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Affaire de la mort d’Élisa Pilarski : Christophe Ellul condamné, le tribunal ordonne l’euthanasie du chien Curtis
Plus de six ans après la mort d’Élisa Pilarski, originaire de Rébénacq dans les Pyrénées-Atlantiques, en forêt de Retz, le tribunal correctionnel de Soissons a rendu son jugement ce jeudi 11 juin 2026. Christophe Ellul a été condamné à quatre ans d’emprisonnement avec sursis pour homicide involontaire. Les magistrats ont également ordonné l’euthanasie de Curtis, le chien désigné comme responsable des blessures mortelles de la jeune femme enceinte de six mois au moment des faits.
Après plusieurs années d’enquête, d’expertises et de débats judiciaires, l’affaire Élisa Pilarski (Rébénacq dans les Pyrénées-Atlantiques) a connu son épilogue judiciaire de première instance. Réuni ce jeudi 11 juin, le tribunal correctionnel de Soissons a condamné Christophe Ellul, 51 ans, à quatre ans de prison avec sursis pour homicide involontaire par agression d’un chien. Le tribunal a également ordonné l’euthanasie de Curtis, le chien impliqué dans le décès d’Élisa Pilarski, retrouvée morte le 16 novembre 2019 en forêt de Retz, dans l’Aisne. Une décision conforme aux réquisitions du ministère public.
Un chien jugé dangereux et « hors de contrôle »
Dans son jugement, le tribunal a considéré que Christophe Ellul portait une responsabilité directe dans le comportement de l’animal. Les magistrats ont estimé qu’il avait entraîné Curtis jusqu’à ce qu’il soit « conditionné à l’attaque ». Ils ont également relevé que le chien, placé dans un chenil depuis les faits, était aujourd’hui « hors de contrôle ». Cette appréciation s’inscrit dans la continuité des conclusions retenues au cours de l’instruction judiciaire, qui avait conduit au renvoi de Christophe Ellul devant le tribunal correctionnel.
Un drame survenu en forêt de Retz en novembre 2019
L’affaire remonte au 16 novembre 2019. Ce jour-là, Élisa Pilarski, 29 ans, originaire de Rébénacq dans les Pyrénées-Atlantiques, effectue une promenade dans la forêt de Retz avec Curtis, le chien de son compagnon Christophe Ellul. Enceinte de six mois, la jeune femme est retrouvée morte quelques heures plus tard. Son corps porte de multiples morsures. Son enfant à naître décède également. Rapidement, la question de l’origine de l’attaque devient centrale. Christophe Ellul affirme alors que des chiens participant à une chasse à courre organisée à proximité seraient responsables du drame. Au fil des investigations, les expertises menées sur les blessures, les traces biologiques et les différents éléments matériels orientent toutefois les enquêteurs vers une autre hypothèse : celle d’une attaque commise par Curtis.
Une instruction marquée par de nombreuses expertises
L’information judiciaire ouverte à Soissons va durer près de cinq ans. Les investigations portent notamment sur les circonstances précises du décès, le comportement de Curtis, son historique ainsi que les conditions dans lesquelles il était détenu et entraîné. Les expertises révèlent notamment que Curtis avait participé, quelques mois avant le drame, à une compétition de mordant sportif en Belgique. L’instruction s’intéresse également à la nature exacte du chien, présenté initialement comme un croisement mais identifié comme un pitbull, catégorie dont la détention est strictement encadrée en France. Le 3 mars 2021, Christophe Ellul est mis en examen. Le 16 août 2024, le juge d’instruction signe une ordonnance de clôture et ordonne son renvoi devant le tribunal correctionnel de Soissons.
Trois fautes caractérisées retenues par l’instruction
Dans son ordonnance de renvoi, le magistrat instructeur estime que trois fautes caractérisées peuvent être imputées à Christophe Ellul. Selon cette analyse, il lui est reproché : d’avoir illégalement importé Curtis sur le territoire français ; d’avoir illégalement dressé l’animal, notamment au mordant ; de ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour éviter qu’Élisa Pilarski, enceinte, ne se retrouve seule avec un chien qu’elle n’était pas en mesure de maîtriser. Le juge d’instruction retient également plusieurs circonstances aggravantes liées à la détention de l’animal, à l’absence de permis de détention et aux conditions de dressage du chien. Ces éléments avaient conduit le parquet à poursuivre Christophe Ellul pour homicide involontaire par agression d’un chien aggravé.
Le rôle de la famille et de son avocat
Au cours de la procédure, la famille d’Élisa Pilarski s’est constituée partie civile. Les intérêts de Nathalie Pilarski, mère de la victime, et de Vincent Labastarde, son oncle, ont été défendus par Me Xavier Terquem, avocat au barreau de Tarbes. Arrivé dans le dossier fin 2020, l’avocat a notamment demandé plusieurs investigations complémentaires. Parmi celles-ci figurait l’exploitation du téléphone portable d’Élisa Pilarski, dont les données ont été intégrées à l’instruction. Tout au long de la procédure, la famille de la victime a contesté la thèse d’une responsabilité des chiens de chasse et soutenu les conclusions des expertises désignant Curtis comme auteur des morsures mortelles.

Un procès ouvert en mars 2026
Le procès de Christophe Ellul s’était ouvert le 3 mars 2026 devant le tribunal correctionnel de Soissons. Pendant les audiences, les débats avaient porté sur les circonstances du drame, la dangerosité de Curtis, les conditions de son dressage ainsi que les responsabilités de son propriétaire. La question de l’euthanasie du chien avait également été examinée par la juridiction. Le jugement rendu ce 11 juin 2026 met un terme à cette première phase judiciaire, même si les voies de recours demeurent ouvertes.
Une affaire qui a profondément marqué l’opinion
Depuis novembre 2019, l’affaire Pilarski a suscité une importante couverture médiatique nationale et de vifs débats autour de la responsabilité des propriétaires de chiens, du dressage au mordant et de la réglementation applicable aux animaux considérés comme dangereux. Plus de six ans après la mort d’Élisa Pilarski et de l’enfant qu’elle portait, la justice a estimé que la responsabilité pénale de Christophe Ellul était engagée. Le tribunal correctionnel de Soissons a ainsi condamné le quinquagénaire à quatre ans de prison avec sursis et ordonné l’euthanasie de Curtis, considéré comme l’auteur de l’attaque mortelle survenue dans la forêt de Retz.