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À 94 ans, il buvait son café en terrasse à Tarbes quand une voiture l’a percuté : la conductrice, alcoolisée et sans permis, a exprimé de profonds regrets devant le tribunal
Deux ans après avoir foncé dans la terrasse du bar « Le Landais », avenue de la Marne à Tarbes, une conductrice d’une trentaine d’années a été jugée devant le tribunal correctionnel. Alcoolisée, sans permis valide et avec son bébé à bord, elle a percuté un habitué âgé de 94 ans, projeté sur plusieurs mètres. À la barre, la conductrice a exprimé de profonds regrets et est revenue sur les circonstances de l’accident.
Deux ans après avoir perdu le contrôle de son véhicule et percuté la terrasse du bar Le Landais, avenue de la Marne à Tarbes, une conductrice d’une trentaine d’années a comparu devant le tribunal correctionnel de Tarbes. Un accident qui a profondément marqué le quartier et dont les conséquences auraient pu être bien plus dramatiques.
Le 4 avril 2024, en fin d’après-midi, Gérard Turon, alors âgé de 94 ans, s’était installé en terrasse comme à son habitude avant de commander son café. À l’intérieur du bar, Patricia, la gérante, préparait sa commande lorsqu’un violent fracas a retenti. « J’ai entendu un gros boum. J’ai vu Gérard être propulsé », racontait-elle quelques minutes après les faits, encore sous le choc.

Une voiture venait brutalement de quitter sa trajectoire. Après avoir percuté un véhicule en stationnement, elle a terminé sa course sur la terrasse du café. Assis dos à la route, Gérard Turon n’a rien vu venir. « Je n’ai pas compris ce qu’il m’arrivait. J’ai entendu un gros bruit puis je me suis retrouvé par terre », confiait-il.
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Si le retraité a été transporté au centre hospitalier de Tarbes dans un état jugé grave, il s’en est finalement sorti sans fracture. Les examens médicaux avaient révélé d’importants hématomes ainsi que des douleurs persistantes au dos et au genou, mais aucune lésion plus sérieuse.
Contrôlée positive à l’alcool cinq jours avant

Au volant du véhicule se trouvait une jeune femme d’une trentaine d’années. Son bébé était également à bord. Très vite, les investigations ont révélé qu’elle conduisait sous alcool. À l’audience, la prévenue est revenue avec émotion sur cette journée qui a failli tourner au drame. « Je suis profondément désolée de ce que j’ai fait », a-t-elle déclaré à la barre.
Les analyses ont pourtant mis en évidence un taux supérieur à 1,70 gramme d’alcool par litre de sang. Une situation d’autant plus préoccupante que la conductrice circulait sans permis de conduire valide. Car cinq jours auparavant, elle avait déjà été contrôlée positive à l’alcool au volant.
Pour la défense, cet enchaînement de fautes s’est inscrit dans un contexte personnel particulièrement difficile. Me Noémie Rozanne a évoqué « une succession de mauvais choix » alors que sa cliente traversait une séparation compliquée avec le père de sa fille, sur fond de violences, tandis que l’enfant souffrait d’importants problèmes de santé.
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Selon la prévenue, c’est précisément l’état de santé de sa fille qui l’a poussée à prendre le volant malgré l’interdiction. « J’avais un rendez-vous médical important pour ma fille. Comme j’étais en retard, j’ai pris la voiture. Je n’aurais pas dû », a-t-elle reconnu.
Elle a également admis avoir consommé de l’alcool avant de conduire. « J’avais bu trois verres de vin blanc à midi. » Une explication qui a laissé la présidente du tribunal, Lucile Pichenot, dubitative. « Trois verres de vin me semblent peu compatibles avec le taux d’alcool relevé à 17 heures », a-t-elle souligné.
« On a évité le pire »
À la barre, la jeune femme a expliqué qu’elle venait de s’engager sur l’avenue lorsque sa fille l’a appelée. « Elle voulait sortir de son siège auto. Je me suis retournée pour m’assurer qu’elle restait assise et j’ai dû appuyer sur l’accélérateur sans faire exprès. Je ne me suis pas rendu compte que je me déportais. » Le père de l’enfant a depuis déposé plainte pour mise en danger de leur fille.
La prévenue a assuré avoir entrepris un suivi depuis les faits et ne plus consommer qu’occasionnellement. Mais pour le procureur, « ce jour-là, on a évité le pire. » Et de requérir six mois de prison avec sursis et une suspension du permis pendant six mois.
Après en avoir délibéré, le tribunal a finalement condamné la jeune femme à 70 heures de travaux d’intérêt général. Son permis de conduire a également été suspendu pour une durée de quatre mois.
Deux ans après les faits, Gérard Turon est aujourd’hui âgé de 96 ans. Le fidèle client du Landais ne vient plus boire son café quotidien avenue de la Marne. « Il vit désormais dans une maison de santé », indique la gérante du bar, qui prend régulièrement de ses nouvelles.