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Cocaïne : « Jusqu’à 180.000 € de chiffre d’affaires » pour un trafic dans les Hautes-Pyrénées, dans lequel un jeune homme qui a joué un rôle central, était jugé
Un trafic de stupéfiants, notamment de cocaïne, d’envergure a été démantelé dans les Hautes-Pyrénées, de Lourdes à Tarbes. Jérémy, un jeune homme placé en famille d’accueil dès l’âge de 22 mois, a joué un rôle clé dans cette affaire, générant un chiffre d’affaires de 180 000 €.
C’est un jeune homme de 18 ans en apparence inoffensif et à la voix quasi inaudible, qui s’exprime dans le box des prévenus, ce lundi après-midi, en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Tarbes.
Jérémy (son prénom a été modifié pour préserver sa confidentialité) a joué un rôle central dans un gros trafic stupéfiant, essentiellement de cocaïne à Lourdes, Tarbes et dans les Hautes-Pyrénées du 1er novembre 2025 au 4 février 2026.
Les commandes étaient passées via une messagerie bien connue et la livraison était effectuée avec une Peugeot 207 à la cité des Courréous à Aureilhan.
« Des allées et venues » pour le moins suspectes qui n’ont pas échappé aux habitants comme aux policiers, comme celles en trottinette électrique de Jérémy.
Très vite après son interpellation « au retour d’un de ses déplacements à Aureilhan », son domicile est perquisitionné par les enquêteurs qui trouvent chez lui près de 5 kg de résine de cannabis et quelques centaines d’euros en numéraire.
Lors se sa garde à vue, le jeune homme prétend qu’il sert de « nourrice », c’est-à-dire qu’il stocke les produits stupéfiants pour le chef de réseau, qu’il est aussi « livreur », « conditionneur » et « grossiste » qui fournit d’autres livreurs.
Dans tous les cas, il participe activement « depuis trois mois à un trafic de cocaïne qui se monte jusqu’à environ 180 000 € de chiffre d’affaires, avec un bénéfice net pour le prévenu de 7 000 € par mois, jusqu’à 27 000 € sur la durée du trafic ».
Le 1er décembre 2025, deux jeunes femmes interpellées alors qu’elles livraient de la cocaïne, le désigne comme leur fournisseur. « Vous admettez d’ailleurs entre cinq et dix transactions portant chacune sur 10 à 20 g de cocaïne et sur 500 à 1000 €. Tous les livreurs vous connaissent » précise l’assesseur du tribunal.
« J’ai fait ça pour me nourrir et avoir de l’argent »
Si son casier judiciaire de « majeur » est encore vierge, il a été déjà jugé et condamné au tribunal pour enfants pour trafic de stupéfiants le 24 novembre 2025, quelques jours après avoir été contrôlé à l’Arsenal par les policiers avec des sachets de cocaïne, ce qui lui a valu une convocation devant le délégué du procureur.
« Cette troisième garde à vue donne l’impression que vous n’avez pas compris » lui assène la présidente du tribunal. « J’ai fait ça pour me nourrir et avoir de l’argent pour m’acheter des vêtements » essaie de se défendre Jérémy alors que le tribunal parle « d’une sorte d’ivresse des stupéfiants et de l’argent ».
Des livreurs recrutés jusqu’à Toulouse
« Il a endossé un costume qui était bien trop grand pour lui » a plaidé l’avocate de la défense, en référence à une enfance ballottée entre placements en famille d’accueil dès l’âge de 22 mois et foyer à l’adolescence.
« Un jeune homme isolé » dont les parents « sous curatelle renforcée n’étaient pas en état de prendre en charge leur fils ». Qui n’a pas pu terminer sa première année au CFA pour passer un Bac pro commerce.
Devant l’ampleur d’un trafic « où les livreurs étaient recrutés sur les réseaux sociaux jusqu’à Toulouse » et « pour prévenir un risque de réitération majeur » d’un jeune homme qui « avait une place suffisamment de confiance pour être en contact avec le chef de réseau », le procureur de la République a requis 30 mois de prison dont 12 mois de sursis probatoire d’une durée de deux ans.
Le tribunal condamnera Jérémy à 24 mois de prison dont 18 mois de sursis probatoire, avec maintien en détention pour la partie ferme et obligations de soins addictologiques, de travail et de formation, et d’éviter d’entrer en contact avec les coauteurs des faits.