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Conseil municipal : L’opposition dénonce une mise à l’écart à cause de ses actions en justice
La séance du conseil municipal d’Aureilhan du 8 juin a donné lieu à un nouvel épisode de tension entre la majorité municipale et le groupe d’opposition « Bien vivre ensemble à Aureilhan ». En cause : le refus du maire, Emmanuel Alonso, d’intégrer des élus d’opposition à plusieurs commissions communales. Une décision que l’édile a reliée à deux procédures engagées à son encontre par la cheffe de file de l’opposition, Virginie Faveron. Cette dernière dénonce une mise à l’écart de ses élus et une atteinte au fonctionnement démocratique de la collectivité.
Lors du conseil municipal du lundi 8 juin, le groupe d’opposition « Bien vivre ensemble à Aureilhan » a officiellement demandé l’intégration de ses six élus au sein de deux instances : la Commission communale des impôts directs (CCID) et la commission d’indemnisation amiable des commerces de la rue Jules-Guesde. Selon un communiqué transmis par l’opposition, cette demande avait été formulée de manière priorisée et présentée comme une démarche de participation aux travaux municipaux. Le maire d’Aureilhan, Emmanuel Alonso, a opposé un refus à cette demande.
Des procédures invoquées par le maire
D’après les propos rapportés dans le communiqué, Emmanuel Alonso a expliqué sa position par l’existence de deux procédures actuellement en cours. La première concerne un recours devant le tribunal administratif visant l’annulation des élections municipales. La seconde porte sur une plainte déposée auprès du procureur de la République par Virginie Faveron pour des faits qu’elle qualifie d’agression. Toujours selon le communiqué, le maire aurait déclaré être « sincèrement désolé pour les colistiers » de l’élue d’opposition, tout en indiquant qu’il ne modifierait pas sa position tant que ces procédures seraient en cours d’instruction.
L’opposition dénonce une confusion entre affaires personnelles et vie institutionnelle
Dans sa réaction, Virginie Faveron estime que cette décision prive une partie des électeurs de représentation dans certaines instances municipales. La conseillère municipale et communautaire considère que le refus d’intégrer les élus de son groupe aux commissions de travail constitue une mise à l’écart politique. Elle rappelle que la liste d’opposition a obtenu 43 % des suffrages lors du scrutin municipal, contre 57 % pour la majorité. Le groupe « Bien vivre ensemble à Aureilhan » affirme que les procédures judiciaires en cours ne devraient pas, selon lui, avoir d’incidence sur la participation des élus d’opposition aux travaux des commissions.
Des accusations de pression politique
Virginie Faveron va plus loin en estimant que la décision du maire pourrait être interprétée comme une forme de pression liée à la plainte qu’elle a déposée. L’élue considère que l’exclusion des commissions intervient dans un contexte de contentieux judiciaire et affirme y voir une tentative d’intimidation. Elle estime que l’exercice du mandat municipal ne devrait pas permettre, selon ses termes, d’écarter des élus de l’opposition en raison de différends personnels ou judiciaires. Aucune décision de justice n’est à ce jour intervenue concernant la plainte évoquée.
Une plainte toujours à l’étude
Virginie Faveron indique avoir pris contact avec le secrétariat du tribunal judiciaire afin de connaître l’état d’avancement de la procédure engagée le 16 mars. Selon les informations qu’elle rapporte, la plainte aurait bien été enregistrée et transmise à un magistrat chargé d’examiner le dossier. Celui-ci doit décider des suites éventuelles à donner à la procédure, qu’il s’agisse de l’ouverture d’une enquête ou d’un classement. L’élue précise qu’à ce stade aucune décision de classement n’aurait été prise. Elle indique également avoir transmis aux services judiciaires des éléments relatifs aux échanges intervenus lors du conseil municipal du 8 juin, estimant qu’ils viennent compléter le dossier déjà constitué.
Un climat politique de plus en plus tendu
Au-delà du différend sur les commissions, la séance a également donné lieu à une remarque de Virginie Faveron concernant le déroulement des échanges au sein du conseil. L’élue affirme dans son communiqué avoir interpellé le maire sur ce qu’elle considère comme un traitement différencié à son égard. Elle évoque notamment l’utilisation de formules de salutation qu’elle juge moins protocolaires que celles employées envers certains élus masculins de l’assemblée. Cette appréciation est contestée dans son principe par la majorité municipale, mais elle illustre le niveau de tension qui caractérise actuellement les relations entre les deux camps.
Dans l’attente des décisions de justice
Le groupe « Bien vivre ensemble à Aureilhan » affirme vouloir poursuivre son travail d’opposition municipale et continuer à participer à la vie publique locale malgré ce refus d’intégration aux commissions concernées. Le recours électoral devant le tribunal administratif doit connaître une évolution prochainement, tandis que la procédure liée à la plainte déposée auprès du procureur de la République suit son cours. Selon les informations rapportées par Virginie Faveron après son échange avec le secrétariat judiciaire, les délais d’instruction peuvent s’étendre sur une période longue, pouvant aller de plusieurs mois à plusieurs années selon la nature et la charge des dossiers traités. Dans ce contexte, le différend entre majorité et opposition apparaît appelé à se poursuivre bien au-delà de la seule séance du conseil municipal du 8 juin.