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Ligne aérienne Tarbes-Orly : l’obligation de service public reconduite pour quatre ans avec Volotea
La reconduction de l’Obligation de service public (OSP) entre Tarbes-Lourdes et Paris-Orly, ce 23 février, marque un tournant pour le département des Hautes-Pyrénées. Entièrement financée localement, la ligne aérienne sera encore opérée par la compagnie Volotéa.
Après deux ans d’âpres négociations, l’obligation de service public (OSP) reliant Tarbes-Lourdes à Paris-Orly a été officiellement reconduite, ce 23 février, entre le syndicat mixte Pyrénia et la compagnie Volotea.
Philippe Baubay, président de Pyrénia (organisme public qui gère l’aéroport Tarbes-Lourdes-Pyrénées aux côtés du Département, de la Région et de l’Agglomération), a indiqué que « la ligne va être reconduite pour quatre ans, du 1er juin 2026 au 30 mai 2030. »
Avec un changement notable : le nouveau contrat qui s’élève à 4,5 millions d’euros par an, soit 18 millions sur la durée, sera entièrement financé par les collectivités. Contrairement à la précédente convention (2022-2026), l’État ne participera plus au financement.
Un financement 100 % local
Dans le détail, la Région, qui portait jusqu’ici 51 % du financement, réduit sa part à 35 %. Le Département monte à 35 % (contre 24 % auparavant) et l’agglomération à 30 %. Les villes de Tarbes et Lourdes apportent également une contribution plus modeste.
Un effort assumé au regard des retombées économiques. « Pour un euro investi, c’est plus de 3 euros dépensés par les passagers sur le territoire », avance Philippe Baubay. Michel Pélieu, président du Conseil départemental, insiste : « L’activité générée par l’aéroport, c’est 116 millions d’euros de PIB. Et pour 1 euro investi, c’est 38 euros dans l’économie locale. »
Désenclaver le territoire
Pas question pour les élus de se passer d’un tel dispositif tant la question du désenclavement reste centrale. « Nous sommes à 5h20 de train de la capitale. Pour nous, il était vital de préserver cette liaison », rappelle Philippe Baubay. Car la ligne Tarbes – Paris-Orly se veut une infrastructure stratégique pour les déplacements professionnels, médicaux ou étudiants.
« Cette ligne, avec des tarifs abordables, a démocratisé l’accès à Paris », souligne Gilles Gosselin, président de Volotea France. Depuis l’arrivée de Volotea en 2022, l’aéroport de Tarbes-Lourdes a ainsi changé de dimension. « Nous sommes passés de 300 000 à près de 600 000 passagers par an », rappelle Michel Pélieu, qui n’a pas manqué de saluer que Volotea a installé une base avec un avion et « 35 personnes qui vivent et travaillent ici. »
Avec un taux de remplissage de 85 % et une ponctualité saluée, la ligne Tarbes-Orly est considérée comme un succès. « Les retours des passagers sont excellents », se réjouit Philippe Baubay.
Des tensions apaisées avec Pau ?
Au-delà de la liaison quotidienne vers Paris, le modèle ainsi retenu permet aussi de développer des lignes européennes. « Entre les rotations du matin et du soir, Volotea propose des destinations comme Rome, Naples, Palerme ou Lisbonne », détaille Michel Pélieu. De nouvelles ouvertures, notamment vers la capitale espagnole, sont déjà évoquées.
Et le président du Département de revenir sur les tensions nées entre les aéroports de Tarbes et Pau depuis 2022. « C’était une guerre médiatique permanente », reconnaît Michel Pélieu qui, pour apaiser les tensions, a proposé une OSP commune au niveau national. « Cela a donné lieu à une procédure administrative complexe, mais nous sommes parvenus à un terrain d’entente », explique l’élu.
Si Tarbes a attribué son marché à Volotea, le choix côté palois sera connu après les élections municipales. Le modèle défendu par Tarbes, avec un vol tôt le matin vers Orly et un retour le soir, est cependant resté un point de crispation. « On ne voulait pas y renoncer. Il correspond pleinement aux attentes du territoire », insiste Michel Pélieu.
Pour les élus locaux, l’enjeu dépasse la seule question du transport. « La pérennisation de cette ligne est une condition préalable au développement économique de notre territoire », souligne Patrick Vignes, président de l’Agglo TLP.
Avec cette nouvelle OSP, les acteurs locaux sécurisent pour quatre ans un outil jugé indispensable.