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Harcèlement, emprise et drogue : l’ex-compagnon d’Emeline François est-il responsable de son suicide ? Son procès s’ouvre ce 5 mai à Tarbes


l’essentiel
Deux ans après le suicide d’Emeline François à l’âge de 26 ans, ses parents espèrent que la responsabilité de son ex-conjoint dans son passage à l’acte sera reconnue par la justice. Ce 5 mai, l’homme sera jugé pour harcèlement aggravé.

Plus de deux ans après le suicide d’Emeline François, ses parents attendent une audience qu’ils espèrent décisive. Ce 5 mai, l’ancien compagnon de la jeune femme (âgée de 26 ans au jour de décès), sera jugé devant le tribunal correctionnel de Tarbes pour des faits de harcèlement aggravé. Un procès qui s’annonce chargé en émotions, mais surtout d’espoir pour cette famille qui se bat pour faire reconnaître la responsabilité de cet homme dans le drame.

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« Emeline s’est donné la mort après des mois de souffrance à cause de lui », martèle Marie François, la mère de la jeune femme. Depuis la disparition de leur fille en janvier 2024, ses parents n’ont cessé d’alerter sur le mécanisme d’emprise dont elle a été victime, convaincus que son ex-conjoint a joué un rôle déterminant dans son passage à l’acte. Ce dernier a d’ailleurs été condamné à 6 mois de prison ferme pour des violences conjugales commises sur la victime un mois après son décès. Bien trop peu pour les parents d’Emeline, qui ont tout fait pour que l’homme soit de nouveau traduit en justice. « Il lui a pourri la vie jusqu’à ce qu’elle en meure. Il doit aussi être jugé pour cela. »

Une descente aux enfers

Lors de ce précédent procès, la présidente du tribunal avait décrit une relation destructrice entamée début 2022, et au sein de laquelle les violences physiques et verbales se sont multipliées. Dans cette nouvelle procédure engagée par les parents d’Emeline François, l’ex-conjoint est accusé d’avoir encouragé leur fille à la consommation de drogues dures, notamment de crack, aggravant son état de vulnérabilité.

Un harcèlement dont ils disent avoir été témoins pendant deux ans, avec des appels téléphoniques répétés, des contacts insistants via les réseaux sociaux, et des dégradations matérielles. « Nous ne reconnaissions plus notre fille. Il l’a entraînée dans la drogue, elle a perdu énormément de poids. Nous avons tout essayé pour la sortir de là, mais il avait une telle emprise sur elle que nous étions impuissants. Elle n’arrivait pas à le quitter et nous disait qu’elle en avait marre de vivre. »

Selon l’accusation, les agissements de son ex-compagnon ont « eu pour effet une dégradation des conditions de vie d’Emeline François, entraînant une altération de sa santé physique ou mentale », avec plusieurs hospitalisations en psychiatrie et deux tentatives de suicide.

« Pour que cela n’arrive plus jamais »

Déjà condamné en 2016 pour des faits similaires sur une autre femme, le prévenu se trouve donc en état de récidive légale et encourt une peine pouvant aller jusqu’à dix ans d’emprisonnement.

En juin 2024, plusieurs centaines de personnes ont défilé dans les rues de Tarbes lors d’une marche blanche en hommage à Emeline François. Un moment fort pour ses proches, déterminés à briser le silence autour de l’emprise et des violences conjugales.

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Reste une inconnue de taille : la présence du prévenu à l’audience. « Aux dernières nouvelles, il se trouvait en Guadeloupe. Nous ne savons pas s’il est libre ou en prison actuellement », confie Marie François. Déjà absent lors de son précédent procès, il pourrait une nouvelle fois ne pas comparaître.

Mais pour les parents, l’essentiel est ailleurs. « Peu importe qu’il soit là ou non. Ce que nous voulons, c’est qu’il soit reconnu coupable, et qu’Emeline soit reconnue comme victime. Et surtout que cela n’arrive plus jamais à une autre jeune femme. »

Car depuis la mort d’Emeline, la famille François se bat pour faire reconnaître l’impact de l’emprise dans les violences conjugales. Sans leur détermination, ce nouveau procès n’aurait jamais eu lieu.



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