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Assassinat de Benjamin Arnauné : Tatiana B. demande sa remise en liberté, la cour d’appel rendra sa décision le 30 juin


Malgré une mise en examen pour assassinat et un risque de réclusion criminelle à perpétuité, Tatiana B., suspectée d’avoir tué son ancien compagnon Benjamin Arnauné à Lesponne fin 2023, sollicite sa remise en liberté. La chambre de l’instruction de la cour d’appel a examiné sa demande ce mardi 23 juin. La décision sera rendue le 30 juin.

La chambre de l’instruction de la cour d’appel a étudié, ce mardi 23 juin 2026, la demande de remise en liberté déposée par Tatiana B., mise en examen pour l’assassinat présumé de son ancien compagnon, Benjamin Arnauné. Les magistrats ont mis leur décision en délibéré et rendront leur arrêt le 30 juin prochain. Âgée de 37 ans, Tatiana B. est détenue provisoirement depuis sa mise en examen dans le cadre de l’enquête sur la mort du rugbyman Benjamin Arnauné, survenue dans la nuit du 29 au 30 décembre 2023 à Lesponne, sur la commune de Bagnères-de-Bigorre.

Une demande de remise en liberté examinée par la cour

Au cours de l’audience, le procureur général s’est opposé à la demande de remise en liberté de la mise en examen. « Elle encourt la perpétuité et pourtant elle demande sa libération. On se demande si elle est bien avec nous », précise nos confrères de Ici Béarn-Bigorre sur leur site internet. Face aux magistrats, Tatiana B. a affirmé être pleinement consciente de la gravité des accusations portées contre elle. Selon les propos rapportés par nos confrères d’Ici Béarn Bigorre, elle a déclaré : « Je suis très consciente des faits qui me sont reprochés. J’y travaille en détention. Je regrette. Je pense que je l’ai assez dit. Je ne recommencerais pas. C’est un cas isolé. »

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Une affaire qui remonte à la nuit du 29 au 30 décembre 2023

L’affaire trouve son origine dans l’incendie d’un gîte situé à Lesponne, dans la vallée de Campan. Le 30 décembre 2023, peu après 7 heures du matin, les secours étaient alertés pour un feu en cours dans une habitation. Une fois l’incendie maîtrisé, un corps calciné était découvert dans les décombres. Une enquête de flagrance pour meurtre était immédiatement ouverte par le parquet de Tarbes et confiée à la Section de recherches de Toulouse, assistée par la Brigade de recherches de la gendarmerie de Bagnères-de-Bigorre. Les premières investigations orientaient rapidement les enquêteurs vers Benjamin Arnauné, né en 1990, et son ancienne compagne Tatiana B., alors en cours de séparation. Cette dernière était hébergée dans le gîte le temps de trouver un nouveau logement.

Des éléments qui conduisent à l’ouverture d’une information judiciaire

Selon les éléments communiqués par le parquet de Pau au début de l’enquête, Benjamin Arnauné avait demandé à son ancienne compagne de quitter les lieux avant la fin de l’année 2023. Les investigations ont également établi que Tatiana B. avait pu se procurer une arme à feu quelques jours avant les faits. Le procureur avait confirmé qu’elle avait retiré 5 000 euros en espèces et acquis un fusil de chasse peu avant le drame. Après plusieurs jours de recherches, Tatiana B. avait été interpellée le 4 janvier 2024 à Aurensan avant d’être placée en garde à vue le lendemain.

Les déclarations de Tatiana B. en garde à vue

Au cours de son audition, Tatiana B. avait évoqué une altercation verbale survenue dans la nuit du 29 au 30 décembre 2023. Selon sa version, Benjamin Arnauné lui demandait une nouvelle fois de quitter le logement. Elle a reconnu s’être emparée d’un fusil et avoir tiré en direction de son ancien compagnon. Elle a toutefois soutenu que le coup de feu était parti accidentellement dans un contexte de forte tension émotionnelle. D’après les éléments communiqués par le parquet, elle a ensuite constaté que Benjamin Arnauné ne respirait plus. Elle a déclaré avoir alors mis le feu à l’habitation à l’aide d’une bouteille d’essence avant de quitter les lieux. Le rapport d’autopsie a conclu que la cause du décès était compatible avec « un traumatisme craniocérébral par projectile d’arme à feu ».

La question de l’arme au cœur des investigations

Les investigations ont également mis en lumière plusieurs démarches effectuées par Tatiana B. quelques semaines avant les faits. Début décembre 2023, elle s’était rendue dans une armurerie d’Ibos afin de faire expertiser deux armes présentées comme appartenant à son grand-père. Un salarié de l’établissement avait indiqué qu’elle souhaitait simplement vérifier leur état de fonctionnement. Selon ce témoignage, les armes examinées étaient un fusil de chasse semi-automatique de calibre 12 et une carabine. L’employé avait précisé que la cliente n’avait formulé aucune autre demande particulière et n’avait pas cherché à acheter de munitions. Par ailleurs, les proches de Tatiana B. se seraient inquiétés de la disparition de ces armes et auraient tenté de les récupérer avant les faits.

Une séparation difficile selon plusieurs témoignages

Au fil de l’enquête, plusieurs proches de Benjamin Arnauné ont décrit un contexte de séparation particulièrement tendu. Un ami du rugbyman a notamment indiqué que Tatiana B. aurait eu des difficultés à accepter la rupture. Il a évoqué plusieurs incidents intervenus dans les semaines précédant le drame, notamment des tensions avec la nouvelle compagne de Benjamin Arnauné. Ces déclarations s’inscrivent toutefois dans le cadre de témoignages recueillis au cours de l’enquête et devront être confrontées aux autres éléments du dossier. Le 5 janvier 2024, à l’issue de sa garde à vue, Tatiana B. avait été présentée à un juge d’instruction du pôle de l’instruction du tribunal judiciaire de Pau. Elle avait été mise en examen du chef d’assassinat puis placée en détention provisoire conformément aux réquisitions du parquet. Depuis, les investigations se poursuivent afin de déterminer précisément les circonstances des faits et leur contexte. Près de deux ans et demi après le drame qui a coûté la vie à Benjamin Arnauné, la question du maintien en détention de Tatiana B. se pose désormais devant la cour d’appel. La chambre de l’instruction rendra sa décision le 30 juin prochain.



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