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Bernard Cazaux, l’âme de l’Aragon, s’en est allé


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Bernard Cazaux était bien plus que le chef reconnu du restaurant l’Aragon, à Juillan, il en était le créateur, l’animateur, l’âme, encore aujourd’hui, bien, qu’il ait pris sa retraite. Il s’est éteint subitement, ce lundi, à 72 ans.

L’Aragon… Ce n’est pas seulement le nom de la région espagnole qui touche notre frontière, c’est aussi celui du célèbre, pour ne pas dire mythique, restaurant gastronomique situé à Juillan. « Nous l’avons acheté en 1984 », se souvient Joëlle, son épouse, « nous arrivions de La Grande Motte, où j’ai rencontré Bernard. » Ce dernier était pourtant Lourdais, et c’est ce qui a sans doute motivé son retour. Très vite, le couple fait de l’Aragon le lieu incontournable de la gastronomie locale, Bernard est un fin cuisinier, Joëlle une hôtesse accueillante. L’Aragon devient rapidement LE restaurant, où l’on fête mariages, communions, repas de famille, et surtout les repas d’affaires. Au fil des ans, Bernard et Joëlle rénovent l’endroit, font des extensions, font évoluer le lieu, séparé en deux salles, l’une bistrot, l’autre gastronomique. La raison du succès ? D’abord la qualité, mais aussi un sens de l’accueil, même si Bernard a, comme dit, un sacré caractère. « Oui, il prenait de la place, comme on dit, il pouvait être bourru, têtu, mais il avait un cœur en or. »

« Il y a un style Bernard Cazaux »

« Tout simplement parce que c’était sa passion, il aimait faire plaisir aux gens », poursuit Emeline, sa fille, qui a repris les rênes de l’Aragon depuis le départ à la retraite de son père, il y a 7 ans. « Mais il était toujours là, il venait tous les jours ou presque, il avait ses recettes, par exemple le soufflé au Grand-Marnier… L’Aragon, c’était son bébé, sa vie. » Et sa famille aussi. Car chez les Cazaux, ont travaillé en famille, si aujourd’hui Emeline a pris la suite, Damien et Clément, les deux garçons de la famille ont aussi œuvré à ses côtés. « Il incarnait vraiment le lieu, l’Aragon c’était lui et vice-versa », confirme Clément. « L’Aragon a marqué la vie de tellement de monde depuis 40 ans, des familles ont célébré leurs grands moments ici. C’était le restaurant de référence, ici, on savait ce que l’on allait trouver, une cuisine traditionnelle de qualité, de la vraie cuisine. » Oui, parce que Bernard Cazaux avait su, comme d’autres chefs, su créer et imposer son style. Et les gastronomes se pressaient ici pour y retrouver ses plats fétiches, mais surtout sa « patte » avec des habitués inconditionnels, qui sont devenus des amis. En clair, tout le monde a des souvenirs à l’Aragon, et ce sont toujours des bons souvenirs. Mais l’histoire continue, Emeline perpétue depuis des années l’esprit de la maison, et la disparition brutale de Bernard, ce lundi, terrassé par un AVC alors qu’il s’apprêtait à partir en vacances, l’incite à faire encore plus et mieux. « Il m’a tout appris, la cuisine, mais aussi une façon d’être. Je veux continuer à lui rendre hommage, j’ai la charge de perpétuer le bel héritage qu’il nous a laissé. » Et pour tous ceux qui veulent lui rendre hommage, la cérémonie religieuse se tient aujourd’hui à 14 h 30 en l’église de Juillan, suivie d’une crémation au crématorium d’Orthez à 17 h 30.



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