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Pyrénées – Ours brun dans les Pyrénées : vers un effarouchement plus réactif au service des éleveurs


Le projet de modification de l’arrêté du 4 mai 2023 relatif aux mesures d’effarouchement de l’ours brun dans les Pyrénées est accueilli favorablement par les Jeunes Agriculteurs des Hautes-Pyrénées. L’organisation syndicale estime que cette évolution pourrait permettre une intervention plus rapide face aux situations de prédation, tout en maintenant le cadre de protection de l’espèce.

Dans un communiqué publié le 12 juin à Tarbes, les Jeunes Agriculteurs des Hautes-Pyrénées ont fait part de leur satisfaction concernant le projet de modification de l’arrêté du 4 mai 2023 encadrant les mesures d’effarouchement de l’ours brun dans les Pyrénées. Selon l’organisation syndicale, cette évolution apporte une réponse aux difficultés rencontrées par les éleveurs confrontés aux attaques sur les troupeaux. Elle considère que le nouveau dispositif permettrait de concilier la protection d’une espèce strictement protégée avec les besoins des professionnels du pastoralisme.

Davantage de souplesse dans les interventions

Parmi les principales évolutions mises en avant figure l’élargissement des personnes habilitées à participer aux opérations d’effarouchement renforcé. Le texte prévoit en effet que des éleveurs, des bergers, des gestionnaires d’estives ainsi que des lieutenants de louveterie, sous réserve d’être formés et encadrés, puissent intervenir directement dans le cadre de ces opérations. Pour les Jeunes Agriculteurs des Hautes-Pyrénées, cette mesure répond à une demande exprimée sur le terrain. L’objectif affiché est de permettre une intervention plus rapide lorsque des troupeaux sont menacés par la présence d’un ours.

Des mesures expérimentées depuis plusieurs années

Le syndicat agricole rappelle que les mesures d’effarouchement renforcé font l’objet d’expérimentations depuis 2019. Selon les bilans évoqués dans le communiqué, ces dispositifs auraient démontré leur utilité pour prévenir les attaques sur les troupeaux. Les Jeunes Agriculteurs des Hautes-Pyrénées indiquent que les opérations réalisées ont permis d’éloigner les ours concernés sans qu’un impact négatif sur la population de l’espèce n’ait été constaté. Le communiqué souligne également qu’aucun comportement agressif n’aurait été observé lors des interventions menées. L’organisation précise en outre qu’aucun ourson n’aurait été séparé de sa mère au cours des opérations réalisées et que les munitions en caoutchouc prévues comme ultime recours n’auraient jamais été utilisées.

La réactivité, un enjeu central pour les éleveurs

Pour les représentants du monde agricole, la capacité d’agir rapidement après un épisode de prédation constitue un facteur déterminant de l’efficacité du dispositif. Les éleveurs et les bergers étant les premiers confrontés aux attaques sur les troupeaux, leur implication directe dans les opérations d’effarouchement est présentée comme une avancée importante. Selon les Jeunes Agriculteurs des Hautes-Pyrénées, cette proximité avec le terrain pourrait favoriser des interventions plus rapides et adaptées aux situations rencontrées.

Un cadre strict maintenu

Le syndicat souligne toutefois que cette évolution réglementaire ne remet pas en cause les garanties existantes. Les opérations d’effarouchement resteront soumises à plusieurs conditions, notamment une autorisation préalable du préfet. Les personnes amenées à intervenir devront également suivre une formation dispensée par l’Office français de la biodiversité. Des obligations de suivi et de compte-rendu continueront par ailleurs à encadrer chaque opération.

Préserver le pastoralisme de montagne

En conclusion, les Jeunes Agriculteurs des Hautes-Pyrénées rappellent l’importance de la protection des troupeaux pour l’avenir du pastoralisme. Selon eux, cette activité joue un rôle essentiel dans l’entretien des paysages de montagne et dans la vie économique des territoires pyrénéens. L’organisation considère ainsi que l’évolution envisagée du dispositif d’effarouchement constitue un outil supplémentaire pour accompagner les éleveurs confrontés à la prédation, dans le respect du cadre de protection de l’ours brun.

L’association One Voice appelle à s’opposer au projet de modification de l’arrêté encadrant les mesures d’effarouchement de l’ours brun dans les Pyrénées. Soumis à consultation publique jusqu’au 29 juin par le ministère de la Transition écologique, le texte prévoit notamment un élargissement des personnes autorisées à participer aux opérations d’effarouchement renforcé.

Le ministère de la Transition écologique a mis en consultation publique un projet de modification de l’arrêté relatif aux mesures d’effarouchement de l’ours brun dans les Pyrénées. Cette consultation est ouverte jusqu’au 29 juin. L’association de protection animale One Voice s’est prononcée contre ce projet et invite les citoyens à déposer un avis défavorable. Selon elle, les modifications envisagées conduiraient à une généralisation des effarouchements renforcés, alors que ces mesures devraient, selon l’association, conserver un caractère exceptionnel.

Des opérations destinées à faire fuir les ours

Dans son analyse du projet, One Voice rappelle que les effarouchements renforcés reposent sur l’utilisation de cartouches à double détonation tirées au fusil afin d’éloigner les ours présents à proximité des troupeaux. Ces interventions se déroulent généralement de nuit et peuvent être renouvelées plusieurs fois sur une même estive. L’association considère que ces opérations constituent une forme de harcèlement des animaux et souligne les perturbations qu’elles peuvent engendrer pour les individus concernés.

Les inquiétudes concernant les femelles accompagnées de leurs petits

Parmi les points les plus critiqués par One Voice figure l’évolution des conditions encadrant les interventions en présence d’ourses accompagnées de leurs oursons. L’association estime que le projet réduit les garanties de protection accordées à ces animaux. Elle relève notamment que le texte remplacerait l’exigence de « conséquences dommageables certaines à venir pour le troupeau » par un critère de « vigilance particulière ». Pour One Voice, cette modification pourrait accroître les risques de perturbation des mères et de leurs petits lors des opérations d’effarouchement.

Un élargissement des intervenants autorisés

Le projet d’arrêté prévoit également d’ouvrir la possibilité de participer aux effarouchements renforcés à de nouveaux acteurs de terrain. Éleveurs, bergers, membres de groupements pastoraux, gestionnaires d’estives et lieutenants de louveterie pourraient ainsi être autorisés à intervenir dans le cadre de ces opérations, sous les conditions prévues par le dispositif réglementaire. Selon One Voice, cette évolution entraînerait mécaniquement une augmentation du nombre d’interventions et contribuerait à banaliser une mesure dérogatoire.

L’efficacité des tirs remise en question

L’association conteste également l’efficacité à long terme des effarouchements renforcés. Elle affirme qu’aucun protocole scientifique n’aurait démontré leur efficacité durable pour prévenir les prédations. One Voice souligne par ailleurs que la population d’ours des Pyrénées demeure fragile et estime que toute évolution réglementaire devrait tenir compte de cet enjeu de conservation.

Défendre la coexistence entre élevage et faune sauvage

Face à ce projet, l’association réaffirme son opposition au principe même des effarouchements. Elle plaide pour une coexistence entre l’activité pastorale et la présence de l’ours fondée sur des mesures de protection des troupeaux plutôt que sur des interventions visant directement les animaux. Dans cette perspective, One Voice appelle les citoyens à participer à la consultation publique en cours avant sa clôture le 29 juin.



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