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À 70 ans, le Nordiste pulvérise le record d’Europe du 100 m nage libre : le retraité dunkerquois qui fait sensation aux championnats de France Masters de Tarbes
La natation Masters célèbre la longévité et la passion. À 70 ans, un nageur nordiste décroche quatre titres nationaux et un record d’Europe du 100 m nage libre (1.05.07). Une performance portée par le plaisir et l’esprit d’équipe.
Jean-Pierre Delaporte fait partie du millier de concurrents venus à Tarbes pour disputer les championnats de France Masters de natation, de jeudi jusqu’à ce dimanche. Aussi, n’a-t-il pas hésité à traverser l’Hexagone depuis le Nord pour tenter de décrocher un podium. Avec succès puisqu’à 70 ans, le nageur du club de Dunkerque est monté sur la première marche de quatre podiums tout en signant un tonitruant record d’Europe du 100 m nage libre en catégorie C10 (70-74 ans).
Vous faites de la compétition depuis longtemps ?
Ça fait dix ans que je m’y suis remis sérieusement, mais avant, j’étais déjà dans le club. Après le service militaire, j’ai continué un temps, puis il y a eu de la lassitude, la famille, les enfants. Je me suis mis au vélo, au squash, j’ai d’ailleurs été classé en squash. J’ai même tenté le triathlon, mais il faut vraiment une grosse préparation pour ça. Finalement, je suis revenu à la natation et depuis une quinzaine d’années, je nage en masters.
Aujourd’hui, vous êtes le junior de votre catégorie…
(rire) Je viens de rentrer en catégorie C10, c’est-à-dire les 70-75 ans. Cela donne la pêche et de nouveaux objectifs ! L’avantage, c’est que les catégories changent tous les cinq ans. Alors quand même, quand vous arrivez à la fin d’une catégorie, c’est dur parce qu’il y a un peu de nostalgie et des jeunes qui montent. Mais dès que vous changez, ça redonne une motivation. Pendant deux ans, on vise les records, c’est un petit coup de boost.

Vous venez de battre un record d’Europe. C’est quand même impressionnant.
Cette fois, c’était sur 100 mètres libre. Je préfère le bassin de 25 mètres ; cet hiver, j’en ai pris quatre en 25 mètres : papillon, dos, et d’autres. Là, maintenant je suis en C10. Avant, je n’en battais pas autant. Disons que, depuis trois ou quatre ans, ces records d’Europe sont devenus accessibles pour moi, ce qui n’était pas le cas avant. Et je suis vraiment très heureux.
Qu’est-ce qui explique cette performance tardive ?
C’est le résultat du travail, mais surtout du plaisir. Je dis tout le temps que sans plaisir, on n’obtient rien. Et puis, il y a l’équipe : chez nous, c’est top, il y a des jeunes, des moins jeunes, ça vanne pas mal à l’entraînement. Cette ambiance-là, ça compte beaucoup. C’est plus difficile avec l’âge, on ne va pas se mentir. Les grosses séances à la suite, ça pique… Parfois, c’est trois semaines intenses et il faut tenir !
La natation occupe bien votre retraite ?
Oui, depuis huit ans que je suis à la retraite, ça aide à garder la forme. Mais il n’y a pas que ça : il y a la famille, les enfants, les petits-enfants. J’ai aussi une maison à Millau, dans l’Aveyron, donc j’y vais souvent. Ça change du Nord !
Beaucoup de gens vous saluent. Vous êtes reconnu dans le milieu.
C’est vrai qu’il y a ce côté sympa dans les compétitions Masters. Il y a de l’amitié entre les concurrents. Alors, on se prend au sérieux, mais aussi on rigole bien, on parle pas mal, on se donne des tuyaux. C’est ça qui est chouette, vraiment.