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Manque de formation, fort turnover, absence d’organigramme, non-remplacement : le personnel des crèches de Tarbes en grève ce mercredi
Afin de dénoncer des conditions de travail très dégradées, les agents du service petite enfance de la ville de Tarbes ont déposé un préavis de grève reconductible à partir de ce mercredi. Deux établissements seront impactés.
« Souvent, c’est dur de mobiliser les agents de la petite enfance car elles culpabilisent tellement elles sont attachées à leur métier et aux enfants. Mais là, cette situation dure depuis tellement longtemps, sans finir de se dégrader, sans que rien ne soit fait, ni par les élus en charge du secteur, que ce soit Véronique Dutrey ou Andrée Doubrère, ni par les responsables… » Preuve du constat dressé par Gilles Haurie, le représentant CGT des municipaux tarbais, le dernier préavis de grève, précédé déjà d’une alerte, mais qui est resté sans réponse. « C’est vécu comme du mépris pour tous ces agents. »
Un mal-être profond dont les agents des crèches ont fait part, à la veille du premier jour de grève, prévu ce mercredi et qui va contraindre l’établissement des Crayons de couleur à fermer en matinée, tandis que la Goutte de lait sera amputée d’un service. Premier grief, le manque d’accès à la formation qui freine les évolutions. « On demande des VAE, des sessions, mais comme il n’y a pas les effectifs, on ne peut y assister. Alors que dans le même temps, il y a un manque de personnel compétent, avec un turnover permanent, tant les conditions sont difficiles. En conséquence, on se retrouve dans d’autres structures, voire à passer à l’entretien ou en cuisine pour pallier, sans la formation adéquate, alors d’autres personnels se retrouvent auprès d’enfants qui ont pourtant besoin de constance. Et des fois, des agents sont au contact des bébés sans formation. » Selon la CGT, 57 % des effectifs avaient quitté en 2024, ce service qui compte 70 agents. « C’est révélateur de la souffrance des agents et très déstabilisant pour les enfants. »
Ni organigramme, ni directeur
Également pointée du doigt, l’impossibilité pour les salariés à temps partiel de se rendre aux réunions pourtant essentielles au fonctionnement des équipes et des structures. Mais aussi des règles qui changent d’une crèche à l’autre. « Et comme on n’a pas d’organigramme, on ne sait à qui s’adresser. Le service n’a pas de directeur attitré. »
Un manque de reconnaissance prégnant alors que les missions demandées aux agents sont plus importantes. « Comme on a un minimum de conscience professionnel et d’amour de ce métier, on donne énormément. On nous demande de faire rentrer les familles dans les crèches pour leur montrer notre fonctionnement. Mais c’est compliqué car on n’a pas le temps et que la priorité va aux enfants. On essaie mais on s’essouffle. Pareil pour l’inclusivité, avec des enfants qui ont des besoins particuliers mais pour lesquels nous ne sommes ni assez formées, ni assez nombreuses. » Et de poursuivre : « On nous a demandé de travailler sur un projet d’annualisation des temps de travail. Ça nous a pris du temps pour monter quelque chose à moyens constants, mais à la réunion avec les élus qui a suivi, tous se renvoyaient la balle et plus d’un an plus tard, c’est toujours sans suite. »
Oubliés de la campagne
Faute de moyens suffisants pour les remplacer, leurs congés sont souvent imposés. « Il ne doit pas y avoir plus d’un agent en congés par jour. Parfois, on tire au sort. D’autant qu’avec l’épuisement, l’absentéisme augmente et on doit parfois renoncer à un jour enfant-malade. » Et de pointer enfin un manque ou une inadaptation du matériel pour lequel les agents ne sont pas consultées. Aussi, en pleine campagne, les agents des crèches espèrent être entendues : « Personne ne parle de la petite enfance dans ces élections… »