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Bagnères-de-Bigorre vent debout contre le futur déremboursement des cures thermales


Un comité local s’organise pour demander l’abandon du décret prévu en février 2026. Il prévoit, en effet, le déremboursement des cures thermales. Le comité vient de rencontrer le maire de Bagnères-de-Bigorre.

À Bagnères-de-Bigorre, l’inquiétude grandit autour du projet gouvernemental de déremboursement des cures thermales. Habitants, élus locaux et acteurs du thermalisme se mobilisent face à une réforme jugée lourde de conséquences économiques et sociales. Un comité transpartisan de défense des cures vient d’être reçu en mairie. Tous appellent désormais à un retrait pur et simple du décret.

Un vote parlementaire suivi d’un passage en force du gouvernement

Le 8 novembre 2025, l’Assemblée nationale s’était majoritairement opposée à l’amendement de la députée Renaissance Nicole Dubré-Chirat visant à réduire drastiquement la prise en charge des cures thermales par l’assurance maladie. Au total, 167 députés de tous bords ont voté contre, contre 24 favorables. Malgré cette opposition, le gouvernement a annoncé son intention de procéder par décret dès février 2026. Le texte prévoit : le passage du remboursement de 65 % à 15 % pour la majorité des curistes ; la baisse de 100 % à 65 % pour les patients en affection de longue durée (ALD). L’objectif affiché est une économie estimée entre 200 et 250 millions d’euros, alors que les cures représentent 0,1 % du budget de la Sécurité sociale.

Le thermalisme, un enjeu majeur pour les Hautes-Pyrénées

Les représentants du comité bagnérais insistent sur le rôle médical et économique du thermalisme. Ils rappellent que la cure est « une médecine à part entière », notamment pour les pathologies chroniques, le vieillissement et la prévention, soutenue par une soixantaine d’études cliniques. Dans les Hautes-Pyrénées, le secteur pèse lourd : 10 établissements thermaux, 35 000 curistes, 500 emplois directs et 3 000 induits, 35 millions d’euros de retombées économiques annuelles.

À l’échelle nationale, les 470 000 curistes génèrent environ 470 millions d’euros. Le comité avance qu’une baisse de fréquentation de 50 % entraînerait un manque à gagner de 235 millions d’euros, supérieur aux économies recherchées.

Un comité local structuré pour défendre les cures

Face à ces perspectives, un comité de défense des cures thermales a été constitué à Bagnères-de-Bigorre. Il se veut transpartisan et fixe un objectif unique : obtenir l’abandon du décret.

Ses premières actions : lancement d’une pétition au marché local, mise en place temporaire d’un comité pour coordonner la mobilisation, organisation d’une réunion publique pour associer élus et habitants. Le comité affirme : « Nous ne nous laisserons pas faire ». Il annonce également que 60 parlementaires et un sénateur doivent se rendre à Paris pour demander une reconnaissance officielle des services rendus par le thermalisme.

Une audience mais constructive avec le maire de Bagnères : Un maire alarmé par les conséquences économiques

Le comité a été reçu en mairie le 27 novembre 2025 par le maire, M. Cazabat. Il lui a remis une pétition signée par 400 habitants lors du marché du 22 novembre.

M. Cazabat a exprimé sa consternation face au refus du gouvernement de considérer le poids économique du thermalisme. Il souligne notamment que 5 milliards d’euros de recettes en France ne sont pas pris en compte face aux économies de 250 millions visées. Il rappelle aussi les bénéfices en santé publique : baisse de la prise de médicaments, réduction des séances de kinésithérapie, et un rôle essentiel pour une patientèle souvent « financièrement fragile ».

Un risque d’effondrement pour les villes thermales

Le maire estime que l’application du décret provoquerait un effondrement économique et social, particulièrement dans les communes les plus petites. Lors du Congrès des villes thermales à La Bourboule, il avait proposé une mobilisation des habitants (pétition ou manifestation). Cette idée n’avait pas alors été retenue, les élus privilégiant l’envoi d’une lettre au Premier ministre. Les maires des villes thermales des Hautes-Pyrénées devraient être reçus prochainement par le préfet. Selon l’évolution des négociations, M. Cazabat n’exclut pas une mobilisation élargie.

Des suites attendues au niveau local et national

Le maire s’est engagé à : transmettre la pétition au préfet, informer le député en charge du thermalisme, Denis Fégné, tenir le comité informé de l’évolution des discussions. De son côté, le comité diffusera ce compte rendu auprès de Mme Blanque directrice des thermes de Bagnères-de-Bigorre afin qu’il soit relayé dans les 89 stations thermales concernées.



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