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Argelès-Gazost. Foyer rural : café philo quand tu nous tiens…


l’essentiel
Organisé par le foyer rural à l’espace de la Gare, le café philo de la semaine dernière s’est offert le luxe de recevoir deux enseignants passionnants et passionnés.

Deux « profs » pour le prix d’un : tel est le défi que s’était lancé le foyer rural, mercredi soir, pour la nouvelle édition de son café philo mensuel. Cela n’avait rien d’une sinécure, et ils ont été deux à répondre à l’appel : Christian Loubère, déjà connu à Argelès pour y être professeur, et Arnaud Lalanne, originaire du Val d’Adour, chargé de cours à l’université de Bordeaux.

Pendant toute la soirée, nos deux intervenants se sont penchés sur la question de l’interdépendance : qu’est-ce que ce mot abscons signifie-t-il, si ce n’est « l’esprit unifié au-delà de la réalité individuelle » ?

Après avoir rappelé l’importance de ce concept cher aux bouddhistes et aux chrétiens, Christian Loubère a exposé le point de vue de Kant, qui considère que « ce qui fait un organisme, c’est que chacun des organes est dépendant des autres ».

« Au-delà de ce constat charnel, la question de l’unité ne nous renvoie-t-elle pas à un être participant à la création, à la fois humain et divin supposant la notion d’amour ? », s’est demandé le professeur, avant de rappeler qu’à l’inverse de Claudel, Sartre ne croyait pas en l’interdépendance des consciences de chacun.

Après un exposé rapide, par Arnaud Lalanne, du point de vue de Leibniz, les questions ont fusé : « On veut nous faire croire qu’il n’y a pas de vie sans interdépendance ? Fort bien, mais alors : comment expliquer que Robinson ait si bien vécu tout seul dans son île ? ».

Réponse inattendue du professeur : quelle que soit sa situation, l’homme s’y retrouvera toujours en interdépendance – ne serait-ce qu’avec lui-même, ou avec son environnement.

Autre question : « Et si l’interdépendance était à l’origine de tous les problèmes de l’humanité ? ».

Autre réponse inattendue : s’il est vrai que l’on ne saurait se satisfaire de la solitude subie, celle du couple n’en est pas moins illusoire pour autant. La preuve ? Il ne se construit jamais à deux, puisqu’il aura toujours, inévitablement, l’Église, la mairie ou la société pour témoins : « S’imaginer que l’on ne se marie qu’à deux est une illusion ! » insiste Christian Loubère, avant de rappeler le rôle de l’interdépendance à l’arrivée du premier enfant.

Et Arnaud Lalanne de conclure, en citant Schopenhauer, sur cette terrifiante idée que l’interdépendance, poussée a son extrême, pourrait aboutir à la disparition de la personne…

Prochaine rencontre : jeudi 26 mars au 19 avenue de la Marne, à 18 heures, sur le thème : « Qu’est-ce que l’être humain ? ».



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