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Pyrénées – Thermalisme : une évaluation décisive s’ouvre pour l’avenir des cures en France
Alors que la Haute Autorité de Santé s’apprête à évaluer le service médical rendu des cures thermales, la troisième Journée parlementaire du Thermalisme a placé l’avenir du secteur au cœur du débat public. Entre enjeux de santé, prévention des maladies chroniques, maintien de l’offre de soins et développement des territoires, les acteurs du thermalisme défendent une médecine qu’ils jugent plus que jamais utile. Denis Fégné, député des Hautes-Pyrénées, fait le point.
À l’Assemblée nationale, élus, scientifiques, professionnels de santé et représentants des patients ont débattu de la place du thermalisme dans le système de santé. Alors que la Haute Autorité de Santé engage une évaluation du service médical rendu des cures thermales, les acteurs du secteur y voient une étape majeure pour l’avenir de cette médecine et de nombreux territoires. Denis Fégné, député des Hautes-Pyrénées et président du groupe d’études Thermalisme de l’Assemblée nationale, a fait une conférence presse vendredi dernier afin de présenter les principaux enseignements de cette rencontre et les perspectives qu’elle ouvre pour l’avenir du thermalisme en France.
Une première Journée parlementaire organisée à l’Assemblée nationale
Le 27 mai dernier, l’Assemblée nationale accueillait la troisième Journée parlementaire du Thermalisme. Après deux premières éditions organisées au Sénat à l’initiative du sénateur Jean-Marc Boyer, cette rencontre marquait une nouvelle étape dans les échanges autour de la médecine thermale. Plus de 120 participants ont pris part aux débats : parlementaires, scientifiques, professionnels de santé, représentants des patients et acteurs du secteur thermal. L’objectif affiché était d’ouvrir le dialogue au-delà des seuls défenseurs du thermalisme, en confrontant différents points de vue et en répondant aux interrogations soulevées par cette pratique de soins.
Une évaluation de la Haute Autorité de Santé au cœur des discussion
Cette édition intervenait dans un contexte particulier. Le gouvernement a en effet saisi la Haute Autorité de Santé (HAS) afin qu’elle procède à une évaluation du service médical rendu par le thermalisme. Selon le calendrier présenté, une première phase de cadrage doit se dérouler tout au long de l’année 2026 avant le lancement des travaux d’évaluation à partir de 2027. Pour Denis Fégné, cette démarche constitue une opportunité. Il estime qu’elle permettra d’examiner le thermalisme sur la base de données scientifiques et d’apporter une reconnaissance institutionnelle supplémentaire à cette pratique médicale. Le député a rappelé que l’Association française pour la recherche thermale (AFRETH) a financé plus de 60 études cliniques ainsi que de nombreuses publications consacrées aux effets des cures thermales dans différentes indications thérapeutiques.
Un débat sur le remboursement toujours présent
L’évaluation de la HAS intervient également dans un contexte de débats récurrents sur la prise en charge des cures thermales par l’Assurance maladie. Chaque année, des amendements parlementaires proposent de remettre en cause ce remboursement. Denis Fégné a indiqué espérer que les conclusions de la HAS permettront de clarifier durablement le débat en validant, le cas échéant, le service médical rendu des cures thermales. Dans l’attente des résultats de l’évaluation, il plaide pour qu’aucune remise en cause du remboursement n’intervienne durant la période d’expertise, qui pourrait s’étendre sur plusieurs mois. Le député souligne également que le thermalisme représente, selon lui, 0,1 % des dépenses de l’Assurance maladie et estime que la question centrale doit porter sur son utilité collective et ses effets sur le système de santé.
Le thermalisme face au défi des maladies chroniques
Au-delà des enjeux financiers, les discussions ont largement porté sur la place que pourrait occuper la médecine thermale dans les politiques de prévention et de prise en charge des maladies chroniques. Denis Fégné a rappelé que le vieillissement de la population et la progression des affections de longue durée constituent des défis majeurs pour le système de santé. Selon les chiffres évoqués lors de la conférence de presse, plus de 14 millions de Français sont aujourd’hui concernés par une affection de longue durée, un nombre qui pourrait atteindre 18 millions d’ici 2035. Dans ce contexte, le thermalisme est présenté comme une approche complémentaire, fondée sur des soins non médicamenteux et intégrée à un parcours de soins coordonné. Si la rhumatologie représente aujourd’hui plus de 80 % des cures prescrites, la médecine thermale intervient également dans d’autres domaines, notamment les affections respiratoires, dermatologiques, vasculaires ou psychosomatiques. Elle est aussi mobilisée dans l’accompagnement de certaines situations liées à l’obésité, à l’après-cancer ou encore à la santé mentale.
Des bénéfices avancés pour les patients
Au cours des échanges, plusieurs effets potentiels des cures thermales ont été mis en avant. Selon les témoignages évoqués par Denis Fégné, les patients rapportent notamment une amélioration de leur qualité de vie, une réduction des douleurs chroniques, un regain d’autonomie ou encore une diminution de certaines consommations médicamenteuses. Le député estime également que le thermalisme pourrait contribuer à limiter certaines hospitalisations et générer des économies pour le système de santé, même si l’évaluation engagée par la HAS devra précisément examiner ces différents aspects.
Un enjeu économique pour les territoires ruraux et de montagne
La question territoriale a occupé une place importante dans les débats. Selon les données présentées, plus de 70 % des établissements thermaux sont implantés dans des communes de moins de 5 000 habitants. Pour de nombreux territoires ruraux ou de montagne, ils constituent un élément structurant de l’offre de santé et de l’activité économique locale. Dans les Hautes-Pyrénées, département représenté par Denis Fégné, sept établissements thermaux sont en activité. Le député souligne leur rôle dans l’attractivité des territoires, le maintien de professionnels de santé ainsi que dans les retombées économiques liées à l’hébergement, à l’hôtellerie et au tourisme. Dans un contexte marqué par les difficultés d’accès aux soins dans certaines zones, les établissements thermaux sont également présentés comme un facteur contribuant au maintien d’une présence médicale locale.
Vers une évolution du modèle thermal ?
Au-delà de l’évaluation en cours, plusieurs pistes d’évolution ont été évoquées. Denis Fégné souhaite notamment renforcer la place de la médecine thermale dans la formation des futurs médecins afin qu’elle soit mieux connue et davantage intégrée aux parcours de soins. Il plaide également pour un développement de la dimension préventive du thermalisme et appelle à un travail collectif associant la Haute Autorité de Santé, le ministère de la Santé, les chercheurs, les professionnels et les représentants des patients. Parmi les sujets susceptibles d’être abordés figurent notamment la durée des cures, l’ouverture de nouvelles indications thérapeutiques ou encore l’évolution de la place du thermalisme dans l’organisation des soins.
Une étape déterminante pour l’avenir du secteur
À l’issue de cette troisième Journée parlementaire du Thermalisme, un constat semble partagé par les participants : l’évaluation engagée par la Haute Autorité de Santé constituera une étape majeure pour l’avenir de la médecine thermale en France. Pour ses défenseurs, elle représente l’occasion de disposer d’une expertise indépendante permettant d’éclairer les décisions publiques à venir. Pour les stations thermales, les patients et les territoires concernés, les conclusions attendues dans les prochaines années pourraient peser durablement sur l’avenir du secteur et sur sa place dans les politiques de santé publique.

















