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Le RG Room à nouveau dans le viseur du Collectif Droits des Femmes 65 : Après Naps, la venue de Heuss l’Enfoiré ravive la polémique


Le Collectif Droits des Femmes 65 (CDDF65) dénonce la programmation du rappeur Heuss l’Enfoiré au RG Room de Tarbes, quelques semaines après avoir déjà contesté la venue de Naps. Dans un communiqué publié ce mardi 9 juin, l’association s’interroge sur les choix artistiques et appelle à une réflexion sur la responsabilité des programmateurs face aux questions de violences faites aux femmes.

Le débat autour de la programmation artistique du RG Room de Tarbes se poursuit. Dans un communiqué diffusé le mardi 9 juin, le Collectif Droits des Femmes 65 (CDDF65) critique la venue annoncée du rappeur Heuss l’Enfoiré, programmée le 12 juin dans l’établissement tarbais. Pour l’association, cette programmation s’inscrit dans une continuité qui interroge. Le communiqué rappelle en effet qu’après la venue de Naps, artiste condamné en première instance pour viol, le RG Room accueille désormais un autre rappeur dont le nom a été associé à une affaire de violences conjugales.

Une affaire évoquée par le collectif

Dans son texte, le CDDF65 rappelle que Heuss l’Enfoiré avait été placé en garde à vue en 2022 pour des faits de coups et blessures ainsi que pour la diffusion d’une photographie intime sur les réseaux sociaux sans le consentement de sa compagne. Le collectif précise également que cette procédure a été classée sans suite. Toutefois, l’association estime que ces éléments justifient un questionnement sur les critères retenus dans le choix des artistes invités à se produire devant le public local. « Nous continuons à nous interroger sur les choix de programmation du RG Room », écrit le CDDF65 dans son communiqué.

Un précédent avec la venue de Naps

L’organisation rappelle également sa mobilisation lors de la programmation de Naps. À cette occasion, le Collectif Droits des Femmes 65 avait appelé à manifester contre la tenue du concert. Selon le communiqué, l’association avait auparavant tenté d’alerter le gérant du RG Room sur ce qu’elle considère comme ses responsabilités en matière de programmation. Une démarche qui, selon le collectif, n’avait pas abouti. Cette nouvelle prise de position s’inscrit donc dans une action plus large menée par le CDDF65 autour de la représentation des violences faites aux femmes dans l’espace public et culturel.

La question du message adressé au public

Au-delà du cas particulier des artistes concernés, le collectif dit vouloir attirer l’attention sur les conséquences symboliques de certaines programmations. Le communiqué formule plusieurs interrogations : « Par la persistance de ses choix de programmation, quel message envoie-t-il au public, aux jeunes, aux femmes victimes de violence ? » Pour le CDDF65, la question dépasse le seul cadre de la liberté de programmation artistique. Elle concerne également la manière dont les établissements culturels participent à la construction des références et des modèles proposés au public.

Un appel à un espace culturel « respectueux, sain et inclusif »

Le Collectif Droits des Femmes 65 affirme ne pas être dans une logique d’opposition systématique au monde culturel ou musical. Dans son communiqué, il invite au contraire le gérant du RG Room à participer à la construction d’un « espace artistique respectueux, sain et inclusif ». L’association réaffirme par ailleurs sa volonté de poursuivre son engagement en faveur des victimes de violences. « Nous serons toujours là pour porter la voix des victimes », conclut le texte.

Les autorités locales destinataires du communiqué

Le communiqué a également été transmis à plusieurs représentants institutionnels. Le CDDF65 indique l’avoir adressé à Pascal Claverie, maire de Tarbes, rappelant que celui-ci avait réagi publiquement lors de la précédente polémique liée à la venue de Naps. Le document a également été envoyé à Jean Salomon, préfet des Hautes-Pyrénées, présenté par le collectif comme « premier et seul représentant de l’État dans le département ». Cette démarche vise à porter le débat au-delà du seul cadre associatif et à interpeller les responsables publics sur les enjeux soulevés par le collectif.

Un débat qui dépasse le cadre local

À travers cette nouvelle prise de position, le Collectif Droits des Femmes 65 relance une question régulièrement posée dans le secteur culturel : celle de la responsabilité des organisateurs et des programmateurs lorsque des artistes ont été impliqués, à divers degrés, dans des affaires judiciaires ou des accusations de violences. Entre liberté de création, présomption d’innocence, décisions de justice et attentes d’une partie du public, le sujet continue d’alimenter les débats. À Tarbes, la programmation du 12 juin au RG Room en constitue une nouvelle illustration.



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