Actualités Hautes-Pyrénées
Argelès-Gazost. La Tempête de Caliban pour débuter 2026
À l’aube de cette nouvelle année, le Petit Théâtre de la Gare souhaite rester à l’écoute des émotions du public et de celles du monde. Pour débuter 2026, il propose samedi 10 janvier à 20h30 une nouvelle découverte avec « La Tempête de Caliban » de la compagnie Pupella-Noguès. L’auteur britannique Tim Crouch réécrit la pièce La Tempête pour donner voix au personnage de Caliban, le monstre mal-aimé, dépossédé des richesses de son île par l’arrivée de Prospero. Cette ultime pièce de Shakespeare fascine par le mystère qui entoure l’île : « ce n’est pas une île normale », nous dit Caliban. Elle n’est pas normale parce que magique, un lieu fait d’illusions et de rêves, un monde de magicien et de sorcière mais qui ne sont là que pour mieux évoquer les réalités humaines. Pour évoquer la tempête, les manigances de Prospero, Tim Crouch utilise des ressorts dramaturgiques du complot : « il y a de l’épique, du jeu presque enfantin, on est emmené par ce personnage qui nous entraîne dans ce récit irréel ». Dans une scénographie minimaliste d’une île posée dans un espace vide, comme flottante dans l’océan, Joëlle Noguès a cherché à mettre en jeu une approche sensible autour de la monstruosité. La Tempête de Caliban est un monologue qui s’adresse au cœur des spectateurs, appelés directement à témoin de l’injustice subie par Caliban, des punitions qui lui sont infligées par Prospero, qui ne le considère pas comme un être à part entière. C’est un spectacle ludique et atypique de théâtre d’objets et de bruitages, un monologue pour un acteur marionnettiste et un complice bruiteur. Ce conte, dessiné pas à pas, emmène le public vers l’empathie, vers l’humanité. Vraie magie ou fausse magie, instinct ou savoir, il y est question de frontières, du réel et de la fiction, de soi et de l’autre.