mère. Lui qui pensait n’avoir jamais vraiment aimé sa mère, va découvrir un monde qui lui parvient par les yeux de sa mère morte.

Et ça réorganise tout autour de lui. On va traiter ce rapport au vertige à travers le genre de la comédie musicale avec un texte très écrit et des chansons qui appartiennent à l’univers pop. C’est un objet hybride qui sera vraiment intéressant à aller voir. Il y a une vraie prise de risque, une vraie tentative sur la façon de raconter des histoires aujourd’hui. Je suis très curieux de voir ce que ça va donner. Il n’y a plus qu’à attendre mars pour la première du spectacle.

https://www.parvis.net/spectacle-vivant/sans-suite-un-air-de-roman



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