Actualités Hautes-Pyrénées
Barbazan-Debat. Feria de Vic-Fezensac : les Dolores Aguirre clef de voûte de la Pentecôte ?
Dimanche 8 juin à 18 h, au cœur même de la feria de Pentecôte, le CTV confirmera encore une fois son choix indéfectible pour le toro avec les terribles Dolores Aguirre Ybarra qui seront la clef de voûte de cette feria.
Cette dame n’était pas seulement l’épouse du patron de la puissante Banque de Bilbao-Vizcaya, mais aussi une très grande aficionada. Trouvant que la plupart des élevages contemporains faisaient trop de concessions aux toreros, aux dépens de la caste et de l’intégrité des toros, elle décida d’élever ses propres taureaux de combat. Elle le fit et le fit bien, puisqu’elle devint une ganadera de grand renom aux toros autant redoutés des toreros que prisés par les aficionados.
Après avoir reçu de son mari, en cadeau d’anniversaire, la superbe propriété de la Dehesa de Frías, située dans la Sierra Norte de Séville, elle fit en 1977 l’acquisition du bétail d’origine Atanasio Fernandez de la Comtesse Donadío. En 1979, pour éviter les problèmes de consanguinité et donner encore plus de piquant aux vieux Atanasio, elle dota le troupeau de deux étalons venus du prestigieux élevage du Comte de la Corte. Elle congédia l’ancien personnel et décida de former le nouveau à sa manière.
C’est ainsi que Fernando Pizarro Gonzalez, qui était alors le tout jeune jardinier de la maison, fut élevé au rang de vaquero (vacher), puis de mayoral. Doña Dolores lui apprit tout sur l’élevage et la sélection draconienne des toros. Les résultats ne se firent guère attendre et les Dolores Aguirre furent de toutes les grandes ferias.
Jean-Louis Castanet, l’auteur du guide des ganaderias, livre qui ne devrait jamais quitter la boîte à gants du véhicule des aficionados, d’écrire à la page 275 : « Les plus beaux toros d’Espagne sont là, très typés la Corte, donc forts sans être lourds, hauts comme l’Himalaya et plus armés que l’OTAN ».
L’élevage de Doña Dolores est aujourd’hui mené par sa fille aidée du mayoral Fernando Pizarro, toujours dans le respect le plus strict de l’esprit de sa fondatrice.
Délice pour les aficionados, mais aussi cauchemar pour les toreros. Quand, à la force brutale et à la caste de ces Atanasio-Conde de la Corte sauce basquaise, s’ajoute cette intelligence animale venue du fond des âges, il faut mobiliser beaucoup de courage, d’intelligence et de bagage technique pour les affronter. Vic, qui se fait à la fois un plaisir et un devoir de les avoir à l’affiche depuis de nombreuses années consécutives, a toujours bien des difficultés pour trouver les hommes acceptant de les toréer.
Ce seront trois braves qui seront dans l’arène dimanche soir. Fernando Robleño, un vieux de la vieille, 10 paseeos à Vic, Damian Castaño, l’homme des paris les plus fous, 13 ans d’alternative et Juan de Castilla un torero qui torée avec vaillance tout ce qui sort du toril. Un cartel qui était déjà à l’affiche Madrid il y a quelques jours. De l’aveu même du mayoral de l’élevage, très déçu, les toros étaient réservés et manquaient de combativité. Que faut-il en déduire ? Que la clèf de voûte va s’effondrer ?
Je serai plutôt d’avis de penser que les taureaux ne sont pas des robots, mais des athlètes soumis à des contre-performances, dues à une multitude de facteurs pouvant aller de conditions phénologiques comme la brusque canicule de la semaine dernière, à l’accentuation de certains défauts à l’état endémique dans l’élevage. La corrida de dimanche soir nous permettra d’en savoir davantage.
Location au 05 62 06 56 55 ou au ctv@clubtaurinvicois.com