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Il jette un cendrier au visage de son ex-compagne, la frappe et lui vide une bière dessus, sous les yeux de leur fils de 3 ans qui tente de s’interposer
Un homme de 32 ans, en état de récidive légale, a été jugé par le tribunal de Tarbes dans le cadre d’une comparution immédiate pour des faits de violences sur conjoint, survenus ce lundi 8 juin, en présence d’un mineur, en l’occurrence son fils qu’il a repoussé, dans un contexte de récidive et de fragilité sociale.
Ce lundi soir, les policiers de Tarbes interviennent au domicile d’une mère de famille qui s’est réfugiée dans sa chambre puis dans sa cuisine pour échapper à la violence de son ex-conjoint qui l’a frappée au visage, après lui avoir lancé un cendrier à l’arcade et avoir renversé une bière sur la victime. Des violences qui n’épargnent pas les trois enfants présents au domicile. Si les deux plus petits, âgés de 1 et 2 ans, dorment, l’aîné, de 3 ans et demi, tentera de s’interposer pour protéger sa mère. C’est là que son père va le repousser, avant de proférer, selon la mère, des menaces à l’égard de son ex-conjointe et de son enfant : « Ce sera le dernier jour de ta vie. Je vais crever ton fils… »
« C’est lui qui m’a sauvé la vie »
L’examen clinique réalisé à l’hôpital sur la mère révèle des blessures nécessitant dix jours d’ITT, alors que l’auteur présumé fait déjà l’objet de plusieurs condamnations, dont un sursis pour des faits déjà commis sur son ex-conjointe, avec une interdiction d’entrer en contact avec la victime. « Je voulais voir mes enfants et jouer avec mon fils », expliquera ce dernier, qui dit être hébergé par son ex-compagne depuis plusieurs mois, suite à une opération aux vertèbres. « Il y avait d’autres possibilités en se rapprochant du SPIP », dira la juge, qui explique que la victime a eu peur de mourir, ne voulant pas laisser ses enfants entre ses mains. « Il voulait tout casser », dira-t-elle. « Je reconnais les faits de violence, même si je ne voulais pas la blesser à la tête. Je ne devais pas la voir. Quant à mon fils, je ne lui ai jamais fait de mal. C’est mon préféré. C’est lui qui m’a sauvé la vie. C’est elle qui crie en permanence sur ses enfants. »
Des faits qui entraînent une souffrance chez l’enfant, attestée par les médecins et défendue par Me Balespouey. « La seule faute de ces enfants est d’être nés dans le foyer d’un homme violent, dira l’avocate. Aujourd’hui, il minimise les faits, met une distance avec ses enfants, en disant les siens, de son ex-compagne. Or, à 3, 2 et 1 ans, ils sont confrontés aux peurs, aux cris, aux menaces et aux violences de ce père qui devrait être un refuge et qui disait, lors de la précédente audience, avoir peur de lui pour ses enfants. Aujourd’hui, la situation est plus dangereuse encore et on sait combien tout ça laisse des traces chez ces jeunes enfants. »
« Des violences qui laissent des traces »
Des violences « d’une intensité particulière sur fond d’ivresse qui désinhibe quand on a un fond d’agressivité », estime le parquet. « Ces enfants auxquels il tient tant, qu’il dit vouloir protéger de leur mère, sont aujourd’hui victimes de ses violences, indirectement et aujourd’hui plus directement. » Le parquet requiert trois ans de prison ferme avec révocation totale du sursis d’un an, avec un suivi sociojudiciaire de trois ans et une interdiction de contact avec la victime et les enfants.
Pour la défense, Me Dirasse regrette qu’on ne « reprenne que la version de la victime. Comment celle-ci peut-elle être crédible quand elle décrit un chaos alors que les deux enfants dorment ? Je ne dis pas que c’est totalement faux, d’autant que mon client reconnaît des faits, mais ce n’est pas la gravité de cette scène-là. D’ailleurs, les voisins expliquent que madame passe son temps à crier sur les enfants. Lucide, il voulait partir de Tarbes ce mois-ci pour se reconstruire et, quand le travail serait fait, revenir pour retrouver sa place de père. » Et de regretter des peines requises « extrêmement sévères. Notamment l’interdiction de contact avec les enfants alors qu’on est au début d’une histoire. Cela sanctionne l’avenir. »
« Je n’aurais jamais tapé ni menacé de mort mon fils », conclura le père. Il sera finalement relaxé pour les menaces et une partie des violences sur mineur, mais condamné finalement à deux ans de prison ferme et à la révocation partielle du sursis à hauteur de six mois.