Actualités Hautes-Pyrénées
Juillan. L’orchestre à l’école : des engagements et des prouesses
Au petit soir du 2 mai, des vibrations émotionnelles étaient en suspension dans l’amphithéâtre de l’école publique. Celles des enseignants en va-et-vient dans l’espace des musiciens, des parents qui se tenaient chaud en face et de l’assemblée des invités. Les 31 jeunes instrumentistes de 8 ans des 3 classes de CE2, en tenue derrière leurs pupitres, la posture sans défaut, n’étaient pas des figurants.
Régis Latapie, coordinateur du centre départemental de musiques et danses traditionnelles des Hautes-Pyrénées (CDMT), détaille. « L’orchestre à l’école de Juillan, c’est ma fierté. Il met en valeur l’instrumentarium de Bigorre dédié à la musique traditionnelle et à la classique. Ici elles cohabitent à égalité grâce à un travail de pédagogie croisé par leurs professeurs. Ils ont échangé leurs repères et leurs méthodes pour construire cet apprentissage unique de la musique classique écrite et de la traditionnelle qui se transmet par l’oralité. Par ce rapprochement sans précédent, la musique traditionnelle est vue sous un regard moderne et tous les lecteurs de la musique écrite savent jouer quelque chose à l’oreille. C’est l’aboutissement de quatre années de travail grâce à Sabine Védère, directrice, et à l’adhésion de l’équipe. »
Le français et l’occitan étant liés dans cette école bilingue, Mmes Pagiusco et Roques, professeures et instrumentistes apprenantes, soulignent que les enfants ont accès à deux cultures musicales dans une harmonie collective avec de beaux instruments qui viennent pour la plupart de lutheries artisanales.
Philippe Boissel responsable du développement des orchestres à l’école (45 000 élèves en France) précise que celui-ci sera suivi au niveau national car les deux entités musicales fortes préparent des adultes éclairés.
Au plan financier, Fabrice Sayous, le maire, remercie les partenariats assurés pendant six ans. Anne Miquel-Val, directrice de l’Education nationale, de retour après sa venue en avril 2023, souligne l’importance du « contrat de confiance avec les familles au regard des instruments d’enseignement coûteux que les enfants ont à la main. «
Eux, confiants, fiers et pédagogues bien préparés savent décrire leurs particularités : bois d’ébène, d’érable ou de nos vallées, mèche de cheval pour l’archet, sons comparés des cordes frottées d’une même famille…. et encore. Ils en connaissent bien plus que d’aucuns.
L’auditoire tout chamboulé, debout pour applaudir, avait l’émotion admirative. Pour ce résultat exceptionnel acquis en six mois. Pour l’adhésion de toute l’école et même des petits en récréation collés aux vitres pendant les répétitions. Pour leur expérimentation de l’effort-plaisir : « Tu écoutes, tu te concentres et tu sens la joie de savoir faire tout ça. » Pour la diffusion artistique dans tous les milieux.