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Juillan. Des sentinelles dans les champs


Les avez-vous vues en roulant sur les routes de campagne ? Près des cours d’eau dans les champs et les prairies de la lande des Maures, route d’Ossun, ainsi que dans les champs du chemin de la Moule ou le long du Juncassa. On peut les apercevoir au loin, car dès que l’on s’approche, ces grands oiseaux au long cou s’envolent pour se poser au milieu des champs. Ils s’installent à deux, trois ou plusieurs et restent ainsi immobiles tels des sentinelles, reconnaissables à leur plumage blanc ou gris semblables à des hérons.

Cousins du héron cendré on peut différencier trois espèces. La grande aigrette totalement blanche qui est aussi grande que le héron cendré au plumage gris de 1 m de hauteur. Puis deux autres oiseaux bien plus petits : l’aigrette garzette au bec noir assez long, avec des pattes noires aux doigts jaunes, on l’observe le plus souvent seule ou en très petit groupe au bord des cours d’eau. Elle cherche sa nourriture dans les eaux peu profondes des rivières et des étangs pour se nourrir d’invertébrés aquatiques et de petits poissons, elle n’a que très peu de contact avec les animaux d’élevage. On en trouve dans notre campagne, mais en petit nombre.

Le héron garde-bœuf est le plus petit, au bec court de couleur orange au corps trapu et aux pattes brunâtres, on le trouve en nombre auprès du bétail dans les champs de la région, ils accompagnent souvent les vaches et chevaux pour se nourrir des insectes qui tombent de leur dos et les débarrasser de leurs parasites, puces et tiques. Ils profitent aussi du déplacement des bêtes pour repérer et capturer de petits animaux comme les mulots et tout type de rongeurs, ils mulotent. Ces chasseurs de parasites sont fortement appréciés des agriculteurs ainsi que les grandes aigrettes qui se nourrissent d’amphibiens, de reptiles mais aussi de rongeurs. Après s’être dispersés dans les prairies l’après-midi, en soirée ces « hérons » se regroupent en dortoir pour se reposer à proximité des plans d’eau, au bord de la Geüne ou de l’Echez.

Depuis quelques années, ces oiseaux originaires d’Afrique s’installent des hivers entiers dans nos campagnes pour s’y reproduire ou hiverner ou parfois les deux. Leur population en hiver est en pleine expansion, favorisée sans aucun doute par des hivers moins rigoureux, une des nombreuses conséquences du changement climatique. Admirons-les, sans les déranger, pour profiter de leur présence élégante en Bigorre.



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