Actualités Hautes-Pyrénées, Actualités Tarbes

L’hôpital se dote d’unités pour les enfants et les femmes en danger : une réponse globale et de proximité à la violence intrafamiliale


l’essentiel
Après quatre ans de réflexions et de travaux, l’hôpital de Tarbes vient de se doter d’une Unité d’Accueil Pédiatrique Enfant en Danger et d’une Maison des Femmes. 50 m2 rénovés et essentiels pour passer d’une réponse fragmentée à une prise en charge globale, un modèle plus humain, plus protecteur et plus efficace.

Ce ne sont que 50 m2 rénovés, un espace d’accueil, un secrétariat, un bureau de consultation et une salle Mélanie où pourra être entendue et enregistrée la parole des enfants et des femmes victimes. Une particule à l’échelle du centre hospitalier, mais un outil essentiel, « une satisfaction et une désolation, tant à la lumière de chiffres alarmants, cette installation est nécessaire » comme le soulignera Régine Martinet, la déléguée de l’ARS.

Preuve que les différents acteurs ont joué groupé et serré les rangs pour mener à bien le chantier de cette UAPED et de la Maison des femmes.
Preuve que les différents acteurs ont joué groupé et serré les rangs pour mener à bien le chantier de cette UAPED et de la Maison des femmes.
Andy Barréjot

Ce vendredi ont donc été inaugurés conjointement, dans un couloir discret de l’hôpital, deux outils pour un même espace et une problématique partagée : une Unité d’Accueil Pédiatrique Enfant en Danger (UAPED) et une Maison des Femmes. « Ce lieu doit permettre de mieux protéger, mieux accompagner et mieux écouter les victimes et notamment les enfants violentés, maltraités ou négligés, avec un suivi coordonné et digne, précise le directeur du centre hospitalier, Chritian Dublé. Il s’agira aussi, suivant les jours, d’un lieu d’accueil et de soin pour les femmes victimes de violences. Hélas, les parcours des femmes et des enfants sont souvent liés et nécessitent une protection continue, la plus pertinente. »

Preuve que les différents acteurs ont joué groupé et serré les rangs pour mener à bien le chantier de cette UAPED et de la Maison des femmes.
Preuve que les différents acteurs ont joué groupé et serré les rangs pour mener à bien le chantier de cette UAPED et de la Maison des femmes.
Andy Barréjot

Si ce nouveau dispositif entrera en fonction le 20 avril, il a été initié dès 2022. Une fois le lieu déterminé, les travaux ont été lancés fin 2024, par les équipes techniques de l’hôpital. Jusqu’à ce qu’Enzo, le graffeur et parrain de la structure, n’y apporte sa touche artistique finale. Le tout, en menant de front les réflexions sur l’hôpital commun qui disposera du même outil, ainsi qu’une unité médico-judiciaire. « L’ensemble des acteurs mobilisés par cette problématique de violences intrafamiliales se sont emparés de ce dossier. Ça prouve combien c’est une problématique de santé publique et de société, pour laquelle nous avions jusqu’ici des réponses fragmentées. Là, on aura une prise en charge globale des victimes pour limiter les ruptures de parcours, avec un modèle plus humain, plus protecteur et plus efficace. »

Des interlocuteurs formés

Objectif aussi, éviter aux victimes de multiplier et de répéter le récit des maltraitances et des violences qu’ils ont subies. « On a des victimes qui ont déjà raconté quatre-cinq fois ce qu’ils ont subi avant d’arriver à la barre pour un procès, c’est trop dur » note le vice-procureur, Julien Michel. Vice-présidente du conseil départemental, Joëlle Abadie soulignera « la créativité et le travail en partenariat » pour aboutir quand le préfet, Jean Salomon, rappellera « les difficultés de verbalisation qui nécessite un écosystème favorable pour recueillir la parole et aller jusqu’au bout. C’est un travail très fin où chaque acteur doit jouer son rôle de veille et d’écoute. Il s’agit, à la fin d’un parcours difficile, de reconstruire une confiance à l’adulte pour que, même si la guérison n’est jamais complète, jamais l’enfant ne réitère ce qu’il a vécu comme on le voit hélas souvent. Pour ça, il ne faut pas ajouter de complexité. » Aussi, des formations des différents interlocuteurs sont prévues pour avoir une « réponse pertinente et nécessaire » selon les mots de Régine Martinet.



Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *