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Les Forges de Tarbes : les syndicats CGT Municipaux et Finances publiques lancent une pétition pour la déléguée syndicale et interpelle les pouvoirs publics sur la situation de l’entreprise


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Alors qu’Europlasma, à la tête des Forges de Tarbes, est au cœur d’une commission d’enquête parlementaire sur la prédation des capacités productives françaises par les fonds spéculatifs, les syndicats CGT Municipaux et Finances publiques veut mobiliser autour du sort de Josiane Frétier, l’ancienne déléguée du site.

Le 23 mars, Josiane Frétier, ancienne déléguée syndicale CGT des Forges de Tarbes est convoquée devant le tribunal correctionnel de Bordeaux par le groupe Europlasma pour des faits de diffamation publique, pour lesquels elle risque jusqu’à 35 000 € de dommages et intérêts. Aussi, les syndicaux CGT Municipaux et Finances publiques lancent une pétition de soutien à Josiane Frétier, « pour les libertés syndicales, pour le respect des droits démocratiques. Josiane Frétier n’a cessé d’alerter, depuis la reprise des Forges de Tarbes par le groupe Europlasma, pour exiger que les engagements du repreneur soient respectés et que la pérennité du site industriel de Tarbes soit assurée. » Un texte que le syndicat entend faire circuler dans l’ensemble de ses unions locales et départementales.

En parallèle, les syndicaux CGT Municipaux et Finances publiques ont rencontré les quatre parlementaires des Hautes-Pyrénées au sujet de la situation des Forges de Tarbes. « L’an dernier 150 000 corps d’obus devaient sortir du site, mais il n’y en a eu que 70 000 de produits, pointe José Navarro. On est loin de la communication et des annonces du groupe. Récemment, le fonctionnement est passé de 3*8 à 2*8, car il manque la matière première. La production a été à l’arrêt en ce début de mois, les contrats intérimaires suspendus. Pourquoi le site n’arrive-t-il pas à se procurer suffisamment d’acier ? Est-ce un problème financier alors que la trésorerie fait état de – 3 M€ en 2024 ? Il faut qu’Europlasma réponde… »

Une commission d’enquête parlementaire

C’est d’ailleurs ce que le groupe industriel va être invité à faire puisque la direction est convoquée pour une audition devant la commission d’enquête parlementaire le 2 avril, dans le cadre de son travail sur « la prédation des fonds spéculatifs sur notre tissu industriel ». « Jusqu’ici, l’attitude des pouvoirs publics nous étonne, avec un groupe détenu par le fonds spéculatif Alpha Blue Ocean, basé dans un paradis fiscal, interroge José Navarro. Dans ce secteur stratégique, il faut que le gouvernement aille voir ce qui se passe, que les pouvoirs publics s’emparent de ce dossier, en nommant un contrôleur général des armées qui sera le commissaire du gouvernement. Ça avait été le cas lors de la reprise, préconisant une commission de suivi industriel et une diversification des activités pour Tarbes qui devait faire des torches à plasma. Mais l’effet d’aubaine de la guerre a fait que la demande se situe sur les corps d’obus. »

Une demande que le site peine à satisfaire. « Il y a pourtant de l’argent public qui a été investi sur ce site, entre les commandes du ministère et l’avance remboursable de 8 M€. A quoi cela a-t-il servi ? » s’interroge le syndicat qui demande aux parlementaires de s’exprimer publiquement afin que les pouvoirs publics s’emparent de l’avenir de ce site industriel stratégique, qui emploie une soixantaine de personnes.



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