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À Tarbes, Maxime met en pause son activité de facteur pour se consacrer au recensement des habitants
Rencontrer les habitants, échanger avec eux et faire face aux réactions les plus imprévisibles : Maxime a l’habitude. Devant chaque palier, il se présente, non plus en tant que postier mais comme agent recenseur. Porté volontaire auprès de l’Insee, c’est le début d’une nouvelle expérience pour ce facteur curieux et une aide précieuse pour la mairie.
À Tarbes, ils sont treize agents au service de l’Insee, à participer au recensement de la population. Parmi ces derniers, huit facteurs, dont Maxime, en poste depuis dix ans. Après deux demi-journées de formation, il est chargé pour sa première année de recensement de parcourir pas moins de 220 habitations entre le 6 janvier et le 25 février.
Dans le secteur qui lui est attribué, Maxime recueille le prénom, le nom, la date de naissance de l’habitant, sans oublier de demander si celui-ci est locataire ou propriétaire de son logement. Seulement, les portes restent souvent closes ou les habitants se montrent réticents. Maxime témoigne : « Les gens sont parfois méfiants parce qu’ils pensent que les questions sont trop intrusives. On peut demander certaines informations complémentaires plus personnelles, mais elles ne sont pas obligatoires. »
Ce recenseur en herbe est formé par ses expériences de facteur : un avantage qui lui permet d’aborder sa mission avec plus d’aisance et de familiarité. « Je repère rapidement si la personne est présente dans son appartement, on a certains réflexes grâce au métier de facteur. Je sais qu’il n’y a personne lorsqu’il n’y a pas de paillassons, que les volets sont fermés ou le soir lorsque je ne vois pas de lumière. Parfois, la sonnette est enfoncée : dans ce cas, l’habitation est vide, je le signale à la mairie. »
Recenser pour créer du lien
En cette troisième semaine de recensement, Maxime se prépare à faire des visites inopinées.
Après avoir toqué à plusieurs portes, sans succès, l’apprenti recenseur fait face à une bonne surprise. Au troisième étage de la résidence, il fait la rencontre de Mme Djermeane, une résidente retraitée, locataire de longue date de son appartement. La dame âgée invite Maxime à remplir le formulaire directement chez elle, l’occasion pour eux d’échanger quelques mots. Après avoir rempli les formalités, Mme Djermeane en profite pour parler de ses trois enfants, dont elle n’est pas peu fière.
Tous deux assis à la table du salon, ils partagent un moment de convivialité où chacun prend plaisir à discuter un peu. Pour Maxime, c’est une réussite. « Quand je sens que l’habitant est à l’aise, je peux me permettre de prendre plus de temps pour l’accompagner. » La locataire accueillante quant à elle ne comprend pas qu’on puisse refuser d’ouvrir sa porte, « ils font leur travail, c’est tout » déclare-t-elle.
Avant de toquer aux portes, Maxime privilégie les réponses en ligne, une solution plus rapide, comme il l’atteste : « Sur mes deux premières semaines de recensement, j’ai eu environ 60 % de retours en ligne. »
Mais si le jeune facteur a accepté la mission, ce n’est pas seulement pour déposer des formulaires. Pour les habitants qui n’ont toujours pas répondu à l’appel, c’est le contact humain qui prime. Lorsque Internet ne suffit pas, Maxime dépose un avis de passage et revient ultérieurement, il confie : « Ça me permet de voir les gens qui n’avaient pas répondu sur Internet, parce qu’ils ne voulaient pas ou qu’ils se posaient des questions. Il arrive aussi que certaines personnes soient moins à l’aise avec ce système, ou simplement oublient. Par exemple les personnes âgées. Dans ce cas, je les aide en répondant directement avec eux. »