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Soirée alcoolisée, arme laissée sans sécurité, ordres pour effacer les traces : trois militaires du 35e RAP mis en examen après la mort du brigadier Alexandre Lanckbeen, 21 ans
Quatre mois après la mort d’Alexandre Lanckbeen, brigadier de 21 ans du 35e régiment d’artillerie parachutiste de Tarbes, l’enquête judiciaire apporte de nouveaux éclaircissements sur les circonstances du drame survenu à l’hôpital militaire Percy. Consommation d’alcool, manipulation d’une arme de service et modification de la scène avant l’arrivée des enquêteurs : plusieurs éléments accablants ont conduit à la mise en examen de trois militaires.
Quatre mois après la mort d’Alexandre Lanckbeen, brigadier de 21 ans au 35e régiment d’artillerie parachutiste (RAP) de Tarbes, l’enquête judiciaire continue de dévoiler les circonstances d’un drame qui a profondément marqué l’unité tarbaise. Selon des éléments révélés par l’AFP et France 3 Occitanie, des militaires présents lors des faits ont modifié l’état des lieux avant l’arrivée des enquêteurs, sur instruction de leur supérieur.
Pour rappel, le jeune soldat avait été grièvement blessé par balle dans la nuit du 14 au 15 février 2026 à l’hôpital d’instruction des armées Percy, à Clamart, où plusieurs militaires du régiment tarbais étaient hébergés dans le cadre d’une mission Sentinelle. Malgré une intervention chirurgicale en urgence, Alexandre Lanckbeen est décédé cinq jours plus tard, le 20 février.
Les investigations ont établi qu’un groupe de sept militaires du 35e RAP s’était réuni dans une salle commune pour une soirée marquée par une importante consommation d’alcool. Rhum et bières auraient circulé en quantité avant qu’une manipulation d’arme ne soit effectuée au cours de ce qui est décrit par plusieurs témoins comme un « jeu » destiné à tester les réflexes des participants.
Des ordres hiérarchiques qui interrogent
Benjamin L., alors âgé de 20 ans, a reconnu être l’auteur du tir mortel. Lors de ses auditions, il a expliqué avoir pressé la détente en pensant que l’arme était vide, affirmant vouloir simplement entendre le « clic » du percuteur. Il a également indiqué qu’il n’avait pas vérifié si l’arme était chargée.
L’un des autres axes de l’enquête concerne également les responsabilités hiérarchiques. L’arme utilisée appartenait au chef de groupe, Mohamed C., 34 ans. Ce dernier a admis l’avoir laissée accessible dans une armoire de la salle commune, sans dispositif de sécurisation particulier. Une décision qui interroge au regard des règles de sécurité en vigueur dans l’armée.
Autre élément qui questionne : Mohamed C. a reconnu avoir demandé aux jeunes militaires de jeter les canettes de bière, de vider les poubelles et de remettre les lieux en ordre avant l’arrivée des forces de l’ordre. Toujours selon l’AFP, l’homme a expliqué aux enquêteurs avoir voulu limiter les conséquences disciplinaires liées à la consommation d’alcool plutôt que dissimuler les circonstances du drame. Plusieurs témoins confirment toutefois que des objets ont été retirés de la pièce sur instruction de la hiérarchie.
Trois militaires mis en examen
L’adjoint du chef de groupe, Fabien B., 30 ans, apparaît lui aussi au cœur du dossier. Certains témoignages le présentent comme l’un des initiateurs de la manipulation ayant précédé le coup de feu fatal. Son avocat conteste cette version et réfute l’existence d’un « jeu » au sens où l’entendent les enquêteurs.
Trois militaires ont été mis en examen dans cette affaire. Benjamin L. est poursuivi pour son rôle dans le tir qui a coûté la vie à Alexandre Lanckbeen. Mohamed C. et Fabien B. sont notamment visés pour des manquements présumés aux règles de sécurité ainsi que pour la modification de l’état des lieux après les faits.
Parallèlement à la procédure pénale, les deux cadres ont été écartés de leurs fonctions par l’armée. Ils pourraient faire l’objet de sanctions disciplinaires pouvant aller jusqu’à la résiliation de leur contrat.