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Argelès-Gazost. Des marais de Guérande à la vallée : la force du collectif


l’essentiel
Deux documentaires et des témoignages locaux ont illustré la force des coopératives lors d’une soirée organisée au Petit Théâtre de la Gare.

À l’occasion de l’Année internationale des coopératives (2025), à laquelle participe Enercoop, un regroupement de divers acteurs culturels de la vallée (Enercoop, Collectif EcoCitoyen, Cinézic, Les producteurs du Lavedan, Collectif Villa Suzanne, la médiathèque d’Argelès-Gazost et la Fédération des Foyers Ruraux 31/65) a proposé, fin février, au Petit Théâtre de la Gare, une soirée documentaire sur les coopératives, en résonance avec des dynamiques coopératives portées par les associations du territoire, parties prenantes au projet.

L’objectif était simple : partager des initiatives inspirantes venues d’ailleurs à travers deux films documentaires et rebondir sur deux expériences locales, l’association des producteurs du Lavedan et le collectif Villa Suzanne. Comme l’annonce Jean Cavé, administrateur et sociétaire d’Enercoop, les deux films proposés, « Guérande, un peu de beauté du monde », mettant en avant l’expérience d’un collectif de producteurs de sel, et « Bateau ivre, utopie en chantier », témoignant d’une mobilisation citoyenne dans le champ culturel pour définir les bases d’un nouveau modèle plus social qu’économique, illustrent d’autres manières de travailler et de faire société. Ce fut ainsi l’occasion de mettre en lumière le système de coopérative, qui se définit « comme une entreprise collective où des personnes volontaires s’unissent pour répondre à leurs besoins économiques, sociaux, ou culturels communs. La particularité, c’est que la propriété est partagée et les décisions se prennent démocratiquement, selon le principe « une personne = une voix ». Dans une coopérative le pouvoir dépend de l’implication des membres. L’objectif est de créer de la valeur pour les personnes et le territoire », explique Jean Cavé. Les coopératives existent dans de nombreux secteurs, agriculture, banque, assurance, culture, énergie, comme c’est le cas d’ENERCOOP (énergie coopérative depuis 20 ans), qui produit de l’énergie renouvelable et militante, présente notamment dans la vallée avec un parc solaire récemment implanté à Agos-Vidalos. Après la projection du documentaire sur le modèle collectif construit pour préserver ce territoire unique que sont les marais salants de Guérande, les membres de l’association des producteurs du Lavedan, connus à travers « la cagette » étaient présents pour témoigner de leur expérience collective de vente en circuits courts, débutée pendant le covid. À ce jour, 17 membres, presque tous labellisés bio, poursuivent ce modèle de développement solidaire avec une distribution de produits locaux tous les jeudis soir devant l’espace de la Gare. À l’instar du collectif créé pour sauver « le Bateau ivre » à Tours, la plus grande coopérative culturelle en France, le collectif Villa Suzanne est un autre exemple local d’une mobilisation des habitants autour d’un projet culturel commun. Ce projet est né de l’ambition municipale de redonner vue à ce bâtiment patrimonial en faisant un espace partagé mêlant culture, initiatives citoyennes, activités professionnelles et dynamiques sociales. « Reposant sur une culture coopérative forte, ce projet n’est pas seulement un projet de rénovation, c’est déjà un lieu en devenir, construit collectivement, qui expérimente aujourd’hui les formes de coopérations qu’il accueillera demain » témoigne Isabelle Noyer.

Cette soirée, empreinte d’utopie, a montré l’importance de l’énergie collective et dynamique pour faire émerger des projets. Finalement, comme le soulignera Jean Cavé en conclusion, « les coopératives naissent souvent quand il y a un problème à résoudre, mais elles durent quand il y a une communauté pour les faire vivre ».



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