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Incinérateur d’Arkema : Pascal Lachaud interpelle la direction sur les PFAS et la transparence


À l’occasion d’un échange avec la direction du site Arkema de Lannemezan, Pascal Lachaud, responsable du PCF No Pasaran, a fait part de ses inquiétudes concernant les risques liés aux PFAS, les conditions de tri des déchets et l’utilisation de fonds publics. Il appelle à un débat transparent sur un dossier qui mobilise une partie importante de la population locale.

Devant l’usine Arkema de Lannemezan, mercredi 18 février, Pascal Lachaud a rencontré le directeur du site industriel pour un échange d’environ trente minutes.

« Il y a toujours besoin de débats et d’échanges afin d’être en capacité de cheminer sur les dossiers qui cristallisent l’attention légitime d’une partie importante de la population du plateau de Lannemezan », affirme-t-il.

Responsable politique du PCF No Pasaran, il dit avoir réaffirmé « la nécessité d’une industrie relocalisée au service des besoins des populations et non aux seuls services du capital ».

Il insiste également sur la dimension sanitaire et sociale du dossier :
« Il est indispensable de protéger la santé des travailleurs et travailleuses ainsi que celle des populations du bassin de Lannemezan. »

Selon lui, « la suppression, par les lois El Khomri et Macron, des CHSCT (comité représentatif du personnel chargé de la santé) constitue un recul des droits de contrôle des travailleurs et de leurs organisations syndicales ». Il ajoute : « Les accidents du travail se sont dès lors envolés en France, y compris à Lannemezan. »

L’échange a notamment porté sur la future mise en service de l’incinérateur prévue en avril, qui devrait traiter 50 000 tonnes de déchets industriels par an. « Notre échange a porté sur notre appréhension fondée des futurs rejets de PFAS et de POPS », explique t-il


« Existe-t-il un contrôle réel des PFAS dans les flux entrants ? »

Pascal Lachaud met en cause les modalités de tri annoncées.

« La nomenclature des bois et dérivés n’élimine absolument pas les bois d’équipement mobiliers contenant des composés fluorés et des PFAS via les vernis et autres imperméabilisants. On en retrouve également dans les plastiques, les papiers, les cartons et les textiles », souligne le militant politique.
Selon lui, « les tris qui seront effectués par PSI seront incapables de les différencier d’autres bois ».

Il interpelle directement la direction du site :
« Les procédés de tri mis en œuvre permettent-ils d’identifier et d’exclure les matériaux contenant des composés fluorés organiques, ou s’agit-il d’un simple tri optique par catégories générales de matériaux ? »

Il poursuit :
« Existe-t-il une analyse systémique du fluor organique ou total, ou des PFAS, sur le flux entrant CSR ? Et si oui, selon quelle méthodologie ? En dehors d’analyses de type chromatographie / spectrométrie de masse sur échantillons représentatifs, quels sont les procédés permettant d’assurer l’absence ou la réduction significative de PFAS ? »

Concernant la destruction des PFAS, il rappelle :
« La seule possibilité existante repose sur la haute température via la torche à plasma, qui incinère les matériaux à 1 400 °C à cœur. »

Il indique avoir déjà défendu cette technologie :
« Quand j’étais élu communautaire, j’avais proposé d’installer une torche à plasma à Lannemezan pour vitrifier l’amiante plutôt que de la laisser en héritage aux générations futures. »

Le directeur du site aurait exprimé des réserves. Pascal Lachaud demande donc des précisions :
« La technologie plasma ne produirait-elle aucune vapeur d’eau, ou s’agit-il d’une différence de rendement global et/ou de stabilité de fourniture par rapport à une chaudière CSR classique ? »

Et d’ajouter :
« Pourriez-vous préciser la puissance thermique attendue, en MWh, ainsi que les conditions de vapeur visées (pression, température, débit) et indiquer en quoi cela serait, ou non, compatible avec les besoins en vapeur pour le processus d’hydrate d’hydrazine ? »

Enfin, il aborde la question des financements publics :
« Dalkia, Arkema et PSI ont reçu des subventions publiques dans le cadre de l’ADEME, de la Région et de l’État. Puisqu’il s’agit de nos impôts, nous demandons que soit précisé le montant exact, en valeur et en pourcentage du coût total de réalisation. »

Pour Pascal Lachaud, « la totale transparence est indispensable sur un projet qui engage à la fois la santé publique, l’environnement et l’argent public ».



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